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YILLE DE PARIS. — NEUYIEME ARRONDISSEMENT. — N° 33. QUARTIER DE E ILE ST-LOUIS.

I.e Pont-Marie, enticremcnt bäti en pierres de taillc, a cinq arches enplcin cintre; il a 100 rn. de longueur sur un peu plus de 25 m.de large.

Le pont ou passerelle de la Cite, situe sur le bras de la Seinequi separe l’ile St-Louis de la Cite, etablit une commuuication eutreees deux iles. Marie et ses associes , qui avaient obtenu Fentreprise decoim ir de maisons l’ile Notre-Dame et l’ile aux Yaclies, commencerenteu 1617 la construction de ce pont, qui lut longtemps suspeudue parune grave et longue Opposition clevee par le cliapitre de la cathedrale ,qui se desista eufiu de ses pretentions moyennant une indemnite derinquante mille livres. Sauval dit que le sieur de la Crange, avant etesuhstitue a Marie, recut en 1624 raUgnement de ce pont, mais ques’etant desiste de son entreprise, ce ne lut qu’en 1642 que les habitantsde File, substitues aux droits des eutrepreneurs , en acheverent la cons-truction. On estfondeä croire cependant qu’un pont avait ete construiten cet endroit anterieurenient ä 1642. Les memoires du tempsrapportenteu elTet que, le 5 juiu 1634, trois processions passant ensemble sur cepont pour se rendre a Feglise Notre-Dame, occasionncrent une si grandefoule, que deux balustrades du cöte de la Greve furenl rompues, ctque le pont lui-meme fut sur le point d’etre enfonce. Ce pont portaitalors le nom de pont de Bois; en 4709 il fut si fortemenl endommagcpar les glaces, qu’on fut oblige de le detruire entierement. Un nouveaupont en bois remplaca Fanden en 1717, et corame il ful peint en rouge,il prit le nom de pont rouge , qu’il a conserve jusqu’ä sa constructioneu 1804 *, ce dernier , dont la pile centrale etait eu pierre et les arcbesen fer, a ete remplace en 1842 par une passereile suspeudue eu lii deler, n’ayant qu’une seule travee.

La passerelle de Constantine , qui etablit une comnumicationeutre les quais de Bethune et de St-Bernard. Cette passerelle, com-mencee en 1836 et livree ä la circulation au mois de janvier 1838,est suspeudue en fil de fer , et se compose d’une travee de 102 m. et dedeux demi-travees de 23 m. Ellea recu le nom de Constantine, en Sou-venir de la prise de cette ville par l’armee franraise le 13 octobre1837.

La passerelle de Damiette , qui etablit une commuuication entreles quais d’Anjou et des Celestins. Cette passerelle, coustruite ä lameine epoque que la passerelle de Constantine, est suspeudue en fil defer et se compose de deux travees. Sa denomination rappelle la prise deDamiette par le general en chef Bonaparte.

VARIETES HISTORIQUES ET BIOGRAPIIIQUES.

L’ile St-Louis. Jusqu’au conimencement du xvn° siede, File quiporte aiijoiird’bui le nom d’ile St-Louis ne fut qu’un terrain inliabitedivise en deux parties par une brauche de la Seine , coulant ä peu presdans la direction ou se trouve la rue Poulletier : la premiere partie senommait File Notre-Dame, parce qu’elle appartenait au cliapitre de lacathedrale; l’autre portait le nom d’ile aux Vaches. Des Fan 1600,Nicolas Lejenne , maitre couvreur, qui avait son atelier a Fextremiteorientale de File Notre-Dame, y fit bätir une maison, la premiere quiait ete coustruite dans cette ile; peu apres i! eleva dans ce meine en-droit, ä cötc de sa demeure, une pelite ehapelle ou il faisait dire lamesse les dimanches et fetes, et sur l’emplacement de laquelle on cous-truisil plus tard Feglise St-Louis. En 1614, Christophe Marie, entre-preneur des ponts et chaussees, associe au tresorier des Ccnt-SuissesRegrattier, et au commissaire des guerres Poulletier, obtint la conces-sion de File Notre-Dame et de File aux Vaches, sous la condition decombler le bras de la Seine qui les separait, et de faire batir, dans Fes-pace de dix annecs , un pont de communication entre l’ile Notre-Dameet le quai des Ormes, couvert ä droite et a gauche de maisons uniformes,de revelir de quais lesdites lies et de faire construire des maisons surtonte leur surface, selon un plan qui avait ete comenu. Marie com-meuea par la construction du pont qui porte encore aujourd’hui sonnom. En 1623 les travaux commences par Marie, et qui etaient loin deleur lin , furent continues par Fentrepreneur Gilbert, repris par Marie

f et ses associes en 1627, et achevcs en 1647 , sous la conduile d’Heberlet de quelques notables habitants de File.

