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PARIS.

PARIS.

une seconde deputation 11 ’ayant pas eu plus de succes, on propose d'cnenvoyer une troisieme; cetle proposition avant etc adoptee, Mirabeaumonte ä la trilnme, et, s’adressant aux membresde la deputation, pro-nonce le discours suivant: « Dites au roi que Ies liordes etrangeres dontnous sommes investis ont reeu hier La visite des princes, des princesses,des iavoris, des favorites, et leurs caresses, et ieurs exhortations, et leurspresents ; ditcs-lui que toute la nuit ces satellites elraugers, gorges d’oret de vin , ont predit, dans leurs cliants impies . l’asservissement de laFrance, et que leurs vceux brutaux invoquaient la destruction de l’as-semblee nationale; dites-lui que dans son palais mcme ies courtisaus ontmele leurs danses au son de cette musique barbare, et que teile fut l’a-vant-scene de la St-Barthelemy ; dites-lui que ce Henri, dont Funiversbenit la memoire, qelui de ses aieux qu’il voulait prendre pour modele,faisait passer des vivres dans Paris revolte qu’il assiegeait en personne,et que ses conseillers feroces font rebrousser les farines que le commerceapporte dans Paris fidele et nll'ame. »

Voici, d’apres le Moniteur, quel etait le but de la conjuratiou ourdiepar la cour :« L’assemblee nationale devait etre dispersee, ses arretsdeclares sedilieux, ses membres proscrits, le Palais-Royal et les maisonsdes patriotes Livres au pillage, les electeurs et les deputes aux bourreaux.Ciuquante mille homines, Cent picces de canon et six cliefs dirigeantleurs coups, devaient renverser sur ses ministres le sanctuaire de la li-berle.» Cette nouvelle ne fut pas plutot connue, que la terreurse repandparmi les citoyens; les cris redoubles : « Aux armes! aux armes! » serepetent dans tout Paris; quelques epees brillent; on sonne le tocsindans loutes les paroisses : on eourt a 1’bdlel de ville, on se rassemble, ons’arme; un regiment aliemand et im corps suisse, commandes par leprince de Lambesc, chargent sur le peupie; les gardes francaises s’c-chappent de leur caserne, se niclent avec le peupie, et, dcployant unemarelie plus reguliere, impriment ainsi le premier mouvement de larevolution.

Le 14 juillet, la garde nationale, formee seulemeut de la veille,comptait deja plus de cent ciuquante mille defenscurs.

Le Jendemain, le regiment des gardes francaises se reunit a la gardenationale aux cris de : «Yive le liers etat! » Les autres troupes suiventcet exetnple, et les murs de la Pastille tonibent sous les coups des ci-toyens. Paris s’etait aflVanchi de la dependance royale; une nouvelleOrganisation numieipale avait remplace rancienne; BailJy lut nominemaire, et la Fayette clief de la garde nationale.

Le 16 juillet, le roi donne Fordre aux troupes de s’cloigncr de Pariset de Versailles, et vient a Paris recevoirde Bailly la cooarde tricolore.L’assemblee nationale continue ses travaux. Dans la seance de nuit du 4aoüt, eile dccrete ies droits de rhoinme et raboiitiou de ia venalitc dosebarges , des Privileges et des droits feodaux. Le roi reluse son assenti-ment a la declaration des droits, et appelle ä Versailles de nouvellestroupes, dont les oHiciers foulent aux pieds, dans une orgie, la oocardenationale. Aussitot des groupes se lormeut dans tous les quartiers deParis; une masse eflVavnnte de peupie, armen de piques, de batons, defourches, se rassemble, marche sur Versailles et force Louis XAT devenir a Paris. — Le roi arriva sur les neuf heures ä Fholel de ville, etannonca qu’il etait resolu de fixer son sejour dans la eapitale.

Le 8 juin 1790, l’assemblee nationale adopla la proposition d’unelederation generale fixee au 14 juillet, anniversaire de la prise de la Pas-tille. Des conimissaires nommes par la commune de Paris choisirent leChamp-de-Mars conime le Heu le plus convenable.

Le 14 juillet, tous les federes, deputes des provinces et de Farmee,ranges sous leurs baimieres, partent de la place de la Baslille et se rendentau jardin des Tuileries, oü i!s recoiveut dans leurs rangs la municipaliteet Fassemblee nationale : im bataillon d’enfants la pre-edait; un groupede vieillards marehait a sa suite. Le cortege passa la Seiue en lace duChamp-de-Mars sur un large pont de bateaux etabli ä l’endroit meineou se voit aiijourd’hui le beau pout d’Iena.

