VILMS DE PAULS. — DEUXIEME ARRONDISSEMENT. — X* 6. QUARTIER DR LA CHAUSSEE-D’AXTIN.
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lent de MM. Cortot, Desbceuf, Dumout fils, Foyatier, Lailic , Lebuwf-Nanteuil, Lemaire, etc., etc.
L’Acaduznie royale ae musique, situee nie Lepelletier, n° 10.L’etablissement d’une academie de musique date du xvi* siede. Bui’f, nea Venise pendant que sou pere y etait ambassadeur, fut Ie preinier quitenta l’accord de la poesie tVancaise avec la musique. Baif, associe aumusicien Courville, etablit dans sa maison, rue des Fossus-St-Viclor(n° fc 23 et 25), une academie de musique autorisce par Charles IX, etprotegee apres lui par Henri III. En JG59 l’abbe Perrin liasarda unepastorale, que Cambert, beau-pere de Lulli, mit eil musique. Geltepiece oblint le plus grand succes, et fut d’abord representee ä Issy, etcusuite a Vineennes devant le roi. Ce succes engagea Perrin a s’associeravec le marquis de Sourdeac, komme fort riebe et grand machmiste.Apres une premiere repiesentation de l’opera de Pomone, cn 1671, quifut joue dans un jeu de paume de la rue Mnzarine, vis-a-vis de la rueGuenegaud (aujouid’hui passage du Pont-Neuf), le marquis de Sourdeacs’empara de la recette; Perrin, pique de ce procede, cousontit que leprivilege fut transfere ä Lulli, surintendant et coinpositeur dela musiquede la chambre du roi. Par lettres patentes du mois de mars 1672, Lullieut la permission d’etablir une academie royale de musique, coniposcede tel nombre et quakte de personnes qu’il aviserait, et oü les gentils-koinmes et les demoiselles pouvaient chanter et danser aux representa-tions des pieces de ladite academie, saus qut; pour ce ils fussent cen-scs deroger au litre de noblesse ( on sait qu’ä cette epoque. le roi et lesseigneurs de la cour figuraienl dans les ballets sur le theatre de Ver-sailles). Bientot apres, par un scamlaleux abus de pouvoir, il fut permisui seducteur puissant de soustraire ä Pautoritc palernelle la victime deses seductions, en la faisant inscrire sur le registre de TOpera. — Lullis’associa Quinaultet Yigarini, et transfera POpera au jeu de paume du Bel-Air, rue de Vaugirard; Pouverlure de ce nouveau theatre cut lieu le 15novenibre 1672 par les Fetes de l’Aniour et de Bacchus. — Apres lamort de Moliere, la salle du Palais-Royal, qui occupait la partie me-ridionale de ce qui forme aujourd’hui la cour des Fontaines, fut accor-dee ä Lulli. L’incendie de cetle salle, qui eut lieu le 6 avril 1763, forcales acteurs de POpera de se refugier dans la salle dite des Machines, aupalais des Tuileries, ou ils resterent jusqu’en 1770, epoqueou ils prirentpossessiou de la nouvelle salle coustruite au Palais-Royal, cour des Fontai-nes, dont l’ouverture sc fit le 26 janvier. Cette salle ayant etc de nouveauincendiee le 8 juin 1781. Padminislration de POpera obtint la permis-sion de jouer sur le theatre des Menus-Plaisirs, rue Bergere, dont Pou-verture eut lieu le 14 aout 1781 par/e Devin du villagc et Myrtil el Ly -coris. — Le 27 octobre de la meme annee eut lieu Pouverture de POperaä la salle provisoire de la Porte-St-Martiu, coustruite et decoree ensoixante-quinze jours. Nous eprouvons quelque honte ä dire que, pourdemontrer la solidite de cette salle, on y donna une repi esentation gratis,en rejouissance de la naissance du dauphin... Les representations conti-nuerent ä la salle dela Porte-St-Marlin jusqu’au 28 juillet 1794, epoqueou l’administration de POpera prit possessiou du theatre construit parM H * Montansier, rue Richelieu. Le duc de Berry ayanl ete assassine le13 fcvner 1820, ä Ja sortie de POpera, Ja salle de Ja nie Richelieu futfermee et depuis a etc abattue. Les representations sc continuerent autheatre Favart jusqu’a Pepoque de la construction de la salle provisoireconstruite rue Lepelletier, et inauguree le 19 aout 182!.
La facade priucipale de cet cdifice , elevee sur la rue Lepelletier, ah9 m. de longueur, dimension du foyer silue au premicr etage. Du se-cond Vestibüle du rez-de-chaussee ou monte aux diflerents rangs de lo-ges par six escaliers.
Un magasin de decorations longe la rue Pinon; il a 25 m. de longueursur 17 m. 86 c.de hauteur. Il ne contienl que leservice de la semaine.Les loges d acteurs, danseurs, comparses, choristes et Jigurants, occu-pent avec 1 aJmiuistralion la totalite des bätimenls de Photel Choiscul.
Deux galcries, jointes ensemble par deux petits passages obscurs,communiquent du theatre de POpera au boulevard des Italiens. L’une senomnie galerie du Barometre, ä cause d’un barometre qui deeore une deses parties superieures; 1 autre, par une raison analogue, se nomnie ga-lerie de PHorloge.