Une ceinture de pRupliers enlourait File Notre-Dame, dont le soln’etait qu’un gravier uni. Celle ile servait ([uelquefois de iheatre pourde grandes coremonies civiles ou religieuses. En 1313 le roi Philippe leBel v donuade brillantes fetes pour la promolicm de son ills le roi deNavarre au grade de Chevalier. Edouard II, roi d’Angletcrre, se trouvaä cette fete avec son heau-pcre et son beati-frere; les trois rois et plu-•sieurs gvands seigneurs de leur eour y reeurent la croix des mains dulegatdu pape, quoiqu’il n’y ent chezeuxni projet. ui desir de commeu-eer une nouvelle croisade. L’ile St-Louis est completement environ-nee de quais en pierres de taille garnis de beaux parapets. Les maisonsqui hordent ees quais sont toutes d’une belle construction. La plupartsont des hbtels autrefois habiles par des membres de cours souveraines :pres de irente conseillers de la seule cour des comptes et divers autresmagistrats de diverses cours y avaient leur; domieile en 1749. L’ileSl-Louis est depuis une epoque tres-reculee un quartier de Paris qui sedistingue par une physionomie et des imeurs exeeplionnelles, et qui aconserve jusqu’ä nous quchpie chose du calme , de la simplesse et dela vieille caiuleur des proviuees.

Rue St-Louis, n" 2, ä l’angle forme par la rue St-Louis et le quaid’Anjou, est F hotel Lambert, hätie au conimencemenl du regne de \Louis XIV par Nicolas Lambert de Thorigny, president de la seeonde 0clianibre des requetes au parlement de Paris, sur les dessins de Levau.

— Non coulent de parer ce palais de toutes les gräces de Farcliiteclure,

M. Lambert de Thorigny voulut. aussi Fenibellir avec les ehefs-d’cuuvrede la peinluro et de la sculpture.

A Fepoque oii M. de Thorigny courul le projet de se bätir une viliadelicieuse au sein memo de Paris, deux artisies, deux peintres celcbres,Lebrun et Lcsueur se disjiutaient la couronne de gloire, que la poslmtoa depuis lors partagee genereusement entre enx. M. Lambert deThorignvleur ouvrit les salons et lesgaleries de son hotel, et il les leur livracommeune arene ou ils durent lulter de talent el de genie. — Francois duPerrier et quelques autres peintres furent eharges de travaux secondai-res; enfin Gcraud A'an-Oslad (1’Anvers, sculpteur habile, enroula desenfants, des aigles et des trophees dans des guirlamics de sluc qui cou-raie.nl autouv des trumeaux et le toug des croisees de la galevie.

Pendant la possession de M. Lambert de Thorigny, Fliotel lut unepetite merveille, respirant partout le luxe, le bien-etre el le bonheur.

— I ne porte fort elevee en annonce Fontree ; ies butimeuts du pourtourde la cour sont d’ordro dorique ; le perron qui fail lace ä la porte d’en-ti-iv conduil au grand escalier oü commenceiit deux rampes par les-quelleson nionte aux apparlements qui sont magni(i(|ucs. Tons les ap-partements etaient decores de peintures, dont ime partie a ete vendue äla mort d’un des demiers proprietaires, M. de la Haye, ou enlevee äFepoque de la revolution. Il ne reste plus guere que des fi'agmeuts desdem res de’Lesueur. L’or et la sculpture hrillent dans toutes les partiesde ia belle galerie du secoud etage decoree par Lebruu, dont Font reeest ducoree de deux colonnes coriuthiennes. Les travaux (Fllereule sontrepresentes dans les cadres du pourtour; le combat du heros avec lesCentaures, son apotheose, son hymen avec Hebe, les apprets de la l'etenuptiale, occupent tout Fespace du platond. — ll faul aller jusqu’aux \combles pour irouver le joli eabinet dit des Imins ou de Voltaire, dont le ’platond et lous les ornemcnls ont ete peints jiar Lcsueur. ll serait dilli-eile d imagiuer une retraite plus paisible et plus elegante ; eile reeoil lejour par une ienetre qui sert d’entree sur une terrasse demi-eirculaire.qui domine le jardin, les deux bras de la Seim^ ct jonil d’un vaste liori- ;zon. Les autres teuvres de Lcsueur n’onl pas eu autant de Iionheur queoi'lles de Lebrun ; en vuin le Raphael franeais a-l-il passe neul auueesconsccutives ä peindre lesappartements de l’hötel Lamliert, ses tahleauxpleins de eharme ont subi les atleintes du temps , ou bien ils ont eievendus et disperses. De toutes les snlles qu’il avait ornees, entre autresle sulon de FAnwur, le cuhinet den Muses, ['nppartkmcnt des Buins,

Vescalier et YanticBamBre ovale du premier etage , il n’y a plus aujour-d’hui que les trois dernieres qui n’aient pas eie depouiUoos des ouvragesdu grand arliste. — Les peintures du snlou des Amours et eelles du ca-