218 VIELE DE PARIS. — QUATRIKME ARRONDISSEMENT. — N" 16. QUARTIER DE LA EANQUE DE FRANCE.
Henrici Migni regreat Psrisentin dtiesQuos illt JEterno foedere junxil amor.
C’est rue de la Ferrounerie que demeurait jadis le poete comiqueet lyrique Lepage, qui des le printemps de sa vie s’est montrc philo-sophe comme Platon, gastronome comme Epicure, et insouciant commeDuclos, et dont Ninon disait: « Que du pai/t, du fromage et la prc -miere venue formait tonte l’ambition. >»
La rue du Chevalier-du-Guet et la place de ce nom n’etaicnteomiues en 1300 et jusqu’au milieii du xvi e siede que sous le uomgeneral de rue Perrin-Gosselin. Le nom de nie et de place du Clie-valier-du-Guet vient d’une niaison cpie le roi y avait acquise pour logerle chevalier ou commaudant du guet, dont la charge fut supprimee en173:1. A cette epoque disparurent les compagnies du guet, qui furentremplaceeseu 1771 par la garde de Paris , dont le commaudant demcu-rait en 1789 rue Melee.
11 est parle du guet de Paris dans los Olim du parlement; il y avait leguet assis et le guet royal. Les marchands etaient forces de rournir uncertain nombred’hommesreg e parle prevöt de Paris; le guet royal etaitlouriii parle roi. Voici, d’aprcs la taille de Paris, quelsetaient les metiersqui jouissaient de l’exemption du guet: « Les peintres et imagiers, chasu-bliers, selliers,parcheminiers,enlumineurs, ecrivains, tondeursdedraps,tailleursdepierres, bateliers, archers, haubergiers, bufletiers, faiseursdegants de laiue , faiseurs de chapeaux, de bonnets, faiseurs de nattes,braillers, faiseurs de haubergons, voirriers, dechargeurs devin, sauniers,corroyeurs de rohes de vair, corroyeurs de cordouan, monnoyers, bro-deurs desoie, courtepointiers, faiseurs de corbeillcs et vans, tapissiersdetapis a navette, filnmlriers, calendreurs, ouhaiers, ecorcheurs, tous orfe-vres dela ville de Paris, tous etuveurs, tous apothiraires, tous vendeursd’auges, d’ecuelles et d’echelles. Ce sont metiers francs qui ne doiventpoint le guet au roi.
« Les personnes qui etoient franches de guet : sergents de roi, d’eve-ques, d’abbes, de Colleges, de baillis, de prevöts; tous avocats, procu-reurs, clercs de uotaires, tous convers et leurs hons ; les biaux mar-chois; tous les jotes (juifs) ; les hons de l’eucloistre ; tous bourgeois nonmarehaudans ; tous les mesureurs de la ville de Paris ; rafreschisseursde rol>es non marchans; tous fene»triers; tous courliers de vin, deMe, de chevaux et de tous autres metiers; tous vendeurs de vin ä es-teau; plusieurs metiers servant le roy nostre seigneur et les royaiix etnos autres seigneurs. Tous ceux qui ont passe soixante ans sont quittes ;tous boileux, tous meliaigniez , tous ceux qui sont hors la ville, lousceux a qui leurs femtnes gisseut d'enfaut, tout liomnie lunage, tous hos-tieux de femines veuves ; jures et tous maislres de lous metiers de laville de Paris. »
N° 10- QUARTIER DE UL BANQUE DE FRAltCE.
Ci-devant section de la Halle-au-Ille.
Les limites de ce quartier sont : la nie des Rons-Enfants et la rueNeuve-des-Bons-Enfants n u * pairs, la rue de la Feuillade n ü * impairs,jiartiede la place des Victoires, la rue Croix-des-Petits-Champs n ü * ini-pairs jusqu’a la rue Baillif; la rue Coquilliere n°* impairs, la rue duFour-St-Honore vT* impairs, la rueSt-IIonore n ,,# pnirs jusqu’a la ruedes Rons-Enfants. — Superlicie 120,000 in. earres , equivalant a0,003 de la superlicie totale de Paris.
Ou remarque principalement dans ce quartier :
La Banquede France, situee ru J de la Yrilliere, n" 1 . Cet etablis-semeut occupe remplacemeut de Tancieu hbtel de la Yrilliere , cous-truit vers 1620 pour le seeretaire d’Elat Phelippeaux de la Viillieresur les dessins de Fraueois Mansard. Il pnssa en 1705 au fernher despostes Rouilfe, et fut vendu en 1713 au cointe de Toulouse, qui luidonna son nom et y fit faire des changements eonsiderables par Farcln-tecte Robert Gölte ; le duc de Penlhievre le po.vseda jusqu’eu 1793,epoque oü il devint propriele nationale. L’itnprimerie du gouvernemenlI’occupa jusquVn 1811. Il fut alors vendu ä la * de France, quile lit reconstruire sur un nouveau plan et y trausporta son administra-
tion et ses hurcaux, qui etaient etahlis provisoirement ä l’hotel Massiac,place des Yictoii es. — Avant la revolutiou l’hotel de Toulouse etaitun des plus benux palais particuliers de Paris ; ln galerie et tous lesprincipaux appartcinents etaient decores d’admirahles pemtures et detahleaux des plus grands maitres, tels que le Tintoret, le Poussiu,Van-Eck, le Titien, Leonard de Vinci, Philippe deCliampague, le Guide,Alexandre et Paul Veronese, Bourdon, le Bnssan, le Caravage, le Guer-chin, Pietre de Cortone, etc., etc.