VARIETES UrSTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES.
Chaussee-d’Antin. Sous le nom de quartier de la Chaussee-d’An-tin ou designe. tonte la partie de Paris comprise entre Pancien boule-vard, au sud-est, et Penceinte des nouvelles barrieres , au nord et aunord-est, et borne ä Pest par les rues du Fauhourg Montmartre el desMaityrs, et a l’ouest par celles de l’Arcade el du Rocber. Tonte cettevaste elendue de lerrain etait, il n’y a guere plus d’uu siede , occupeepar des champs, des marais, des jardius, des'maisons de Campagne; parune voirie, par le eimetiere de St-Eustadie et le village des Porcherons,par la ehapelle Ste-Anne et edle de Nulrc-Dame-de-Lorette, el par laferme nornmee, la Grange-Baldiere. — Le sejour que lit Louis XV dansla capitale pendant sa minorite ayant atlire dans ce quartier un grandnombre de courlisans el de valels , il fallut songer pour loger tout cemoude a agrandir la ville. Les magistrats obtinrenl en 1720 Pautori-sation d’aequerir tous les terrains et hatiments qui formaienl Penipla-cement ci-dessus indkjue j)our y balir un nouveau quartier, y ouvrirune grande rue de liuit toises de largeur depuis le boulevard jusqu’ä larue St-Lazare. L’execulior. de ce plan fut commencee ; on acquit lespropriulcs, on perca des rues, on batit (pielques hotels , mais fort peude maisous. Ce quartier fut d’abord nonime (jttarder Gaillon , a causede ln porte de ce 110 m, puis Chaussee-d’Antin, parce que sa priucipalerue s’ouvrait en face de Photel d’Anlin. Au xvn c siede cette rue etaitle chemin des Porcherons , qui conduisait de la porte Caillon aux Por-clierons; eile fut nornmee successivement de L’Egout-Gaillun, Chaussee -Gaillon, Chaussee-de-la-Grande-Pintc (d’uiie enseigne de caharet),Chaussee~de-l’Jlötel-Dieu (parce qti’elle conduisait. a la ferme de Pho-pital de ce nom, qui etait en facc de la rue St-Lazare) , et enlin de laChaussee-d’Antin. Lorsque Louis XV mourut, la Chaussee-d’AnUn nepresentait encore que des constructions clair-semees, et entrecoupcesde champs et de jardius. Ce n’est (|ue sous Louis XVI et depuis larevolution qu’elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, le plus heau etle plus riebe quartier de Paris ; eile doit surtoul beaucoup aux entre-prises de PJiouoraLle Jinancier Jean-Joseph de. Lahorde, autetirde cons-tiuctions opulentes qui out transforme eu une ville nouvelle tous lesterrains qui fonnnient alors une espece de parc aulour de Photel CrangivBaleliere, dont il etait aussi proprielairc. — Les premiers ediJices cons-truits ä la Chaussee-d’Antin furent occupes par des filles entretennespar des iihertins opulents ou titres, par des Jinanciers et de riclies par-venus. L’etablissemonl du Parc-aux-Cerfs ayant donne Pidee des pelil.esmaisous, asiles mysterieux consacresaux plaisirsfaciles, (Poii les fennnesde la cour Jinirent par ehasser les courtisanes , eliaeun voulul y avoirsa petile maison ; la petite niaison etait alors le supreme hon Ion; eileetait surlout indispensable a un honnne ne; les grands seigneurs rouesen outraient meme la mode : Richelieu et le duc d’Orleans en avaientau nioins une dans chaque (piartier de Paris. C’est dans cos petits ha-rems bien coquels , bien eleganls (pie uos sullans poudres du xvm'siede venaient cclebrer leur delire ; les dames s’y remlaient dans desimples equipages qui ne pouvaient poiut attirer les regards ; la, loutepudeur etait ouhliee, la lieenee y regnait encore plus que ia volupte.
Au n" 42 est le petit hötel oü mourut Mirabeau, le 2 avril 1791 ; lesfunerailles qu’on lui Jit furent vraimeul royah’s; scs resles lurenl depo-ses dans Peglise Ste-Cenevieve, qu’oti urigen en Panlbeon avec cettein.scription • Au.r grands honmies la patria reconnaissante ! — Cettemaison appartunait a Julie Careau, qu’avait.epousecTalma. Deux gran-des figures en relief, representant la Nature et la Liborle, se voienl en-core a cote de la croisee oclogone inlennediaire de Pentresol. Le distiquesuivant, compose par Chenier ou parTalma, fut grave sur une table demai bre que ce dernier Jit placer au-dessus de la porte ;
L’ämu dr .Miialie.tu sVxliala Jan» c«s lieiixj
llomines libros, jileiirc/.! lyron», ltnts»e7. les vrux !
Talma dut faire enlever cette inscription a la fm de 1792, lorsque lespapiers trouves dans Parnioire de fer eurent conipromis la memoire deMirabeau et que le peuple eut pendu son huste eu place de Greve. —Talma habila cet hold pendant plusieurs aimces ; sou manage avec