VIELE DE PARIS. — CIXQUIEME ARItOXDISSEMEXT. — N" 19. QUARTIER OE BONXE-XOUVEEEE.
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mar et d’uulres. Ln nomine Morin, agent du comte d’Artois, conduisaitune douzaine de miserables en haillons, qui offraient des drapeauxblaues, des coenrdes blanehes et des proclamations aux passauts, quecet ignoble spectade lore«it de deluurner les yeux!...
A l’exlremite du fanbourg St-Martin eommence Ia commune deBelleville, oü s’etait reiire Favart, un des auteurs les plus fcconds et lesplus distingues de l’Opcra-Comique; c’est la qu’il s’eleiguit paisi-blement dans les bras de ses enfants le 12 mai 1792, a Tage de quatre-vingf-deux ans, et c’est aussi lä qu'il repose. —Favart etait bis d’unpatissier, cliansonnier anialeur, qui mettait Ia morale et la grammaire enCouplets ; c’est n lui qu’on doit rinvention des echaudes, et ce maitreAdam du four ne manqua pas comme M. Jovial, de faire une chan.wnla-dessus.
Rue des Marais-du-TempIe, n°....,est Ia demeure de l’executeurdes hautes ceuvres; eile est protegee par une grille en fer, et l’on y en*tre par une pelite porte au milieu de laquelle se trouve une bouche entole, semblable ä une boitc aux lettres, oü l’on depose les missives que leprocureur general envoie a i’executeur pour le prevenir que l’on va re-courir a son ministere.
Rue de Lancry, M. Genart a fait batir en 1832 une assez joliesalle de spectacle. C’est la que M lle Plessis commenca a attirer l’attentiondu public par ses talents prccoces.
N° 19. QUARTIER DE BONNE-NOUVELLE.
Ci-devant section Bonne-Nouvelle.
Les limites de ce quartier sont: le boulevard Bonne-Nouvelle n°* im-pairs, la rue Poissonniere et la rue du Petit-Carreau n°‘ pairs, la rueThevenot n us pairs, la rue St-l)enis n‘ ,s impairs jusqu’a Ia porte St-De-nis. — Superlicie 150,000 in. carres, equivalant a 0'",044 de la super-licie totale de Paris.
On eile parmi ce qu’il v a de plus remarquable dans ce quartier :
L’6glise Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, rue Beauregard, n° 21.Cette eglise a ete bätie sur l’emplacement d’une chapelle dediee a saintLouis eta sainte Barbe, construileen 1551, et rasee en 1593, pendant lestroubles de la Ligue, pour construire les forlibcations lors du siege deParis par Henri IV. En 1624 une nouvelle eglise lüt construite pourremplacer celte chapelle sous rinvocation de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle; eile a ete remplac.ee elle-meme par l’eglise actuelle, presqueentierement reconstruile sous le gouvernement dil de la rcstauration. Leportail, d’ordre dorique, ne presente qu’une lonrde masse. L’inlerieurest compose de trois nefs non voütees, separees par des coloimes ioni-ques.
VARIETES IIISTORIQUES ET BIOGRAPIIIQUES.
Rue des Filles-Dieu etait le couvent dccenom, fonde en 1226 presde St-Lazare pour y retirer des pechcresses qui tonte letir Tie avaientabuse de leurs corps , et trausfere pres de la porte St-Denis dans unhopital fonde en 1316. Lecouvent des Filles-Dieu a ete demoli en 1798,et sur remplacement des batiments et des jardins on a construit lepas-sage du Caire et perce la nie de ce nom. — Le couvent des Filles-Dieuetait un lieu de Station pour les criminels que l’on executait a Montlau-con. Le patient partait ordinairement du Chatelet, acconipagne de sonconfesseur, d’un lieuteuant criminel, du procureur du roi, etc., etc., etd’un certain nombre de sergents du Chatelet et d’archers. ll etait nu-tete; quelquel'ois ou le liait, mais ce n’etait pas un usage constammentsuivi. Lorsque le corlege etait arrive devant IVntree du couvent desFilles-Dieu, on introduisait le condamne dans Ia cour, et on l’amenaitau pied d’un crucefix de bois adosse a l’eglise du couvent et abrile par undais. La raumonier du mouastere, apres avoir recite quelques prieresä son intention, lui donnait de l’eau benite et lui faisait baiser unecroix; les religieusesluiapportaient ensuite un verre de vin et trois nior-ceaux depain. Cette ceremonie terminee, on se remettait en marchedans le meme ordre; on faisait faire encore une nouvelle halle au patient
devant uue croix de pierre elevee proche du gihet; il y etait exhortcune derniere lois par le religieux qui l’assistait; puis le hourreau s’em-parait de lui.
