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VILLE DE PARIS. — SEPT1EME ARRONDISSEMENT. — N» 28. QUARTIER DES ARCIS.

lement, fut öte et enleve du lieu oii il etait le crucifix surnomme

Ma.u, et par les gens du guet porte ä l’eveche; etce ä cause du tres-

scandaleux surnom que Ie peuple lui avait donne. en raison que c’ctaitun crucifix de bois, de la grandeur de ceux qu’ou voit ordinaircmeut auxparoisses, lequel etait plaque et allache contre la muraille d’une niaisonsise au bout de la rue 'Vieille-du-Temple, vers et proche des egouts, en

laquelle raaison aux environs se tenait un b._1; ce qui fit donner ä ce

crucifix le surnom deMa.u, parce qu’il servait de marque etensei-

gne ä ceux qui allaient cbercher bordeliers repaires. «

L’ancien hötei, d’Argexson, situe impasse de ce nom, a ete habile aucommencement du dernier siede par Rene d’Argensox, membre del’Aeademie francaise et cliancelier de France.

N° 28. QUARTIER DES ARCIS.

Ci-devant section des Areis.

Les limites de ce quartier sollt : la place de l’Hötel-de-Ville n“ s im-pairs , le quai Pelletier et le quai de Gevres , la place du Chäteletn°‘ pairs, larue de la Joaillerie n“' pairs, la rue St-Jacques-la-Bouche-rie n“‘ impairs, la rue des Areis n"’ pairs , la rue de la Verrerie n°* im-pairs, la rue du Coq-St-Jean n“ impairs , la rue de la Tixerandericjusqu’ä la rue du Mouton, la rue du Mouton n°‘ impairs. — Superficic90,000 m. carres, equivalant ä 0,003 de la superficie totale de Paris.

On remarque dans ce quartier :

La place du Chätelet, qui occupe remplacement du Orand-Chate-i.et, ancienne forteresse de Paris du cöte du nord, oü se trouvaient, dansles temps anciens, la demeure du prevöt de Paris, le siege de la juri-diction du Chätelet, la recette des deniers royaux, et la prison princi-pale de la capitale.

On eroit generalemeut que cette forteresse a ete bätie du temps deJules Cesar. Quelques auteurs pensent qu’elle fut construite sous l’em-pereur Julien. Le nom de chambre de Cesar, qui etait reste ä une deschambres de cette forteresse; l’antiquite de sa grosse tour, et les motstrikutnm Ccesaris , graves sur un marbre qu’on voyait encore sur la lindu xvi' siecle, paraissent prouver que sa construction remonte ä la do-minatinn romaine. En 886, sous le regne de Charles le Gros , les Nor-mands iurent arretes dans leursdevastations par cette forteresse, dont ilsne purent serendremaitres. Cet edificelütagrandi et repare sous Louis IX,de 1246 ä 1265, et presque entierement reconstruiten 1684; il ne restade l’ancienne forteresse que plusieurs tours, sous lesquelles etait prati-que un passage etroit, obscur , qu’on etait oblige de traverser poureommuniquer du Pont-au-Cliange ä la rue St-Denis. — Le prevöt deParis siegeait autrefois au Grand-Chätelet, oü se rendait la justice civilede la prevöte et vicomte de Paris. Cette forteresse etait environnee defosses profonds remplis d’eau vive, alimentes par la Seine. C’est läqu’on conservait les etalons des mesures, la toise, le pied de roi, lemoule de la luile ; les etalons des poids etaient ä la monnaie, ä l’hötelde ville et au btireau des ofiiciers. — Lä etait la morgue , qui a etetransferee ä la place du Marche-Neuf, lors de la demolition du Grand-Cbätelet en 1802. — En 1418, les cabochiens assiegerent et prirent leGrand-Chätelet dont ils egorgerent les prisonniers. Le 14novembre1591, le conseil des Seize fit arreter et pendre Sans autre forme de procesdans la chambre du Grand-Chälelet les conseillers au parlement, Bris-son et Claude Larcher, qui etaient soupeonnes de favoriser le parti duroi. Deux cent sei/.e prisonniers furent egorges dans la prison duGrand-Chätelet lors des massacres de septembre en 1 792.

Entre la porte du Grand-Chätelet et le Pont-au-Change , etait uneplace connue de temps immemorial sous le nom de 1’ArrORT-PARis, oüse tenait un marche, au centre duquel etaient une fontaine et une croix,oü le clerge de St-Germain-l’Au.xerrois venait en procession tous lesans le jour du dimanche des Rameaux chanter l’evangile et delivrerquelques prisonniers. La boucherie de l’Apport-Paris, qui a donneson nom ä la rue St-Jacques-Ia-Boueherie , etait situee hors de l’en-ceinte de Paris , proche de la porte du Chätelet, c’etait la plus grantlelioucherie de Paris et la plus ancienne apres celle du parvis Notre-Dame.

