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XORD (departement du).
NORD (departement du).
NORD (departement du).
deux cenfs machines ä vapeur ; huileries hy-drauliques tres-multipliees. Filature en granddu coton, du clianvre et du lin. Forges , hautsfourneaux, clouteries ; beides verreries ä vitreset ä bouteilles ; nombreuses papeteries, manu-iactures de faience et de porcelaine; tuileries ,briqueteries; scieries de marbre ; corderies;tanneries et corroieries.—Ateliers de construc-tion de machines ä vapeur et de metiers a lulle.— Construction de navires. — Maiiuiaclureroyale des tahacs. — Raffinerie royale de sal-petre. — Fonderie royale de canons et manu-facture d’armes.
Commerce de grains , graiues grosses , vins,vinaigre , eaux-de-vie , genicvre , houblon ,liuile, fromages de Bergues et Maroilles, beurreexcelient , chicorce-cafe, chevaux , bestiaux ,toiles, fds, dentelles, laines peignces, cotonfile, charbon de terre et de bois , marbre, ar-doises , bois de cliauffage et de construction ,merrain, sabots, boissellerie, drogueries etepiceries. — Armements pour la peche de labaieine et de la mortie ; peche du hareng et dupoisson frais. Cabotage.
Foires. 380 foires environ se tienncnt dansplus de 45 eommunes du departement: 3 de cesfoires durent dix jours ; 12 neuf jours ; 2 huitjours; 2 sept jours; 2 cinq jours; 3 ([untre jours;8 trois jours ; 9 deux jours ; toutes les autresne sont que d’un jour. 26 de ces foires, insii-tuees dans le principe comme francs-marehes,sont specialement üestinees au commerce deschevaux et bestiaux de touteespcce, commercequi est tres-considerable dans un departementqui a un si grand developppement de frontieres,et qui a beaucoup de patures. Les grandesfoires sont dans les principales eommunes , etcoincident ordinairement avec la fete locale.Quelques-unes meme de ces foires ont conservele nom de procession, parce que le premierjour elles sont marquees par une processionsolennelle dans laquelle on voit encore ligurerdes mannequins symbolicjues, des gcants, deschars de trioinphe , lieritage de Fanciennedomination espagnole; et ces grandes foiresoflrent ä la consommalion du pays draps ,etoffes, toiles, bonneterie , objets de mode,mercerie, souliers, quincaillerie, bijouterie,borlogerie, bles , graiues grasses, porcelaine,faience, poterie, beaucoup de pain d’epice. Lesfoires de Merville sont citees pour la vente duble de semailles. On trouve specialement destoiles , du beurre, du fromage dans les foiresau delä de la Lys; des graiues de trefle , de laIxdssellerie , de la ferromierie aux foires deFarroudissement d’Avesnes ; des arbres frui-tiers ä Etroeungt. La toire de Laimoy , pres deLille, est specialement pour la vente des porcs.En general sur toutes les foires du departementon expose beaucoup de bimbeloterie , dejouets d’enfants, de pain d’epiee. Enfm, auretour des fetes locales dans les campagnes etaux fetes des paroisses parliculieres ä Lille etdans plusieurs vilies, il se tient autour ou auxenvirons de Feglise de petites foires qui uedurent qu’un jour. Ces foires, que l’usage aconsacrees- ne figurent point dans l’etat oflieiel
dresse par 1’administration, et semblent entrerdans Fensemble de la recreation publique deshabitants ou des habitues des paroisses.
Moeurs et usages. Les habitants du depar-tement, ditl’auteur de la Statistique du Nord,sont d’une stature communenient au-dessus deFordinaire. Ils ont de la saute et de Fembon-point; cet embonpoint augmente , ainsi que lahauteur de la taille, a mesure que Fon avancevers le nord et la Belgique. Les honimes sontgeneralement bien faits ; leur physionomie estplus reguliere qu’expressive. Les anciens au-teurs vantent beaucoup la beaute des femmesde ces pays , et nous voudrions faire commeeux, mais nous sommes forces de reconnaitrequ’on remarque aujourd’lnii, et particuliere-ment dans les vilies, que les honimes ontla figure plus belle, plusanimee et plus agrea-ble que la plupart des femmes. On trouve chezcelles-ci, dans les traits meme de celles quiparaissent le mieux, plus de regularite encoreque de finesse. — Quoique amis de l’ordre etde Feconomie, surtout dans Finterieur deleurs menages, depuis une trentaine d’anneesles habitants du departement du Nord se sontfait reninrquer par un gout croissant pour leluxe des habillements ; les femmes ont acquisplus de coquelterie, plus de grace et d’agre-ment.
