MOXT-ST-MICHEL.
MOXT-ST-MICHEL.
MOXT-ST-MICIIEL.
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salles de Montgommery. Au prcmier etage seIrome ä Test une piece d’environ 29 m. deiongueur, servanl autrefois de refectoire au\meines; c’est im des plus beaux vaisseaux go-Lhiques qui existent eu France; a Tonest est lasuperbe solle des Chevaliers, adniirable mor-ceau d’arcliitecUire du xi e siede. C’est dans(reite piece que Louis XI inslilua x en 1469,l’ordre de St-Michel. La voüte de ceüe salleest soutemie par trois rangs de colonnes eilgranil d’une grande lcgerele et d’uu Iravailparfait : eile a 28 m. de Iongueur el renfermerinscripliou ou lableau monumental, fixe surla muraille en face du clioeurde Teglise du eha-teau; on y Üt les noms, ou y voil avec le plusvif inleret les banaleres armoriees des centdix-neuf vaillauts Chevaliers nonnands qui immor-laliserent leurs armes a [la journee du G juin1423 eu conservant le Monl-Sl-Aiicbel ,a laFrance , uiais on nc peut se defendre aussitötd’un scnliment de regret de n’y rcnconlrerrien qui rappelle Tlieroisme des intrepides ha-bitants du fori qui se couvrirent Ions d’unegloire egale dans cette memorable journee enprecipilant les Anglais de leurs murs ! On sedemande, en voyant les deux anliques picees decanon qu’ils coniraiguirent ces hers insulairesa leur abandonner , el qui sont dcmcurces a laporte de la ville connne pour ältester leurvaillance , si le plcbcien qui parlagea les dan-gers n’avait pas droit aussi ä Tbommage de laposlcrite ?
A Tetage superietir se trouveul eneore , aTest, des apparlemeiüs de la meine diniensiouque le refectoire des moiues; ils etaienl aulre-fois partages en cellules servantde dorloirs , etavaient evidemmenl ete construils pour cettede-stination. Sur lo memo niveau , du edle del’ouest, on remarque i’aire de ploml) couvranlla salle des Chevaliers, et, aulour de cette aire,la charmante galerie appelee le Cloitre, soute-nue par uu triple rang de coionnelles a voüteseuogives eta nervures d’une delicalesse admi-rable; ce cloitre, regarde connne un des cliel's-d 1 oeuvre d’arehileetiire du xiu e siede, est en-core bien complet dans sou ensemble , malgrede regrellables alteralions. La cour du cloitreest pavee en plomb et recoil les eaux pluvialos,qui se rendent dans une citerne ou clles sonteonservees pour Tappro\isioimemenl de la mai-sou. Au-dessus sont les toits. Ccs differentsetnges sont eleves au-dessus les uns des aulres,au moyen de voiiles eu pierre d’une grande so-lidite. — Kntre Test et le midi est un balimentä un seid etage, ayimt une jolie farade en gra-nil ; il est designe sous le nom de salle du Gou-vernement. — Au midi, on voit des construe-lions presque toutes etablies les unes sur lesaulres, au moyen de vouies haties saus plan etsaus goiit., divisees eil une foule de pelits appar-tements servant aulrelois de prisun, et designeseneore aujourd’hui sous ce nom.
Au milieu de Ions ces buliments s’eleveTeglise, dont le magnifique chocur, d’arebitec-ture gothique, est parfaitement conserve. On va deeouvert reeemmentdes peinturesafre.sque ,ollVant des tableaux composes de differents
groupes, derriere lesquels sont figures des edi-fiees, des lemples et aulres monuments; la lailledes personnages est de 25 ä 30 c. Les sujetsdes prineipaux tableaux mis ä decouvcrl repre-sentent : un TAniumciation, un sccond Tarriveedes Irois mages, guides par Tetoile cTorienl;uu troisieme la Trinitc et Tarbre genealogiquede David; uu qualrieme contient deux scenesfort disliucles : Tune est eelle du centmion deTevangile du troisieme dimanche apres lesIlois , Tautre celle oii Jesus , monle sur un na-viio, apaise la fureur des Hots. — Pres de lasont quelques auties pelits appai'tcments ä unseul etage, parmi lesquels se trouve la piece oules moiues avaient place leur bibliotheque.L’eglise , qui n’a pas moins de 50 m. de lon-gueur , est elevee , ainsi que les chapelles quienvironuenl le ehoeur et la plale-formo qui suitla nef vers le sud-est, sur un plateau cree aTaide de voiUcs dont quelques purlies , cellesqui correspondent au ehoeiir, sont remarquablespar le fini du travail. Sous Tedilice regne Ic sou-lerrain dit des gros piliers , oii Ton voit ungroupe central d’enormes piliers de granit quiSupporte la masse de Teglise : de ce soulerrainon monle au sommet du eioclier, et Ton arriveä une cornidie exterieure en pierre , de l m.de largo, bordee d’un parapel, qu’on appelle lepetit tour des l’ous ; une aulre sailiie plusetroile , et de 10 m. plus elevee, se nomine legrand tour des Ions ; la vauile excile quelquescurieux a faire ces deux lours si bien nommes.— Les Souterrains sont nombreux et profonds ;on y i'emaripic le caveau ou etaient plaeees laeelebre cage de fer (ainsi nomniee, bien qu’elleluten bois) et lesoublieües. — Tons ces iocauxservent de magasins el meine d’ateliers. Ausud-ouesl se trouve un petit baliment conslruilen 1833 , qui sert d’inlirmerie. Au bas da ro-clier, egalemenl au sud-miest, est une caserneaclievee en 1829 , pouvant loger enviren 200hommes : eile a coiite 60 a 70,000 francs.
