VII,LE I»E PARIS. XF.l’VIEME ARRONDISSEMENT. — X“ 34. QUARTIER DE I/IIOTEL I»E VILLE.
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du 10 aoi'it, (laus lacjuelle Petioit n’etait plus maire (pie nomiiialemcnt,tnndis (pie le peuple dominait eil realile ; puis, aprcs la convocation dela couvention nationale, commune de transition, a\ant Chambon pourmaire; puis, aprcs la defaite des girondius, nouvelle commune popu-laire, exageree, dirigee par Fache en qualite de maire, Chaumette enqualite de procureur, et Hebert de substitut; puis enfin, commune de-mocratique encore, avant Fleuriot pour maire, marchant d’accord avecle gouvernement, tant que les mcmbres qui le composent sont uuis eutreeux, et linissant par succomber avec les triumvirs dont eile avait epousela cause. — C’etait alors uue foiictiou bien perilleuse que cellc demaire de la commune de Paris; des cinq magistrats qui la rempli-reut, trois pavereut de leurs jours ce funeste honneur : Bailly, Petionet Fleuriot.
Apres le 9 thermidor, la eonventioa nationale, sur le rapport descommissious de sürele generale, de salut public et de legislation, decrete,le 14 l'ructidor an n, d’apres l’avis de la majorite des sections, que lacommune de Paris sein administree par des eommissions nationalesnommees par la Convention; il en lut ainsi jnsqu’en l’an iv, epoque dela Creation du directoire. La ville de Paris fut alors divisee en douzemunicipalites, dont l’administration fut confiee au departement de laSeine, compose de sept administrateurs. La loi de pluviose an vru subs-titua ä ees administrateurs douze maires et deux prefets, Tun Charge del’administration du departement, et l’autre de la police. Sous l’empireet la restauration , au mode electoral succedereut les nominations arbi-traires. « Ainsi disparut, dit M. Henrion de Pansey, dans la ville deParis, jusqu’aux truces du reginie municipal. » Le premier prefet de laSeine fut M. Fruebot; il a eu pour successeurs MM. de C.babrol, Alex,de la Borde, Odilou Barrot, de Bondi et Rambuteau.
L’annee 1830 sera inscrite comme une des annees les plus celebresdans les l'astes de l’bötel de ville. Le premier fait d’armes de la journeedu 28 juillet fut la prise du poste militaire de cet hdtel, par des ouvriersa peine armes de sabres, de mauvais fusils et de pistolets rouilles ; dansle cours de cette journee, ce poste fut le theätre le plus sanglant de l’at-taque et de la defense. Les patriotes le defendirent avec un courageheroique contre deux regiments suisses, le 3' de la garde , un escadronde lauciers, un escadron de cuirassiers, un grand nombre degendarmes,soutenus par quatre pieces d'artillerie qui faisaient un feu terrible.Nous n’oublierons jamais cette epouvanlable lusillade et ces decbargesd’artillerie, qui durerent douze heitres, et pendant lesquelles la place deGrevc fut prise et reprise plusieurs fois. Les delenseurs de la liberterecevaient des ronforts par divers points : l’arcade St-Jean. les rues dela Tixerandcrie, du .Mouton, de la Vannerie, de la Mortcllerie, les quais,et par le pont suspendu. Pendant un moment les munitions nianquerent,et l’on n’aurait pas reussi a defendre ce point important si on ne s’ctaitempare d’une poudriere pres le jardin des plantes. Au moyen de petitsbateaux qui descendirent vers la Grcve, on amena des barils de pouilrc,des bailes, des carlourhes aux combattants, qui commencaient a se de-courager. Vers les trois heures, une troupe de braves arrive par les quaisde l’Arcbevecbe au secours de ceux de la Oreve ; mais ils sollt nrretes äl’entree du pont suspendu par le feu de rennemi. Le passage de ce pontcoiitait beaucoup de monde : crible par la mitraille de rennemi dont ilporte encore les traces , on hesitait a le franchir. Alors on voit snrtirdes rangs un jeune bomme de dix-sept ans portant un elendard trico-lore: « Mes amis ! suivez-moi, dit-il, je vais vous montier comment onbrave les feux de rennemi. Si je succomhe , je m’appelle d’ArcoIe... »
Il court, s’elance et va planier sur le milieu du pont ee signe de ral-liement a la vue de ceux qui le defendaient: au meine moment il tombefrappe du plomb inortel! Mais l’exeinple est donnc , le pont est Irancbiet la colonne victorieuse entre au pas de Charge sur la place de Oreve,aux cris de : Yive la liberte 1 Gloire ä d’Arcole I Le vocu de ce noble ci-toven a etc exauce : son unm est impose au pont dont on Ini doit laconquete. — La lusillade et la canonnade cesserenl il l’liötel de ville versles dix heures du soir. Le duc de Ilaguse , s’aperrcvant (pie les forcespopulaires devenaient trop lormidables pour penser a leur resister, etconvaincu de l’inipossibilite de se soutenir plus longtemps dans lesquartiers popnleux , profda de la nuit pour faire relirer ses tronpes :vers b“ quartier des Tuileries. Les soldats etaient barasses de fatigue, |