Les Flamands refleehibsent avant de com-prendre. lis ont l’imagination lente, mais lejugemeut sain, i’esprit solide et une Sorte desagacite remarquahle. Ils sont bons, liospita-liers, cbarilables, fermes et devoucs dans leursaflections , quoique peu perseverants dans lessentiments haiueux. Dans toutes les guerrosils ont fait preuve d’une bravoure naturelle ettoujours egale. Leur courage, s’il ne se fait pasremarquer par une fougue impetueuse, est detous les instanls et ne faiblit jamais. Le depar-tement du Nord a fourni a nos armees un grandnombre de braves generaux , d’hommes deguerre habiles et de eourageux soldals.
Les Flamands sont peut-elre, de loute laFrance, le peuple qui attache le plus de prix ala proprete. Leurs maisons sont toujours netteset l>ien tenucs. Elles ont un aspect qui faitplaisir. Leurs jardins, ä allces sablees, ä eom-partiments entoures d’arhustes tailles, ä ton-nelies de charmilles ou de treillage, indiquentencore leur gout pour la regularite.
La nourrilure des paysuus llamands est ge-neralement plus substantielle que celle des lia-bitants des autres parlies de la France. Laviande, le beurre et le pain en sont les princi-paux elements. Ils boivent de la biere. On lesaccuse meine d’etre enclins ä faire un usagepeu modere de ioutes les boissons fortes. C’estun penebant qui, dans les arrondissementsde Dunkerque et d’Ilazebrouek, parait memeetre coinmun aux femmes et aux jeunes filles :le dimanebe et les jours de fete elles ont l’lia-bilude de passer une partie de la journee aucabaret.
Ou a eite il y a longtemps les ducasses, leskermesses des Flamands ; il n’est pas de com-mune dans le departement du Nord qui n’ait
la sienue. La plupart en ont deux , designeessous le nom de grande et de petile ducasse. Leurepoque est ordinairement depuis le retour de labelle Saison jusqu’a la lin de l’automne. On seporte a ces fetes dans ce pays avec un empres-sement dont on ne trouve nulle pari d’exempleaussi frappant. Elles durent trois, quatre, cinqjours , et quelquefois neuf et dix , mais jamaismoins de trois; elles coincident presque tou-jours avec ranniversaire de la dedieace de l’e-glise du Heu , et la pelite est le jour de la fetedu patron. Dans quelques eommunes la du-casse se renconlre avec la cclchraliou d’uneneuvaine ä la Vierge; ce sont celles qui durentle plus longtemps. Dans les vilies les ducassessont ordinairement l’epoque de la leime de laioire principale, et l’ouverture s’en faisait a larevolution par une procession solenneile ou leculte deployait toule sa ponipe : d’ou vientqu’on leur donne indilTeremmeut le nom deducasse ou de procession. —Ce jour-la chaqueparticulier tacbe de reunir ses parents, ses amisepars, pour se rejouir avec eux en famille.L’babitant le moins a Faise fait un eilort pourse bien nourrir. Le pot au feu de viande dt»boueberie, les patisseries plus ou nioines lines,designees sous lenom de tarles, gale.aux, pates,et le jamhon, sollt la nourriliire exlraordinaireque l’on s’y donne. Le jamlion est surtout lemets privilegie de rette fete; il est en perma-nente sur la talile presque tonte la journee. Onboit la biere a discrelion, meme cliez ceux t[ui,n’en ayant pas en cave, sont obliges d’aller lachercber au cabaret.
La dause est le diverlissement le plus suivipendant les trois, quatre et cinq jours que dtirela fete. Une chose digne de remarque, c’estque , au grand seandale de la galanterie l’rau-caise, ce sont, dans beaucoup d’cndroits , lesdanseuses qui payent les violons. Les jeunesgens s’y livrenl aussi aux jeux et au tir de Foi-seau ou au blaue. Daus les grandes eommuneset dans les vilies des prix sont ordinairementfaits par les municipalites , et Fannonce pom-peuse de la feie , des jeux eL des prix qui doi-veut couronner les vainqueurs, a lieu plusieurssemaines ä Favance par des placards imprimeset envoyes daus les eommunes t^t dans les viliesvoisines. Ces jeux ne sont pas, au roste, lesseulsattraits qu’y trouve la foule. Nous avons dil queFouvcrture s’en faisait ordinairement par uneprocession solenneile ; tous les auleurs qui on1parle de ces processions ont dil que Fon ne man-quait presque jamais d’y voir, ä la suite du sainlsacrement, des rcpresenlations de geanls, dirgrands poissous, de saints, de dialdes, du para-dis, de Fenier. Ce fait est vrai a la lettre : aFepoque de la revolution les vilies de Dunker-que , Lille, Douai , Cambrai, Valeneiennes ,avaient encore de pureilles processions, quequelques-unes ont conservees. A Dunkerque oupromenail un geant, sa feinine et ses enfants.A Cambrai e’etaient cinq chars de trioniphe,sur Fun desquels etait une image de la Viergequi pnuvait s’elever allernativement de plu-sieurs pieds en Fair par le moyen (Fun ressorl.Cette image etait environnee de jeunes lilles