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VILLE DE PARIS.

ÜNOÜliuME ARRONDISSEMENT. — N" 1". QUARTIER DU FAUBOURG ST-DENIS.

^ Rue d’Orleans-St-Honorö, n" 13, est l’hbtel de Verthamout,aujourd’liui liötel d’Aligre, )>ati sous le regne de Henri II pour Je con-tröleur des finances de Iloqueneourt, qui le donna ä la duchesse de Va-lentinois, dont la fille epousa le marechal de Bouillon. Cet hötel a portesuceessivement Ies noms d’hötel d’Aligre, de Bouillon, de Puysieux, deHarlay el de Verthamout; il s’etendait jusqu’aux rues St-Honore et deGrenelle; on voit encore eu plusieurs endroits les armoiries de Bouillonet de la Mark.

^ Rue Croix-des-Petits-Champs , hötel de Gesvres, habitnit, enö 4793 , le citoyen CJiiillolin , inventeur de rinslrument de supplice quifoncliomiait alors avec le plus d’activite. C’etait du reste un honune demceurs fort douces , qui est mort avec la persuasion qu’il avail bienmerite de rinunanile en inventuntla guillotine.y C’est rue Croix-des-Petits-Champs que lurcnt assassines le duc deCaumont la Force et ses lils pendant la nuit de la St-Barthelemy, etc’est la que fut miraculeusement snuve le jeune Caumont par un mar-queur du jeu de paume de la nie Yerdelet.

La croix des Petits-Clmmps etait placee un peu au-dessous de la ruedu Pelican. Plus tard on i’adossa a la maison qui fait le coin de la ruedu Bouloi.

Rue Croix-des-Petits-Champs a demeure longtemps le celehrc criti-que Gkoffroy, redacteur de l’article spectacle du Journal de 1‘empire,oii il donnait des eloges plus grands pour une ecuelle de vermeil quepour une ecuelle d’argent; oii l’actrice qui apportait un cachemire rece-vait une somrne d’eloges bien superieure a celle qui n’ofl’rait qu’un tissufrancais. Beaucoup de journnlistes aiinent et reeoivent comme lui descadeaux ; niais ou ne les craint pas autant. Il etait borgne.

UIXQUIEME ARRONDISSEMENT.

Les limites de cet arrondissement sont : le mur d’enceinte de la Bar-riere St-Denis ä la barricre de Belleville, la rue du Faubourg du Templen°* impairs, les Boulevards St-Martin et St-Denis n" s pairs, la rue St-Denis n 08 impairs jusqu’a la rue Kambiiteau, la nie Ranibuteau n ,,s pairs,la rue de la Fromagerie n ÜS pairs , la rue Montorgueil n" s pairs , la ruedu Petit-Carreau n°* pairs , la rue Poissonniere n u * pairs , le boulevnrdBonne-Nouvelle n H * impairs jusqu’u la porte St-Denis.

47. QUARTIER DU FAUBOURG ST-DENIS.

Ci-devant sectian du Faubourg-du~yovd.

Les limites de ce quartier sont: le mur d’enceinte de ln barricre St-Denis a la barricre de Belleville, la nie du Faubourg St-Martin n ,,s im-paivs, le Boulevard St-Denis n u * pairs , la rue du Faubourg $t-])enis n Mpairs jusqu’ä la Barriere de ce nom. — Supcrheie : 050,000 in. carres,equivalant a 0,020 de la superlicie totale de Paris.

Entre autves edilices et moimments de ce quartier on remarque :

L’öglise St-Laurent, situee rue du Faubourg St-Martin, n u 123.C’etait autrefois une abbaye dont il est fait mention datis Gregoire deTours. L’eglise l’ut erigee en pavoisse eu 1280, sous le regne de PhilippeAuguste, rebatie eu 1429, et presque entieremeiit reeonstruite. en 1595;le portail n’a etc eleve qu’en 1622. Cette eglise olfrc un plan regulier,une nef et deux collateraux enviroimes de chapelles. Le chceur a etcdecore pnrBlondel, et Pautel par Lepeinfre. Ou remarque panni les ta-bleaux le martvre de St-Laurent, par Grenze.

La porte St-Denis. Cet arc de triomphe fut construit en 1672, enmemoire des victoires de Louis XIV, sur les dessins de Francois Blon-del, dont il est le plus Bel ouvrage. Il est decouvert a la nianicre desanciens arcs de Titus et de Constnntin ä Rome; I’opinion generale estque Rome et la Grece n’ont rien eu de plus parfait eu ce gerne. Il a24 m. de hauteur sur autant de largeur, Le porlique du milieu a 4 m.66 c. sur 8 m. d omerture : il se tiouve entre deux pvramides engagcesdans l’epaisseur de 1 omrage, chargees de trophees d’armes, et lertni-xiees par deux globes aux armes de Frauce que surmonte une conronne.

