MORBIHAN (departement du).
Hydrographie. Le departement cst ärrosepar un grand nombre de ruisseaux et par plu-sieurs rivieres, dont quelques-imes navigahlessur «ne pelite pai'tie de leur cours; tels sontle Blavel, le Scorff, l’Odet, l’Auray , FAIT,l’Otisl et la Vilaitie. La lougiieur navigable detoutes ces rivieres est d’environ 120,000 m.Deux canaiix existent aussi dans le deparle-meut: l’un est le canal du Blavet, qui, en sui-vant cetle riviere, remonte d’Hcnnehout äl’ontivy, et dont la longueur totale est de 59,818m. L’aulre traverse le departeitient du sud-estau nord-ouest: c’est le canal de Nantes ä Brest,qui a uue longueur totale de 369,537 m.
Communications. Le departement est traversepar 7 routes royales, par 13 routes departe-mentales et un grand nombre de cliemins vici-naux.
Meteorologie. La temperature est douce,mais les brouillards et la frequence des ventsdu sud-ouest la rendent quelquefois malsaine.Dans les communes du littoral eile varie jus-qu’ä trois fois par jour en aiitomue et dans leprintemps , ce qui cause des rhunies , des ca-tarrhes et par suite des plithisies pulmouaires.L’abondance des eaux, qui offre dans uue grandequantite d’etangs et de marais une surlaceetendue ä l’actiou du calorique, occasionne uueevaporalion considerable de niiasmes deleteres;aussi les ficvres inlermitlentes sont-elles presqueendcmiques dans le Morbihan. La gale, com-pagne de la malproprete , est de meine inlie-rente aux communes qui composcnt les cantonsde Gouriu et du Faouet, arrondissenient dePontivy. Nagucre , dans ces localites, l’etatpsorique ctait celui de Fenfant au berceau etdu vieillard au lit de mort. Gelte maladie de-goutante arrctait souvent le dcveloppement desl'orces de Fadulte ; aussi les lioinmes de cescantons soul-ils en general plus pctits et plusfaibles que ceux des autres parlies du dcparle-ment. En 1832 M. le prclct Lorois enlrepritune täclie immense regardce jusqu’alors connneimpossible : celle d’extirper la gale dans lescantons infecles. Seconde par le conseil generalqui alioua des fonds, appine par les exhorta-tious des ecclcsiastiques , le traitcnient a coin-mence avec le plus grand succcs. En 18321833 , 1834, plus de 6,000 malades ont etdradicalement gucris , et le rcsultat des soinsmcdicaux s’est dejä fait tellement sentir, que leconseil de revision, dans sa tournec de 1834,n’a trouvc aucun galcux dans le canlon de Gou-l'in , et u’en a Signale que trois dans celui duFaouet, lorsque , les annees prccedeutes , presdes trois quart.s des jeunes soldats ctaieut Cou-verts de pustules psoriques.
Production». Le departement du Morbihanproduit des cereales de toule espcce en quanti-tes plus que süffisantes pour la consommationdes halnlants (on recolte annuellemenl plus detrois millions d’hectolitres de grains , dont uutiers est livre ä l’exportation). Sarrasin, millet,lculilles, uavets, lin , chanvre; quantite defruits , donnant annuellemenl 210,000 liecto-
litres de cidre ; peu de vin , et medioere, _
Bctes fauves et menu gibier (oiseaux aquali-
MORBIIIAN (departeinent du,.
ques). — Poisson de mer et d’eau douce (lia-rengs, sardines, aloses, brochets). — Chevaux,moutons. — Beaucoup d’abeilles, dout le mielest recherche.
Mineralogie. Minerai de fer oxyde terreuxexploite a cid ouvert ou en petites galeries,qui alimente plusieurs liauts lourncaux; tracesde mines de plomb ä St-Maude, pres de Baud,mine d’ctain ä Yilleder, pres du Roc St-Andre.Beiles carrieres de granil, quartz , pierres detaille, ardoise, cristal de roclie, terre äpoterie,sable, etc.
SoURCES MINERALES FERRUGINEUSES 8U cllii-
teau de Pargo, pres de Vannes, et ä Loyal, presde Plocrmel.
Industrie. Manufactures de toiles de Bre-tagne. Fabriques de draps comuums , etoflesde laine, 111 de chanvre , pain de seigle pour lecommerce ; porcelaine ; filatures de coton ; 87tanneries ; 7 papeteries. — Construction denavires ä Lorieul, Auray , Vannes, Belle-Ile ,Quiberon et la Roche-Bernard.
Peche de la sardine et du poisson frais. Lasardiue est un objet de commerce considerabledans le Morhiliau ; quand l’aunce est bonue etla peclie ahondante, le produit ordinaire est de200,000 miiliers, dout 60,000 miiliers sontcinbarilles , sales et expedies dans l’interieur ,et 140,000 miiliers consommcs cnverl daus lepays ou les departements circonvoisins. Cettepoche oeenpe 500 bateaux et envirou 3,000persoimes employces ä la peclie , ä la prepara-tion et ii la vente des produits , qui s’eleve an-nee moyenne ä 1,500,000 fr. — Exploitationdes marais sahmts qui occupe 2,500 ä 3,000paludiers ou sauniers, et produiseut aunuelle-inent 200,000 myriagratnuies de sei.
