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NEVERS.
NEVERS.
NEVERS.
Au grand homme modcste, au plus doux des vaiuqueurs,
Au pere de i’Etit, au maitre de nos cceurs.
Et ceux-ci sur le fronton intcrieur :
A ce grand monument qu’tleva l’abondance,
Reconnaissez PJevers, et jugex de la France.
Ces vers, que l’on prendrait pour l’ouvraged’un ecolier de rhetcrique, sont cependant deVoltaire.
Ou traverse la Loire ä Nevers sur un pont enpierre de vingt arehes, de coustruction un peulourde, mais solide; il se joinl en t'ace de laville ä une levee en pierre fort longue et fortlarge. Les quais sont bordes de maisons elageesles unes au-dessus des autres et assez bien bä-ties.
L’eglise cathedrale date du vit e siede; eileetait dediee a saint Gervais et ä saint Protais, etie fut ä saint Cyr dans le commeucement du ix esiede. Dans les premicres annees du x e siedecet edifice s’ecrouia et fut rebati par i’evequeAtton. Il y a deux choeurs : celui qui renfermel’autel de Ste-Jutille est de la flu du xn e siede;la crypte qui est au-dessous est de la meine epo-que, ainsi que les piliers rouds que l’on voitau bas de la nef. La lief est du xiii c siede ;le clioeur et le grand autel du xiv e ; le portailseptentrional est de 1290, et le portail meridio-nal de 1 491. La tour, de forme carree, fut com-mencee en 1509, et achevee en 1528; eile estchargeedcsculptures etdestatuesgolhiquesd’unbei edel. Les monuments les plus remarquablesde cette eglise etaieut les trois tombeaux ducomte Jean de Bourgogne et des ducs I’ran-eois de Cleves et Louis de Gonzague : tous lestrois ont eie delruits pendant la revolution. Celuide Jean de Bourgogne etait ä droite du maitre-autel, en avant de celui de Frauqois de Cleves;ä gaudie et vis ä-vis du premier etait celuide Louis de Gonzague. La Statue en marbre jblaue de Jean de Bourgogne se ressentait un ipeu de la barbarie de son siede ; mais celles deFrancois de Cleves et deMarguerile de Boui'bo»,de Louis de Gonzague et d’Henriette de Clevesetaieut l’ouvrage d’un habile sculpteur italien.— Les vitrauxdu chccur, fort endommages pardes restaurateurs ignorants, etaieut remarqua-bles par la richessc et par la vivacilc de leurscouleurs. Les tapisseries de haute lice qui en-tourent encore le chü'.ur, et ou est representeetoute l’histoire du martyre de saint Cvr, sontun don de la comtesse Marie d’Albret, qui lesfit de ses mains, aidee des darnes de sa cour.C’est un monument prerieux pour ceux qui ai-ment ä observer lamarebeet le progres des arts.On Hsait dans le beau Necrolnge des recollets,que cette princesse, avant recu quelques sujetsde plainte du chapitre pendant (pi’elle travail-lait ä ce loug ouvrage, imagina de s’en venger,en donnant aux bourreaux de saint Cyr ies figu-res des chanoiues de ce temps.
Nevers a encore d’autres eglises qui, rommela cathedrale, ofl'rent de curieux details d’archi-tecture gothique. On eite principalement St-Ktienne, belle eglise de la fin du xn e siede ; l’e-glise St-Sauveur, dont le choeur s’clevait suruue crypte curieuse, est aujourd’hui delruite.
Le chateau de Nevers, dont la facade formeun des cötes de la principale place de cette ville,parail avoir etc bati par les priuces de la mai-son de Cleves. Des 1573 la cour de ce chateauetait fermee par uneepaisse muraille, surmonteede deux creueaux, ä laquelle fut suhstiluee unebelle grille en fer, detruite vers la fin du siededernier. Il est occupe par les tribunaux, eL la| vaste salle oü la princesse Marie, entouree de sacour, deployait ses charmes dans des fetes bril-lantes, est aujourd’hui ie tbeätre des debats desplaideurs. C’est dans ce chateau qu’uu trouveredu xiu° siede a place les priucipaies scenes deFhistoire de Gerard de Nevers et de la sage etbelle princesse Euriaut, sa mie.
La plaee Ducale, qui precede le chateau, est <due au duc Charles II de Gonzague; eile fut bä-tie , en 1608, sur le modele de la place Royalede Paris, et a pres de 3,800 m. de superficie.L’emplacement qu’elle occupe etait auparavantcouvert de maisons, et traverse par plusieursrues, dont une etait exclusivement reservee aulogement des femmes ([ui couroient l’aiguilletteet faisoient jolie de leurs corps. Cent ans aprescette profession cessa d’etre toleree, et, suivanlla remarque judicieuse d’un ccrivain du siededernier, en defendant aux filles de joie d’etrenulle part, on les obligea sous le regne de LouisXV d’etre partout.