La prineesse de Lamballe, Florian et le duc de Penlhievre habitaientl’hotel de Toulouse a Fejioque de la revolutiou.
La Halle aux bUs, situee rue de Viarmes. La halle aux bles occupel’emplacement d’uu ancien hbtel qui a ete habile, pendant une sucrcs-sion de plus de cinq sieeles , par les personnnges les plus eonsiderablesdu royaume. Ce lut d’abord Jeau de ISesle , duquel il reeut le nomd’hötel de Nesle, qu’il ne laut pas confondre avec Tliötel du inüme nom,silue au faubourg St-<iermain ; puis St-Louis et la reine Blanche , samere, qui v avait lait coustruire une helle cliajielle, oii furent sacreseil 1599 l’eveque de St-Malo eL celui de Lyou; Philippe le Bel; Charlesde Valois: Jean de Luxembourg, roi de Boheme, qui valut ä cet hütelle nom d’hötel de Boheme ou de Rahaigue; les comtes de Longuevilleet de Pezenas. — Le roi Jean habitail cet Jidtel on 1350. Dans la nuitdu 19 au 20 novembre de la meine annee il y lit decapiter le eomtod’Ku, Raoul II, conuetable de France, saus aucune forme de proccs eten preseuce seuhmient de quelques grands personnages eharges de latriste mission de presider a son supplice. — Cliarles V habitait aussil’hotel de Soissons, ainsi qu’Amcdee VI, eomtede Savoie, et Louis, ducd’Orlcans, qui ivgna plus tard sous le nom de Louis XII, dont larued’Orleans a pris le nom. Ce roi fonda dans cet hbtel, en 1494, unecommunaute de lilles penitenles, qui l’occupcrent jusqu’eu 1572,q) 0 (jue ou la reine Catherine de Medicis lit i'aequisition des balimentsde cette communaute, qu’elletransfei a rue St-Denis. Cette reine, ayautrenonce a faire achever les Tuileries, lit delruire ce qui restait de l’hotelde Nesle et coustruire sur son emplacetneni, par Bullant, un hbtel, fortagreablement distribue, qui prit le uom d'hote! de la Reine. Catherinede Medicis occupa cet hbtel pendant envirou quinze ans. Si Fon peuts’en rapporter au portrail que l’historien Varitlas nous a laisse de cettereine, « Elle avait la taille admirable , le visage d’une majeste qui nVndimimiait pas la douceur. Elle avail # la jainbe taite au tour et surpassaitles autres lemmes de son siede par la blaucheur de son teint et la viva-cite de ses veux. » « En cpielque endroit (pi’elle alliU, dil Mezerai, dietrainait toujours avec eile tout l’attirail dej» plus voluptueux diverlisse-menls, et partieulierement une centaine des plus belle-s femines de lacour, qui niennient en lesse deux tois autant de courtisans. » Callierinede Medicis mounit on 1589. Apres sa morl, Fliblel de la Reine passaa ses enfants, ejui le possederent jusqu’en 1595. En 1601 il fut vendu äCallierine de Bourbon, su;ur de Henri IV, et prit le nom d’hbtel desPrincesses ; il passa ensuite ä Charles de Soissons et prit le nom d’hötelde Soissons : sous la rcgence, le prince de Carignan en etait proprie-taire. Nous avons dit, en parlant de ln place Vendbnie , que le inarchedes billets du Systeme de Law y avait ete transfere de la rue Quincnm-poix en 1720. Le dianeelier, que ie bruil de (a foule iucoinniodail,ayant obtenu que le mnrehe des billets fut transfere ailleurs, le princedeCHirignau ollril son libtel de Soissons, et fit coustruire dans le jurdiuquantile de bara(|iies, dont chacune etait louce 500 liv. par mois, et ilobtint une ordonnance qui, sous prelcxte de poliee, defendait aux por-teurs de liillets de conclut e uueun niarcbe ailleurs (|ue dans les huru-ques. Apies la morl du prince de Carignan, ses creaneiers s’etant em-pares de ses biens , obtime.nl la permission en 1748 ou 1749 de fairedeinoürson libtel et de vernlie les materiaux ; il nVn serait nste aucuiivesligesansla generositede Baebauniont, cpiiacbeta ases depens et pourla cmiherver u la posterite la colmme monumentale eoiunie sous lenom de eoloime de Medicis, au bas de laqurlle on a lait dopuis uneIbntaine. A l'oerasion de la Conservation de cette eoloime ou lit alorsuue caricatnre (jui eu represenlait lVxterieui' avec la eoupe Interieureet iHTpendiculüirc. Dans le coin du dessin on voyail riguorauce euIkuhicI d'äue, <[ui ameuait ä sa suite des pionniers et autres ouvriers