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VILLE BE PARIS. — NEUVIEME ARRONDISSEMENT. — N° 34. QUARTIER DE I/IIOTKL BE VIELE.

s’y soustraire, se procurerent des sabres, des pistolets, de la poudre,descendirent apres la garde retiree chez le geölier, et voulurent le con-traindre a les laisser sortir. Celui-ci, ayant appele du secours, rccut uncoup de pistolet dont heureusement il e'ita la balle, l'orces alors de re-monter daus leur chambre, ils s’y barricaderent et mcnuccrent de fairesauter la prison si on ne leur accordait leur liberte. Obliges enfin de serendre, ils furent eondamnes a etre rompus vifs et subirent ce supplieeavec courage; jamais raflluence des spectateurs n’avait ete aussi cou-siderable.

Le 28 aoüt 1788, un attroupement qui avait mis en fuite le matin lecommandant du guet sur la place Dauphine se porta le soir sur la placede Greve, oii des troupes, que l’obscurite empechait d’apercevoir, firentune decharge sur ces liommes, plus turbulents qu’oflensifs; plusieurstomberent blesses ä mort, et leurs corps furent jetes pendant la nuitdaus la Seine.

Le 19 levrier 1790, Thomas de Mahy, marquis de Favras, condamnea etre pendu par arret du Chatelet du 18 levrier, apres avoir lu lui-merne ä haute voix sa sentence sur la place du Parvis-Notre-Dame, futamene dans un tomhereau sur la place de Greve pour y etre execute. IIdemanda ä s’arreter un instant ä l’liotel de ville, esperant jusqu’au der-nier moment que sa gräce lui serait accordee, en repon.se a un messagequ’il avait envoje a Monsieur (depuis Louis XVIII), qui ne lui reponditpas. II dicta son testament avec force et energie pendant qualre heures,et fit corriger avec beaucoup de presence d’espril les incorrections de styleet les faules d’orthographe. La nuit ctant venue, on distribua des lam-pions sur la place et on en mit jusque sur la potencc. Favras descenditde l’hötel de ville d’un pas ferme. Conduit au lieu fatal, apres avoirmonte le troisieme echelon, il fit signe qu’il voulait parier. Le plusgrand silence ayant regne autour de lui : Braves et genereux ciloyens,s’ecria-t-il, je vais paraitre devant Dien, je ne suis point suspect dementir dans cet instant affreux : eli bien ! je vous jure, a la face du ciel,que je ne suis point coupable et que vous versez le sang de rinnocent!Priez I)ieu pour moi! La foule fremit, et le hourreau en pleurs dit ala victime : « Criez plus fort, qu’ils vous entendent! » Trois fois Favrasprotesta de son innocence en montant les funestes echelons; parvenu auhaut de l’echelle : « Executeur de la justice, dit le malheurcux, Fallesvotre devoir!... •» Il fut pendu et son cadavre dcpose ä St-Jean enGreve. Ainsi perit Favras, victime de sa confiance dans un prince qui,quelques jours avant, etait venu le renier ä 1’liutel de ville, au milicudu beau monde, qui se plaignit d’avoir achete par uneionge attrnte leplaisir dele voir suspendu ä une enorme potencc. Sa veuve, qui etaitune princesse d’Anhalt-Dessau, epousa en secondes noces un bouchcrde la rue d’Orleans-Sl-Honorc, et pendant longues aimees presida elle-menie ä la distribulion de la viande a ses pratiques.

Le 25 avril 1792 se fit, sur la place de Greve, la premiere experiencede l’inslrument de mort appele guillotine, imaginc par le medecin Guil-lotin et perfectionne par M. Louis, secretaire perpetuel de l’academicde Chirurgie, sur un nomme Nicolas-Jacques Pelletier, condamne comracvolenr et assassin.

Le 23 octobre 1792, on y exccuta neuf cmigres pris les armes a ia main.

En 1793, l’echafaud fut transporte sur la place Louis XV, qui pritalors le noin de place de la Revolution : il y resla en permanence durnntl’epoque de la terreur, fut translere sur la place St-Antoine le 21 prai-rial an n (21 juiu 1794); cinq jours apres il fut etabli a la harricre duTrdne, remis sur la place de la Revolution pour l’exeeulion de Hobes-pierre, puis retabli enfm sur la place de Greve par un deeret de laConvention du 20 messidor an in (8 juillet 1795). Depuis lors cetteplace eut le triste privilege d’etre exclusivenient consacree aux execu-tions capitales, et eile le couserva sous Pempire et la restauration.

Le 11 pluviöse an ix (l pr fevrier 1 SOI), Domerville, Arena, TopinoLebrun et Ceracchi, eondamnes ä mort pour avoir ronspirc contre larepubiique, furent executes sur la place de Greve.