Leparc du cliäteau estdevenu par acquisitionune promenade publique. Avant 1767 il necontenait que le graud carre loug, aujourd’hui| plante en ormes et en lilleuls ; toute la partiej haute etait en vignes. A cette epoque, le duc deI Nevers se promenant avec la jolie madame dej Prunevaux, qu’il afiectionnait beaucoup, cette| dame lui fit observer que ces vignes ajouteesau parc rendraient la promenade beaucoup plusagrcable; le galant duc donna immediatementdes ordres pour faire transformer cette partieen jardin dans le gerne anglais. Ainsi, il y a78 ans qu’un mot d’une jolie femme, accueillipar la galantcrie d’un grand seigneur, procuraa la ville de Nevers une des plus jolies promc-nades ejue l’on connaisse. Outre le parc, plu-sieurs autres promenades non moins agreablesenvironnent la ville.
Parmi les cdifices que l’on ne doil pas manquerde visiter, nous citerons, dans ia rue de la Parciie-minerie, lamaisouoüdemeurait lelameux AdamBillaut, connii sous le noni de maitre Adam ,surnomme le Menuisier de Nevers ou le Virgileau rabot. Adam Billaut etait ne a St-Benin-des-Bois, de simples cultivateurs. Une verve singu-liere, un genie pour les vers qu’il ne tenait (juede la nature, beaucoup de incilite a bien rendrece qu’il sentait, quoiqu’il fut saus letlres, le li-rent regarder dans son temps comme une especede phenomene poctique. Les princesses Anneet Marie de Gonzague l’hoiioraient de leur fa-miliariteel de leurs bienlaits. Le duc d’Orleans,freie de Louis XIII, le Cardinal de Richelieu,le duc de Guise et beaucoup d’autres scigneurslui faisaient des pensions ; mais il parait qu’el-les etaieut payees tres-inexactemenl, car ontrouve dans ses oeuvres beaucoup de pieees oü ilse plaint de cette negligence. Tous les rimeurs
du temps composerent des vers ä sa louange.Le duc de Sl-Aignan lui adressa ceux-ci:
Ornemi’nt <lu hic-cle ou notis somtnes,
Vous n’aurez rivn de mol, sinonQue pour les vers et pour le noniVous etes le premier des honunes.
La chanson de maitre Adam, Aussitöt <jue lalumiere vient redorer nos coteaux , suflirailseule pour justi/ier cet entliousiasme a une epo-que oü la langue franeaiseetait a peine formee ;on connail de lui plusieurs autres pieees : lellessont ses Chevilles, son Vilebrequin, son Rabot,etc. Cet auteur est mort en 1662.
On remarque encore a Nevers ■ les restes derancienne eglise de l’abbaye des benediclines ,une magnifique salle du xiv e siede qui servaitde refectoire a ces religieuses, et les cloitres, quisollt presque tous du style byzantin ; ranciennechapcllc du College des jesuites , aujourd’lmipai'oisse de St-Pcre, petit edifice d’nn gonl ele-gant, dont les peinturcs a fresque rappellent lesjolis oratoires d’Italie; le College , londe en1525; la bibliotliequc publique, contenant8,500 volumes; les casernes; Pliötel de laprcfecture.
Biographie. Patrie de saint Jkromk.
Du poete Adam Billaut.
Du procureur de la commune de Paris Chau-mette, mort sur l’echafaud revolutioimaire le13 avril 1794.
Du cbimisle Adet.
Du savant medeein L.-Ch. Roche , membrede l’academie royale de mcdecine.
I)u diplomate baron de Bourgoing.
De l’ingenieur Vicat, aiiquei les chambresont decerne une recompense nationale en 1845pour ladecouvo.rte de ses pi'ocedes pour la con-fection des ehaux et des mortiers hydrauliques.
Industrie. Fabrujues de grosses draperies,boutons de metal, ouvrages en metal, coi-des aviolon, vinaigre, colle forte, ehanddles. Beilesverreries a ijouteilles. Brasseries. Tanneries.Corderies.—Nombreuses manu facturus de. fai’en-ce, qui jouissent depuis plusdelmitsiecles d’unereputation justement ncquise : on sait que sousle rnpport de la solidilcelde la duretede remailaueuue faiencu ne peut rivaliser avec colle deNevers, qui joint ä cesavautages lemerile d’e-tre d’un prix Ires-moiliipie.'Sept cenls ouvrierssont annuelle.ment ömipes dans ces mamifaclu-res. — Fonderies et ateliers pour coustructionj de macliines a vnpeur et de meeaniques pour les' filalures. Fabrique d’enelumes , etaux, etc. —, Mamifacture de poreelaine.— Fonderie royale,
; composee de lmiL fours a reverberes, de douzeI ]>ancs de forerie, et produisant anuuellement550,000 kil. ou 225 canons de fönte, el 50,000' kil. de mouleries diverses.—Depuis 1821 ou«cree a Nevers une fabrique de cählcs eu fer ,
; dont l’usage est subslituc a celui des cählcs eu1 cliaiivre, auxquels ils sont preferables pour la| solidite, la duree, la lacilile des mamriivres etTccouomic des emplacements sur les nnvires.Ccltc fabrique, eu jileine activite, peul taire cndeux jours un eäblede 150 m. de longueur, dupoids de 3,000 kil., en fer de Berry eorroye.