Au l)as sont deux statues colossales, dont l’unc represente la Hollande,sous la ligure d’une femnie consternee et assise sur un lion mourant,qui tient dans une de ses pattes sept lleches designant les sept provincesimies. Celle qui fait symetrie avec celle-ci represente le Rhin tenantune corne d’abondance; le lleuve repose aussi sur un lion. Dans lesIvmpans du eintre sont deux renommees , l’une embouchant la trom-pette, l’nutre tenant une conronne de laurier a la main; au-dessns eslun bas-relief representant le passnge du Rhin.

La premiere porte St-Denis etait pres de la rue de la Fevrounerie;sous le regne de Philippe Auguste , eile etait situee entre la nie Mau-conseil et celle du Petit-Lion ; sous Charles V et Charles VI, on la re-cula jusqu’au coin de la nie des Deux-Portes , maintenant rue Nouve-St-Denis ; et enfm , sous Louis XIV, a la place ou eile est maintenant.La porte construite sous Charles VI se composail d’un edificc quadrnn-gulaire, protege a ses angles par des tours rondes surniontees de gue-rites eil maconnerie.

Tonte la partie des Boulevards qui s’etend prine.ipalement de la porteSt-Denis a la place de la Bastille fut le theatrede comhats aeharnes le28 juillel 1830. Unecolonne de troupes, que le marechal Mannont avaitete lorce d’abandonner dans la nie Montmartre, parvint a gagner lesabords de la porte St-Denis, el commenea sur ce point une suite noninterrompue de decharges nieurtrieres ; des paves lances du haut de laporte St-Denis, ou un drapeau rouge lloltait depuis laut heitres du ma-tin, rendirent son approche redoutahle aux troupes. Cette coloime lit sajonctiou sur ce point avec une forte, coloime aceompagnee d’arlillerie ,qui etait partie le matin des environs du palais des Tuileries, et qui secomposait d’un Bataillou du 4* p reginumt de la garde royale, de six eeutsliommes du G e regiment, de deux bataillons du 5 W , d’un escadron de cui-rassiers et de lanciers , sous le commaudement du general Sl-Chanianl.Pres de la porte St-Denis, un chef de jpiece fut tue par un enfanl.dedouze ans, an momenl oii l’ordre de faire feu allait. sortir de sa iiouche;uu autre eufnnt cassa !a leie d’un coup de pistolet a un oHieier de lan-ciers , et eut le bonheur de se sauver. Mais liientöt tous les boulevards ,depuis la porte St-Denis a la Bastille, furent halayes par la mitrnilie etla mousqueterie. Des pelotons furent places devant eliaeune des ruesqui se dirigent vers les harrieres , y lirent un leu tres-vif, eloignerenteelui des assaillants el eouperent ainsi les eommimieations entre les fau-bourgs et la villc. Une foule de gens paisibles et saus armes, des fem-mes, des enfanls, furent ajustes et tues aux fenelres par la garde royale.Sur les boulevards, les cavaliers sabraient indistinctement tous les imü-vidus; ce n’etait pas un combat , niais uu veritable massacre. Les olli-ciers superieurs des (^uirassiei’s payerent cet aebarnemenl de leur mc*.trois suceomberenl: Tun d’eux lut tue d’un coup de pistolet par un cn-fant age de moins de quinze ans.

VA1UETFS UI5TORIQUES ET ltlOGRAPIUQl’ES.

La foire St-Laurent doit son nom a l’eglise St-Laurent. L’originede cette loire remoute ii \ t81 , epoque oü Philippe Auguste raecordaaux religicux de St-Lazare. Elle sc leuait depuis l’eglise St-Laurenljusqu’au Bourget, dans une Campagne de trente-six arpenls que Tonnommait le ehanip de St-Laurent. Kn 1661 eile fut transleree dans uneplace de cinq arpents entmn-ee de inurs , formant des gramls ehemins ,situee entre St-Lazare et les Recollels. A l’un des Imuts etait uu grandespace decemvert pour la gresserie ; le reste etait entreeoupe de rues lar-ges et tirees au cordeau, bordees de loges et de Boutiques construite*nnilorinement. Os rues etaienl claires , eonmiodes , et plaulees de ebn-(jue rote par de lotigues avenues de marronniers qui faisaient un tres-Bel eilet. — Anriennemenl, Ioisque la foire se lenait entre h» faubourgSt-Laurent et le Bourget, eile ne durnil qu’uu jour et finissail quand l<*soleil se eouchait; alors les sergents venaienl foiulre sur les loges etbrisaient tont. Dans la suite, la du ree de cette foire fut de liuil jours,puis de quinze jnscju’en 1616 ; eniin, plus tard, eile commenea !e2S juinet ne finit que le dernier jour du mois de septembre. On y voyait desjeux de tonte espece, une salle de danse, des ca les, des restaurants; desl’oiivcrture de la nouvelle foire , Lecluse y lit construiio une salle despectacle oii se jouerent. les pieces les plus spirituelles du temps * Le-