Kn 1775 des geornetres dresserent des plansdu Mont-Sl-Michel el de tous les apparteiuentsdu chateau et de Tabbaye. Ils lrou\erent a labase du roclier 900 m. de circonference, et 60m. d’elevalion , ä partir du niveau de lagrevejusqiTau niveau du roclier , qui a ete aplanipour y poser les fondalions du cliateau et desbalimenls de Tabbaye qui environnent Teglise.La lanlerue du clocher a 32 in. d’elevalionau-dessus du roeher.
Le Monl-Sl-Miehel est presque partout en-loure de liaules et epaisses murailles, llanqueesde lours et de bastions. Le couchant et le nordne prescnlent que des pointes de noirs rocliers.La peilte la plus inelinee au levant et au midiest seule liabitee : on y voit une pelite egliseparoissiale anlique et ol)scure , uu groupe demaisons avec quelques pelits jardins formes deterres apportees sur le roc. La vigne, le bguier,Tamandier y donnent de jjons fruits et un utileombrage.
La plupavt des liabilants sont adonnes ä lapeche. Outre les saumons, les turbotset.au-tres poissons, ils peehent de pelits coquillagesqu’ou nomme coques, Les femmes, les enfants
s’en oecupent. Ils y vont nu-jambes et traver-sent les rivici’es dans presque toutes lessaisonsde l’anuee; ils ne craignent ni les vents, ui lajiluie, ui le froid. Cependant ils ne laissent. pasde courir des dangers , surtout quaiul dVpaisbiouiUards les surprenuent ecartes les uns desaulres, et occupes a leur peche; aloi-s ils neponrraient retrouver leur cliemin , si Ton n’a-vait soin de sonner les cloches pour les diriger.
Le I\Ionl-St-i\lichel appartenait jadis au eon-linent, ainsi que toul le bras de mer que Touvoit enire Caneale et Granville; ce terriloireimmense etait oceupe par une vaste forcl et futenlierement submerge, dit-on, en 709. Depuiseelle epoque , la mer a eonserve le terriloireenvahi. Elle a^ait cependant Ijaisse d’une ma-niere sensible pendunt de longues anuees ; eileamoncelait elle-meme des sables sur ses riveset ereait une digue contre la viulence de sesHots. Un espace assez considerable semblaital>andonne pour toujours; Thonnne s’en em-para , il sut le rendre i’erlile , de i-iclies rnois-sons s’eleverent , de nombreux troupeaux ycouvrirent d’excelienlspaturages ; quelques ha-bitalions furent ercees; en un mot, il seinblaitque la lerreeul conquis , pour ne plus la re-pei'dre, la possession du terriloire qui lui avaitjadis appartenu. Vain espoir! vaines illusions!Une nuil suilil pour faire rentrer la mer dansseslimites, et le lendemain l’ccil epouvanlecbercha vainement sur une plage deserle quel-ques vesliges de l’empire que Thomme avaitusurpe 1 Tont avait disparu saus retour; tout,dans Tes^.ace de (piek[ues lieures , avait peripour jamais! La mer ne baiguait alors le mont(pie dans les grandes eaux ; depuis lors eileTeuvironne a cliaque maree.
Ce bouleversemenl imprevu fut atlribue ,comme il Test eneore aujourd’hui, ä Taciion dela riviere Selune., qui coulait- jadis du colo deTombelaine, et qui, ayant ehange de direetion,deblaye les sables des digues el linit par en de-Iruire Tagregation.
Delayees comme dies le sont par divers cou-rants d’eau douee, les gieves du Mont-St-Michel ne presentent aueuue solidite, ct il se-rait tres-imprudent de les Iraverser saus elredirige par un guide qui, bien qu’il les frequentetous les jours, nes’avance cependant lui-mcmequ’avee precaution, et a soin de sonder le sablea Taide d’une espece. de trident qu’il tient ä lamain. lui 1780 on plaea sur ees grdes unepierre de 300 livres taillee eu forme de ebne ;on y attacha une corde de 31 m. de hmg; enun jour el une nuil die coula au Jond et Tonn’en trouva aucun vestige. A la meine epoque unnavireeehoue auxenvirons duMoiH-St-Mididl’ut englouli par les sables , el trois jours apreson n’apercevait plus Textremite de son mat deperroquet. Ce danger n’est point ie seul que Toncourt sur les greves du mont; eiles sont extre-mement plates et ne presentent aucun obstadea la mer, qui s’y preeipile avec une grande im-peluosile. Nulle pari eile n’est aussi fougueuse.Son mouvement, deja tres-\if, est eneore ac-eelere par la eompression (pi’elle eprouve surles rodiers de Cancalc el de (h’anville; enfin ,87
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