Commerce de grains , eaux-de-vie , cidre ,fruits, beurre, suif, sei, miel, cire , rhubarbe,chanvre , bestiaux , poisson salc, toiles , fils ,cuirs, peaux, fers, papiers communs, lniile depoisson. — Entrepöts i'eels et lictifs. — Ca-botage.
Eoires. Plus de 600 foires se tiennent dansenvirou 35 communes du departement. On yvend principalement des bestiaux de tonte es-pcccs , des grains , des inslruments aratoires,du clianvre, des laiues, du beurre, des draps ,de la mercerie, de la quineaillerie, ctc., etc.
Moeurs , usages et coutumks. Les liabi-tants du Morbihan soul parlagcs en deux clas-ses dislinctes • les Brelons et les Gallos. LesPremiers parlent Fidiome brelon , idiome pau-vre , que Fon croit avec raison etre la langucque parlaienl les Celles , qui est divisee en qua-tre principaux dialectes : ceux de Vannes, deQuimper, de St-Pol de Leon et de St-Brieue ;les habitants de ohaenn de ces cantons preten-deut que celui dont ils se servent est le moinsembarrasse et le plus energique. La languebretonne etait jadis celle de tonte FArmorique.Maintenant eile est bornee aux communes dunord-ouest du departeinent , et Finslructionclcmcntaire que le gouvernement s’cllorce derepandre dans les campagnes finira , dans peud’annces , par ancanlir entierement cet ancicn
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idiome. — Les Gallos , ainsi nomrnes par cor-ruplion du latiu Galli (Francais), parlent unesorle de patois aise ä comprendre , et dans le-qucl ou relrouve une grande quantite des molsde l’ancien franeais , conime dei'iser (causer),meshuy (desormais) , chommer (resterinactif),etc., etc.
II existe dans le caractcre des Bretons et desGallos une aussi grande diflereuce que dausleur langage. Les preiniers sont en general la-borieux, vifs , constants , bous agriculteurs ,essayant volontiers les nouvelles metbodes deculture. Les Gallos au contraire sont pares-seux, leuts, faciles ä rebuler , et altaclies auxhabiludes routinieres de leurs devänciers. IIest ensuite des qualiles et des viees qui sontcommuns aux uns et aux autres. Ils sont lousbraves , liospitaliers , cliaritables , mais l'una-tiques , superstilieux, defiants et soupeonueuxpour les habitants des villes et les ctrangers,adonnes outre mesure a l’usage du vin, du ei-dre et des liqueurs foi tes, et d’uue salele onnepeut plus degoülante. 11 laut cepeiidant excep-ter de ce dernier reproche les habitants descommunes littorales; Jours relations frequentesavec les ctrangers ont poli leurs moeurs, et lesrecherclies de la propreto ne leur sont pas tontä fait iuconnues.
On trouvc une grande similitude eutre le carae-tcre du paysan morbilianuais et cd ui des Celles,ses aucelres. Les Celles etaient liospitaliers: ja-mais le voyageur attarde n’a frappe en vain a laporte de la ckautnicre de FArmorique. Jamais tinasile ne lui a eie refuse. Quant ä la cliarite deshabitants, eile est inepuisable, et Findigem i[uise presente ehe/, eux y reeoit presque toujoursla bouillie ou la galette nccessaire a son repasdu moment.
Les Celtes ctaieut soumis a leurs druides , elleur fanatisme ctait saus borues. Les pavsansdu Morbihan ont pour leurs recteurs (onappelleainsi les eures en Bretagne) un respect profond.une confiance exclusive. La ehouaimerie n’asubsiste aussi longternps daus ces contreos queparcc que les prelres le voulaient ainsi. A leurvoix le Breton quittait sa chaumiere et cou-rail assassiner les soldats du gouvernement .bien certaiu d’aequerir sa pari du paradis s’ilvenait ä succomber dans cette lulle contre mixqu’on lui depcignait comme les ennemis deDien.
Les Celtes u’etaicnt pas plus superstilieuxque leurs successeurs. TI n’est pas une paroissedans le Morbihan qui n’ait sa legende , son re-veuaul, son lonp-garou , ses miracles. Ici Fonmontre l’einpreinle du pied d’im saiut sur uuepierre lä un pcuple de nains, velus et noirs,doues delcerie et que Fon nomine Poulpiquets ,viennent lourmontcr pendant la nuit les crain-tifs babilants d'nuhanieau. Plus loinvous ren-coulrez un mendianl douc du pouvoir de fasci-nalion appele goal apel (mauvais vent). Dansla ehapelfo de St-Laurent pres de Vannes , enofl'nint au saiut une poignee de clous, sansles compter, ou guerit des furnncles inlbuuma-toircs, vulgairemeut nonimes clous. Priis decelle de la Clarte , il est une fonlaine oit Fon