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VJLLE l>E DARSS. — PREMIER ARRONDISSEMENT. — N° 4. QUARTIER DES TUILERIES.

sur lesquels sont poses des trophees; une balustrade couronne ces bati-ments dans toute leur longueur. •— Ces deux edifices furent destinesdaus l’origine ä )a receplion des ambassadeurs et des personnages de dis-tinction. Plus tard, on etablit daus celui qui avoisine le jardin des Tui-leries le garde-meuble de ly couronne. L’autre batiment etait occupe aI’epoque de la revolulion par rambassade.nr d’Espagne , auquel succedale limonadier Corraza ; e’ost aujourd’hui l’hotel Crillon. — Le Garde-meuble, oü est etabli aujourd’liui le ministere de la marine, occupailtoute la colonnade qui s’etend de la rue Royale ä la rue St-Florentin.On y entrait par l’arcade du milieu de la i'acade ; uu escalier orne debustes, de termes et de statues anliques, conduisait daus plusieurs sallesoü le public etait adniis le premier mardi de cliaque mois dcpuis Qua-simodo jusqu’u la St-Martiu. II etait divise eu plusieurs parties , dontchaeune conlenait des objels dilVerents : la premiere salle etait consa-cree aux armes ancieimes; la salle suivante conlenait plusieurs liellestapisseries executees par les plus habiles ouvriers de 1 Europe. Dans lesarmoires de la troisieme salle on voyait une immense quatililo d objetsprecieux et de preseuls envoyes aux rois de Lrance par des princesetrangers. Une de ces armoires renfermait la chapelle d’or du Cardinalde Richelieu, dont toutes les picces elaient d’or massif et garnies dediamants. Les diamants de la couronne elaient renfermes daus des ar-moires dont les clefs elaient confiees au chef de cel etablissement.

Dans la miit du 16 au 17 septembre 1792, les nommes Cambon et

Douligny, aides d’unc douzaine d’autres voleurs et de vingt ä trentefilous revetus de runiforme de la g!trde nationale, lentcreut de s’em-parer de ee depot precieux. Le rendez-vous de ces voleurs etait sur laplace Louis XV , ä l’entree des Champs-Elysees ; rheure etait minuit;cliacun ful exact. Cambon el Douligny formorent, sur la place , de ceuxqui etaient revetus de runiforme de la garde nationale une patrouillechargee de rüder le loug des coloimades , pour faire croire aux passantsque la police se faisait jexactement. Ils plucereul ensuile a toutes lesissues des surveillants charges de donner l’alarme au moindre danger.Apres toutes ces precautious prises, Cambon, Douligny et plusieurs un-tres grimpent le loug de la colonnade en s’aidanl de la corde du i ever-bere, coupent avec un diamant un carreau qui facilite i'ouverture d’unecroisee, par laquelle les voleurs s’introduisent daus les appartementsdu garde-meuble. Une lanternesourde sert ä les diriger vers les ar-moires, que Ton ouvre avec des fausses clefs et des rossiguols. On s’em-pare des hohes, des coilVes qui coutieunent les bijoux et les diamants,on se les passe de main en maiu ; ceux qui sont au pied de la colon-nade les recoivent de ceux qui sont en haut. Tout ä coup le Signald’alarme se fait entendre. Les voleurs qui sont sur la place s’enluient;ceux qui sont en haut se laissen! glisser le loug de la corde du rever-bere. Douligny echappe la corde, tomhe Iourdement sur le pave et yreste etendu. Une veritable patrouille , qui avait apereu la lumiere quela lanterne sourde repandait daus les appartements, avait concu dessoupeons; en s’approchant, eile entern! tomber quelque chose; eileaccourt, trouve Douligny , le releve et s’assure de lui. Le conimandantde la patrouille, apres avoir laisse la moitie de son monde en dehors ,frappe a la porte du garde-meulde, se fait ouvrir et monte aux apparte-

ments avec ce qui lui reste de soldats. Cambon est saisi au moment ouil etait sur le point de s’esquiver. Le commissaire de police arrive, iu-terroge les voleurs, qui, se trouvant pris en flagrant delil et les pochespleines d effets precieux, avouent avec franchise, mais ne denoncentaucun de leurs compagnons. — Au moment de l’alerte la fausse pa-trouille se dispersa daus les Champs-Elysees et dans les nies qui v abou-issent. Du nombre des voleurs qui avaient reeu des 1 joites de diamants,eux se * etil ereilt dans l’allee des Veuves, firent. une excavation au fondfpt'‘ll ^ CI douii'eiU lern* larcin , Ur* reeouvrirent de terre et de

. CS .^ SG 1 ^ t ^ u * re ut tranquillement chez eux; le plus grand nombrese reuni sous epont de la Concorde, et apres avoir pose un des leurs ensentinelle au-dessus du pont, ils s’assirenl en rond. Le plus important

de la bände lil deposerau cenii*^ w « n* ,. 1 1

t \ auceniic les coüres voles ; den ouvritun, v pntun diamant uu il donna ä son vni«;» i ■» . ,