et extenues de besoin; plusieurs regiments de ligne avaient refuse detirer, et sur plusieurs points la troupe avait fraternise avec les ci-tovens; la garde royale elle-meme ctait lasse du role qu’on l’avaitcondamnee ä jouer; plusieurs officiers envoyerent leur demission. Lesoleil, eu se coucliant, vit les patriotes vainqueurs sur tous les pointsoii ils avaient combattu. Le 29 , la bitte recommenqa ä quatre heuresdu matin sur plusieurs points de Paris eloignes de l’bötel de ville. Ce-pendant le besoin d’un centre de direction se faisail fortement senlir ;le nom du general Dubourg, frequemment prononce dans les aclions dela veillc, oii il avait dirige de son bras et de ses conseils quelques opera-tions, donna ä plusieurs gardes nationaux l’idce de se rendre aupres delui pour rengager ä se mettre ä leur tele et ä prendre provisoirement lecommaudement de Paris. Le general Dubourg cede ä leurs instances, serevet du premier habil, d’ollicier general qui lui est presente, rassemblecinq ou six mille hommes determines, et les entraine de la place de laBourse a rbdtel de ville, oii le general se compose un etat-major quifut, ä vrai dire, le premier gouvernement provisoire. C’esl de ce pointcentral qu’il prescrit des niesures pour la Conservation des caisses pu-bliques et des proprietes particulieres, pour le meilleur emploi des cou-rages ct la meilleure direction de l’attaque et de la defense. Par ses ordreson se porte ä l’ecole polytecbniipie, on appelle il la delivrance de la pa-trie cette jeunesse instruile , amie des lumieres et de la liberte; etsoudain la foule guerriere, donnant le signal d’une obeissance passive,les prend pour eliefs et recoit leur commaudement avec docilite. Cesont eux qui parurent dans presque tous les quartiers ä la tete de rinsur-reelion ; qui regulariserent des mouvements beroiques, mais desordon-nes; qui leur imprinierent cet enseinble, cette vie, cet accord qui assu-rent la reussite.
Pendant (pie ces evenements se passaient sur ce point, M. Calliud’Orsigny, voyant qu’on hesitait ä prendre un parli, fit allicber de sonautorite privee, et publier dans les journaux, que lesdeputes reunis ilParis venaient denommer un gouvernement provisoire, compose du ducde Choiseul et des generaux Lalayette et Gerald, et qu’ils avaient or-donne la reorganisation de la garde nationale. Scconde par MM. Pages,Fessart, et par plusieurs autres olliciers de la garde nationale, il parvintpromptementa rcunirune force süffisante, qui fut immediatement dirigeesur rbdtel de ville, oii depuis le matin commandail le general Dubourg.Une commission fut alors nommcc pour aller oll'rir au general Lalayettele comniandemeut de la garde nationale, de mareber il sa tete et de pro-clamer le gouvernement provisoire. Cedant au \ccu de ses concitoyens,le general Lalayette aecepta et se mit ä la tete de la garde nationaleparisienne. Au meme instant, le general Gcrard s’nlfrit pour dirigor lesoperalions actives, et le general Pajol demauda a eombattre sous sesordres. On delibera eiisnite sur la nomination d’une commission muni-ciptde qui scraitchargce de pourvoir ä tout ce qu’exigeait le salut de lacapitale, dans la Situation violente oii eile se Irouvait placee par l’ab-seuce de tout gouvernement. Cette commission fut conqiosee de MM. Ati-dry de Puvraveau, Gcrard, J. Lallilte, Casimir Perier, Lobeau, Mauguiu,de Schonen, Odilon Barrot. — I,e general Lafayctte parlil sur-le-eb;impavec la deputalion pour l’bötel de ville. Il est impossible d’exprimer lajoie que ressenlirent les citoyens lorsipi’ils surent que le general La-fayelte, dont le nom seid l’aisait ptilir les ennemis de la liberte prenaitle coniinandement de la garde nationale. Tout le monde s’embrassail, sefelicitail; c’etait un delire, une ivresse universels. Le lieros des deuxniondes fut porte en triomphe jusqu’ä Tbdtel de ville, dont le generalDubourg s’empressa de lui remettre le commandemeut. Il adressa aussi-teit aux Parisiens la proelaination suivanle :
« Paris, lo 2 t) juillet i83o.
» Mes diers conciloyens et braves camaradcs!
>> La eonliancc du peuple de Paris m’appeüe encore une fois au com-mandenu'iit de sa force . J’ai aceeple avec devouement et avec
joit* les devoirs qui me sont midies ; et, de meme qu’en 1789, je me sensfort de Papprol)ation de mes houorablos eo!lei;ues aujourd’liui reunis aParis. Je ne i’erai point de profession de toi: mes Äeutimenls sont eonmis.La conduite de la population parisienne dans ces derniers jonrs d’e-