A l’entree du Champ-de-Mars, du cote du pont, s’elevait un arc detriornphe d’une tres-grande dimension, perce de trois vastes portiquesegaux eil hauteur. A Fautre exlremite etait un amphitheiitre destine ärecevoir Fassemblee nationale et les nutorites locales. Le roi et le Pre-sident etaient assis a cdte Fun de Fautre sur des sieges pareils ; les de-

putes etaient ranges des deux cotes : la reine et la cour etaient sur unbalcon eleve derriere le roi. Au een Ire de Feneeinte, s’elevait un vasteauter, dont trois cents pretres, vetus de blaue et portant des ceharpestricolores, couvraient Iesmarches : c’etaii Fantei de la patrie. Soixantemille federes etaient ranges autour, separes par des potenux indiquaul laplace deebaque departement, et sur Famphitheatre de la cireonference sepressaient envirou (juatre cent mille speotateurs.—Le general la Fayette,en sa qualite de major general de la confederation, prela serment encestermes : « Nous jurons d’etre a jamais fideles ä la nalion , a la loi et auroi; de mainteuir de tout notre pouvoir la constilution deorotee par l’as-semblee nationale et aceeplee par le roi; de demeurer uuis a tous les Fran-cais par les licns indissolubles de la fralernilc. » Au meine instant, tousles federes Orient: Je le jure* Le president de Fassemblee nationale fitsenneul d’etre fidele a la nation, a la loi et au roi, et de maiulenir detout son pouvoir la Constitution. Le roi jura d’employer tout son pouvoirpour mainteuir la Constitution et de faire exceuler les lois. — Le 28 le-vrier 1791 , on decouvre et Fon expulse du ehaleau des Tuileries unetroupe eoiüre-revolutionaire qui se glorifie du titre de chevaltcvs dupoignard . — Le 2 avril, Mirabeau, dont la sanle est detruite par tousles exees, expire dans les bras de Cabanis : son corps, porte d’abord aFeglise St-Fustacbe, fiit le meine jour depose dans la basilique de Ste-Genevieve a cole du tombeau de Descartcs.— Le 4 avril, Fassemblee na-tionale dccrete (pic le nmivel edifice de Ste-Genevieve serait desline areunir les ceudres des grands bonunes. — Le 23 avril, le roi ordonneä ses ambassadeurs aupres des diverses puissanees , de leur nolifier leserment irrevoeable qu’ii l’ait de mainteuir la Constitution, et, le2lmai suivant, ii prond la fuite avec sa famille vers la lVontiere du Nord.Arrete a Varennes , ii est ramene ä Paris, oii il est reeu avec la plusfroide indillercnce; nul cri menaennt, nulle expression d’attachernent,nul lemoignage de respect ne Fneeueillent sur son passage; un proloudsilence, une absence complete d’emotion , prouvenl a ce momuaiue ladesafl'eelion du peupie.

Le 17 juillet, un attroupement se forme au Ohainp-de-Mars pour de-mainler que le roi soit mis en jugenumt rclativement a sa fuite a \ aren-ncs ; Femeule acqueranl a ebaque instant plus de violcnce, Baillv partde Fbdlel de ville avec le drapeau rouge et proclame la loi martinlc; lesinsurges iancenl sur la lbree armee un grand nombre de jiiencs; lessoldats font une pmniero doch arge, qui ne produit auc.un diel pareeque Fon ne voit tomlier personne; provoques par de nouveaux oulra-ges, ils font feil sur les groupes, tuent vingt-quutre personnes et dissi-pent le rassemblement.

Le 13 scplembre , le roi accepte la constilution dite de 17!) I. Le 20juiu 1 792 , anniversaire du serment du jeu de paume, les habitanls du fiiu-ljoiirg St-Antoine organisent une fete pour eetle epoque, et manilestimtFintenlion de planier un arbre de la liberle sur Ia lerrasse des Fcuillanls,et d’adresser eu armes une petition au roi et. a l’assemblee. La muuiei-palite, apprenant cpie la petition devait etre portce par un nombre tres-considerable d’bommes armes , fit des dispositions necessaires pourmainteuir la traa([uiüite, et donna Fordre de douldcr les postes desTuileries. Des le point du jour, des rassemblemeuts d’hommes armesde piques, de faux, de liaebes, portant des baimieres ehargees d’ins-criptions tour ä tour patrioliques et menaeantes, se Ibrmeiit dans lesfauliourgs St-Antoine et Sl-Mareeau; vers les Imil heures ils commen-cent a defiler en plusieurs colonnes, ii la tele desquelles etaient Santerreet le niarquis de St-lfui'ugues. Cette multitude, qui s’elevail a euvirontrenle mille individus, penelre de vive force dans Fassemblee legisla-tive, oü eile vocifere des impreealions conlre le roi; puis defdant au-tour de la salle. en chnntnnt ( V/ ira, eile sort. de, Feneeinte de Fassembleeet se rend au ebateau des Tuileries. Les grilles sont abattues, Ies portesenlbncees ii coups de bac.be ; les eours, les esealiers, Ies apparlemeutssollten uu instant envnbis par vingt mille revoltes au visnge faroiiehe,aux ititenlions sinistres, qui lmandissent des piques, des eouleias, descouperets de boueberie, etc. IJu canon monle ii force de bras dans lasalle des Ccnl-Suisses, y roule en ebranlant les phmchers ([u’il surcharge.On menace de liriser la porte du cabinet m'i Louis X X I esl rein e : lui-meme Fouvre et se presente avec calme devanl la incnncante agglmne-ralion popnlaire. On prodigne a ce prince tous les gen res iFoulrages;