La rue et le passage du Caire occupentTemplaeement du couventdes Filles-Dieu, supprime et demoli a l’epoque de la revolution. UneCompagnie se coustitua alors, et decida qu’une rue allant de la rueBourhon-Villeneuve ä la nie St-Denis serait percee sur remplacementdes anciens jardins des Filles-Dieu, et que des passages vilres, dont l’u-sage commencait alors a sc repnndre ä Paris, seraient construits sur lesruinc.s du couvent. L’inauguration de ce (piartier eut lieu en 1798, anneeoü Bonaparte venait d’entrer au Caire; la compagnie, voulautperpeluerla memoire de ce beau fait d’armes, donna a la rue et aux passages lenom du Caire, qu’ils conservent encore aujourd’luii, -— L’enlrce prin-cipale da passage donnant sur la place du Caire est decoree, on pourraitdire defiguree, par des mascarons en pierre ofi’rant de bizarres liguresde sphinx.
La cour des Miracles a sa principale entree rue de Dnniiette, presde la place du Caire. On designait autrefois sous le nom de cour des mi-rades, les repaires des mendiants el des lilous, parcc qu’en y entrantilsdeposaient le coslume de leurs roles, et olVraient chaque soir le iniracled’une guerison parfaite. Cos cours des miracles elaient nomhreuses dansParis; les prineipales elaient la cour du Iloi-Fraueois, rue St-Denis,n" 328 ; Ia cour Sle-Catherine, rue St-Denis, n" 313 ; la cour Brisset,rue de la Mortcllerie, entre les nies Pernelle ct de Longponl; la courGentier, rue des Coquilles; la cour de la Jussienne, rue de la Jussieune,n° 23; la cour cl passage du Marche-St-Ifonore, enlre les rues Sl-Ni-caise, Sl-Honore et de l’Echelle ; la cour des Miracles, rue du Rac, n" 63 ;le passage ct cour des Miracles, rue des Tonrnelles, n" 26, el eul-de-sacde Jeau-Beausire, n° 21. — La plus fameuse de toules ees cours, eellequi porte encore le nom de cour des Miracles, a son entree daus la rueNeuve-St-Sauveur, et est siluee, ainsi que nous le disons ci-desssus,entre le cul-de-sac de l’Eloile el les rues de Damiette et des Forges. Voicila description que nous eti a laissee Sauval : « Elle consiste en une placed’une grandeur tres-considerahle, et en un tres-grand cul-de-sac puant,houeux, irregulier, qui n’est point pave. Aulrefois il conlinait aux der-nieres exlremiles de Paris; a present (sous le regne de Louis XIV) il estsitue daus Fim des quartiers des plus mal hatis , des plus sales et desplus recules de la ville, entre la rue Monlorgueil, le couvent des Filles-Dieu et la nie Neuvc-St-Sauvour, eornme dans un autre moiule. Pouryvenir, il se taut souvent egarer dans de petites rues vilaines, puanles ,detournees; pour v enirer, il laut descemlre une assez longue pente,torlue, raholeuse, inegale; de toules parls ou n’y voit que logis bas,enfonees, obscurs, diflormes, faits de terre et de hone. » Les lmissiers niles autres gens de police ne pouvaient y penetrer saus y recevoir des iu-jures el meine saus danger pour leur vie. « On s’y nourrissait de bri-gandages ; on s’y engraissait dans l’oisivele, dans la gourmnndise, et danstoutes sortes de viees et de erimes : la, saus aue.un soue.i de Pa venir,cliacun jouissail a son aise du present, et mangeait le soir avec plaisir cequ’avec bien de la peine et souvent avec bien des eoups il avait gaguedans tont le jour : rar on y appelait gagne.r ce (ju’ailleurs on nppelnitderolier; et c’elait uue des lois l'ondainenlales de la cour des Miracles dene rie.u garder pour le lendemain. Chacun y vivait dans une grande li-cence; personne n’y a\ail ni foi ni loi; on n’y eonnuissait ni Iiapleme,ni inariage, ni sacivmenl. 11 est vrni quVu apparenee ils senibluient re-connaitre un Dien le Pere, qu’ils avaient vole dans quelque eglise, el oütous les jours ils venaient adresser des espeees de prieres. Des fennnes etdes blies, les nioins laides, se prostituaienl pour deux liards, les aulrespour un double (deux deniers), la plupart pour rien. Plusieurs dounaientde 1’aigent ä eeux qui avaient fait des enfants ä leurs e.ompagnes, abud’en avoir eonmie dies, pour exciter la oompassion el obtenir desan-indnes. --Cette bände de voleurs avait quelques lois, et uu ehel supreuiequi avait le titre de coesre. 'Jous ees brigands gueusaient dans les quar-tiers que le coesre leur assignait; ils contrefaisaienl les soldals estro-pies, ou l)ieu monlraienl au jml)lic leurs membres couverts d’uleeresfactices ; souvent ils se plaignaient de malheurs imaginaires, ou bienanuisaicul la foule pour nider leurs camarades a couper des bonrses,