Le 6 messidor anxu (26 juin 1805), Georges Cadoudal, L. Ducorps,Picot, Coster St-Victor, Deville, Joyaut, Burban, Mercier, Lelan, P.-J.Cadoudal, Merille et Rover, convaincus de conspiration contre la repu-biique et d’attentat ä la vie du premier consul, furent executes sur laplace de Greve.

Le 28 juillet 1816 , Pleignier , Corbonneau et Tollerem , aceuses decomplicite avec les patriotes de 1816, furent executes sur la place deGreve, a huit heures du soir. — Lorsque les eondamnes parlirent pourl’echafaud, ils etaient nu-pieds, revetus d’une gründe chemise blanche,et la löte enveloppce dans une espcce de eapuchon noir. Tont ce queFon raconte des supplices de rinquisition, du san-benito, et des formeslugubres de la vieille Espagne, n’avail pas une apparence plus sinistre .on se serait cru au temps des execulions judiciaires des sicclcs de labarbarie. — Tous trois marcherent au suppliee avec courage. Apresqu’ils eurent entendu leur arret au pied de l’ccliafaud, ils en monterenlrapidemenl les degres. Corbonuenu tendil son poignet avec resignation al’execuleur, qui le trancha d’un seul coup; Tolleron posa le sien sur lebillot, en disant: « Coupe celte main, qui a defendu la palrie.» Pleignierfit d’abord quelques diflieullös pour se soumeltre ä cetle cruelle Opera-tion, et finit par s’y resigner.

C’est aussi sur celte place que furent executes, le 24 aoiit 1822, lessous-ofliciers Bories, Pomier , Raoux et Goubin. Sous la haclie duhourreau, tous quatre cricrent '• « Vivo la liberte! » Ku se rappelantla mort stoique de ces qualre jeunes patriotes, on se deinande commenfil a pu se rencontrer douzc hommes ayant le litre de jures, capahlcs deprononcer un verdict qui envoyail ä la mort quatre de leurs conciloyensdont tout le tort etait de ne pas penser comme eux. Cela s’explique,toulefois, lorsqu’on se rappelle qu’il y avait a cette epoque une terreurorganisee, dont il etait impossible de ne pas subir l’inlluence. Les coursprevotales des deparlements, les assassinats du Midi, les banuissementsde l’intericur et. les echafauds de Paris , signifiaienl en ellel quelquechose. Qui pourrait dire n’avoir pas tremblö alors devant les servantesde la restauration, les danseuscs du rond des Tuileries, les virago dumouchoir blaue, qui uuraient bien valu, si 011 les eul laissees continuer,les tricoteuses de la Convention. — Los croisees du pourlour de la placede Greve etaient louees a des royalistes, et des sieges avaient ete dispo-ses a celles de l’holel de ville pour des dames de la cour, qui desiraient.voir venger la royaule. Quand la dernieretete lomlia, on entendil pro-lerer autour de la machine les acelamations prolongees de J'h'e le roi!vivent les liourbons — Huit ans apres, plus de dix mille ciloyensde Paris vinrent faire sur eettc meine place une procession civique enrhonneur de ces infortunes jeunes gens.

Apres la revolution de juillet, 011 s’est determiue a eloigner de rinte-rieur de la ville le sanglant speclacle des execulions. La place de Greve,sanctifiee par le courage du peuplc pendant les trois jouniees de juillet,ne devail plus d’ailleurs voir couler le sang des criminels. On dressemainteuaut l’instruinent de suppliee au rond-point de la barriere St-Jacques.

Rue de Jouy, n“ 9- est Fhotki. d’Aumont, ouvrage de FrancoisMansard. La fa^ade du edle du jardin est Ires-bellc. O 11 y voit un beauplafond peinl par Lebrun, represenlant l’apotheose de Romulus.

Rue des Barres, n" 4, esl Tnorrr, Chauny, ou demeurail Louis deBourdon ou de Bosredou, nimmt de la reine Isabeau du Baviere, queCharles VI fit cnlenner dans uu sae et. jeter dans la Seine, avec cettet ' • Jmisscz fxtsser la justice du roi.

Dans cet hötel siegeail en 1794 le comite civil de la seclion de lacommune de la ville de Paris. --- C’est la que fut translere sur unechaise, le 10 thermidor, a deux heures du matin , lc citoyen Robes-pierre jeune, depute a la convenlion nationale, qui s’etait precipitevolonlairemenl d’une des croisees de la maison commune. Il etait dan-gereusement blesse et presque saus vie. Apres avoir ete panse par lecitoyen Pellard, chinngien denliste , assisle de l’apothicaire Peigue, illut translere au comite de salut public, par ordre de trois inemhres dela convcntion, dont un laisait fonclion de commandant de la force ar-mee de Paris.

L’hotel de Charny a ete en partie demoli lors du pereement de la niedu Pont-Louis-Philippe.

Le eouvent des vuxks m: i.v Croix , fonde en 1664 et supprime en1790, etait situe rue des Barres.

Pres du «mktikrk St-Jfax en (Irkvk, etait !e riebe hotm. nr. Craon.