La demolition du Chätelet a ete commenceeeu 1802, et l’on a formesur son emplacement la place du Chätelet. En 1804 il n’en reslait plusque la hasse geöle ou morgue, dependant de cette prison, oü etaient de-poses les corps morts inconnus (V. Morgue).

Apres la demolition du Chätelet, le conseil general du departemenldela Seine soumitcu 1801 au premier eonsul Bonaparte le projet d’e-lever en son lionneur, sur l’emplacement de cette forteresse , un porti-que triomphal, comme un gage de la reconnaissance et de l’attachementrespectueux de la ville de Paris. « Je vois avec reconnaissance, repon-dit le premier consul , les Sentiments qui animenl les magistrats de laville de Paris. J’accepte l’ofire du monument que vous voulez m’elever.Que la place reste designee ; mais laissons aux siccles ä venir le soin dele construire, s’ils ratilient la bonue opinion que vous avez de moi. »

Au centre de cette place s’eleve aujourd’hui, d’un hassin circulaire de7 m. de diametre, une colonne monumentale de 16 m. 90 e. de haut,elevee en 1807, representant un palmier, dont la töte, environnee deson elegant feuiiloge , forme le chapiteau. Son aniortissement est sur-monte d’une figure doree de la Victoire, tenanl une couronne danschaque maiu. Quatre statues symboliipies placees sur son piedestal,seulptees par Bozio, representent la Loi, la Force, la Prudence, laVigi-lancc; ces statues, unies entre eiles par la jonction de leurs mains, for-ment un cercle aiitour de la base de la colonne, dont le lut est divisepar des anneaux de bronze dore, sur lesquels suut inscrits les noms deplusieurs victoires remportces par les Franeais.

La place du Chätelet et l’enlrce de la rue St -Denis furent le theätrede combats sanglants le 27 juillet 1830; un grand nombre de carabiniersde la garde y trouvcrcnl leur tombeau.

Le Pont-au-Change, situe sur le grand Inas de la Seine , au nordde la Cite ; il aboutit, du cöte du nord , aux quais de Gevres et de laMegisserie, et du cöte du midi, au marche aux fleurs et au quai del’Horloge.

On u’entrait ancicnnemenl dans Paris que par deux ponts de bois,appelcs simplement le Grand et le Petit-Pont. Le premier est celui quel’on connul depuis sous le nom de Pont-au-Change. Dans l’origine,et longtemps apres , ce pont n’etait qu’en bois. Louis VII y etablit lechangc en 1141, par des lettres donnecs ä Fontainebleau , la cinquicmeannee de son regne, et dans lesquelles on lit ces mots : Notum facimustarn fiiluris quam iustanti/ius, quatinus camritum nostrum Parisiissuper magnum ponlcm in pe.rpe./uuin manerc statuimus. Vient ensuitele defense de faire le change ailleurs, et Retablissement du droit de■ v in"l sols, qui devaient etre payes annuellement par chaque changeur.De lä ce pont fut nomme Pont-aux-Changeurs. Les orfevres en occu-paionl un cöte dans cinquante lörges, et les changeurs l’aulre, dans cin-quantc-quatre changes dont il ne restait plus qu’un en 1779. — Auxi' siecle, ce pont etait parlie en pierre et parlie en bois. Les graudesinondations l’ayant empörte plusieurs Ibis, il fut rebäli successivementplus ou moius pres de l’endroit oü on le voit aujourd’hui. Il etait depierre en 1296, lorsqu’une nouvelle inoudation, plus terrible que toutescelles qui avai nt jamais eu lieu jusqu’alors , renveisa le Grand et lePetit-Pont avec les maisons et nmulins qui etaient dessus. Reconstruiten bois , le Pont-au-Change fut consume le 24 oclohre 1621, par l’in-cendie qui eclata sur le Pont-Marchand , dont il n’etait separe <pie parun espace de 10 m. : le feu etait si violent, que les deux ponts furentbrüles en moins de trois heurcs et s’ecroulerent dans la riviere. Oncommeni^a sa reconstruetion en pierre en 1639 , et il fut acheve en1647, le 20 octobre , aux frais des proprietaires incommutables desmaisons qui etaient bäties sur ce pont.

Les oiseliers vendaient autrefois des oiseaux de tonte espcce, les di-manches et letes, sur le Pont-au-Change, alors appelc Pont-aux-Oiseaux.Cette antorisation leur avait ete accordee tres-ancienuement, ä la condi-tion de donner la volee ä deux cenls douzaines d’oiseaux au moment oüles rois passaient sur ce pont le jour de leur enlree triumphale. Leschangeurs et les orfevres succederent aux oiseliers, qui s’etablirent surle quai voisin, oü Fon en voit encore quelques-uns.

Au hont du Pont-au-Change etait un monument compo.se de trois sta-tues de bronze de grandeur naturelle , representant Louis XIV ä l’äge