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lui et, apres avoir lait e tour du eerolp „„

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en sentinelle. Lorsqu un colfre etait vid/. ;i „„ • ' , *

i »v, u.iii ' uu., u en prenait un aulre. Au

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moment oii il etait en train de faire la distribution du dernier, la scuti-nelledoima le signal de sauve-qui-peut. Le distributeur jeta dans la Seinele reste des diamants a distribuer, et eliacun s’echappa comme il put.Plusieurs repandirent en fu\ant des bi’illants, qui furent trmives etramasses lelendemain par des partieuliers. Cambon et Douligny furentcondamnes ä mort et denoneerent leurs complices ; on les arreta pres-que tous, el 1 on rctroina une quanlile eonsiderable de diamants. On n’ajamais su toutelois la quautite des diamants qu’ou ne put retrouver, nice qu’etaient devenus les plus bcaux.

On cvalue ainsi les principaux joyaux de la couronue :

La couronne. 14,686,304 fr.

Parures de perles. 1,164,523

Glai ve. 2ÖI,1G3

Epe«. 241,874

Aigrette et bandcau.. . 273,119

Bouton de ehapeau. 240,700

Plaque du St-Esprit.. 325,95G

Parure en rubis et brillants. 393,261

Collier. 133.900

Epee.■. 191,475

D’apres l’inventaire fait en 1832, le nombre des joyaux etait de64,812, evalues 20,900,260 fr.

L’£glise de I’Assomption. Enlre les n ,is 369 et 377 de la nie St-Honorc etait autrefois un couvent de filles dites de TAssomplion londeen 1622 sur remplacement de l’holel du Cardinal de la Rochefoucauld,par rimion cpie fit ce Cardinal des biens de I’höpilaldes Ilaudriettes acelte maison, ou il mit des religicuses qui suivaient la regle de St-Au-guslin, el qui elaient soumises ä la juridiction du grand aumbnier deFrance. L’eglise, commenc.ee en 1670 , ful achevee en 1676 ; eile, a laforme d’une tour surmontee d’un vaste donie sphei'ique de 20 m. 14 c.de diametre , orne inlerieurement de beaux Caissons dores, et d’uneAssomplion de la Yierge par Charles Lafosse; le portnil, place dans lacour, est eleve sur un perron de huit marches, et decore de huit co-lonnes corinlbiemies isolees, couronne d’un fronton dont la forme ap-proclie de celle du Pantheon de Rome. — Le couvent de rAssomplionfut supprimc eu 1790, et sur une partie de son etnplacenient on percala rue de Mondovi et on prolongea la rue Neuve-Luxembourg jusqu’auxapproches du jardin des Tuilcrics. La partie des bätimeuls conserves aetc aüectee a une caserne. L’eglise devint cn 1802 , sous le nom de laMadeleine, l’eglise paroissiale du premier arrondissement de Paris. C’eslaujourd’iiui une succursale de la Madeleine.

Le pont Royal. 11 est silue vis-a-vis de la rue du Bac,et commuuiquedu quai des Tuileries aux quais Vollaire et d’Orsay. En cet endroit iln’y avait autrefois pour traverser la riviere et eommunicpier du Prc-aux-Clercs aux Tuileries qu’uu bac etabli en vertu de lettres patentesdu 6 novembre 1550. Ce bac subsista jusqu’en 1632, epoque oü unsieur Barbier, qui pos.sedail un cios a l’ouest du cbemin du Bac, devenudepuis la rue du Bac, fit construire dans la direction actuelle de la ruede Beauue un pont qui recut le nom de pont Barbier , et ensuite celuide pont Stc-Anne , en l’lioimeur de la reine Anne d’Autriclie; plustard ce pont fut numnie pont ries Tuileries, parce qu’il y aboutissait,et plus communement pont Rouge, parce qu’il etait peint de cettecouleur. (’,e pont se composait de dix arclies; au milieu de sa longueuretait placee une construelion en bois, batie sur pilotis, qui paraissaitelre une macliine liydraulique ; il lut endommage et brise plusieurs foispar la violence des eaux, loujours repare, et enfin eiUieremenL empörtepar les glaces le 20 levrier 1684. Louis XIV ordonna de le reconstruireen pierres a ses depens dans la direction des batiments da palais desTuileries. Les premieres fondalions en furent jetees, le 25 octolire 1685,sur les de«sins des arehitectes Mansard et Gabriel; mais l’inspection etla conduite lurent confiees a Francois Romain, moinc dominicain, quipanint ä surnionter les diflicultes que les localites opposaient a I’exe-cution. Ce pont recut alors le nom de pont Royal, soit parce qu’il abou-tissait a une maison royale, soit parce qu’il fut conslruit aux depens duI roi. En 1792 on lui donna le nom de pont Rational, et ensuite celui5 25