VILLE DE PARIS. — NEUVIKME ARRONDISSEMENT. — N° 35. QUARTIER DE LA LITE.
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Homicides hommes. 3
Homicides femmes. 2
Morts subites ou par nialadies.. 45
JBlessures, accideuts suivis de mort. 70
Suicides liommes. .. 134
Suicides fern nies., . . . . 35
Ce lugnbre monument fut temoin, dans la soiree du 30 juillet 1830 ,d’un triste et funebre spectacle. Au bas de la morgue, un grand bateausur lequel Üottait un drapeau noir, recut les cadavres de eenl vingt-cinqvielimes qui avaient succombe la veille: on les deseendait sur des civieres;^uelques-uus etaieut daus des bicres, les autres tont nus; on les rangeaitl )( >r piles, on les cotivrait de paille et on parsemait le bateau de chaux'* Ve pour ralentir les progrüs de la putrefaetion. On y voyait des enlantsdt dix ä douze ans, des lennnes, des vieillards. La foule qui bordait lesparapets sur les deux rives de la Seine, muelte et silencieuse en contem-plant cette l’uneste cargaison de cadavres, paraissait glacee d’boneur.Du milieu de ce silence de la inort partaient des cris de douleur et deviolentes imprecalions contre les execrables auleurs de taut d’assassi-uats. C’est en soulevant !e voile qui couvre ce sombre tabieau, queM. Bernard s’est ecrie du baut de la trilnme nationale, avec Paccent dela plus profunde iiidignation : « La legitimite est enlerree sous ces mon-eeaux de cadavres. » Ce lunebre bateau fut conduit vers le Champ-de-Mars, ou les restes de ces braves patrioles i’urent provisoirement inlm-mes. Sur la terre qui les a reeouverts jusqu’ä Pepoque oü ils out etetransferes sous la colonne de Juillet, on avait place une simple croix debois portaut PinsA’iption suivante :
. apres les conseillers Larcher et Tardif. — Le lendemain dimanche, lesI corps de ces trois magistrats furent pendus en cliemise, ä trois poteaux,
I sur la place de Greve, avec ces trois ecrileaux : Bartiahe ßrisson, 1‘unj des chefs des traüres ct heretiques; Claude Larcher, Vun des fau -i ieurs des traitres et heretiques; Claude Tardif, Vun des ennenus dej Dien et des princes catholique.s. Trois semaines apres, quatre membresj du couseil des Seize euveut le meine sovi par droit de repvesaiHes. —
: Des Iettres patentes du 22 avril 1769 ordonnerent la suppressiou du Petit-i Cbatdet, dont Pentieie demolition fut opcree eil 1782. Sur son empla-j cement, ou a agrandi les Mtiments de 1’lIotel-Dieu , el elahli la placedu Petit-Pont.
Le pont St-Charles. C’est un pout couvert d’une galerie vilree,qui commuuique des bätiments de l’Hdtel-Dieu a la salle St-Charles.
Le Pont-au-Double, communiquant du quai de l’Archeveche. auquai de Moutehello. II a ete conslruit eu 1634 ; les maisons dout il etaitsurcharge out ete ahattues en 1335.
VARIETES HISTORIQUES ET BlOGRAPHIQUES.
Rue d’Arcole, n" 15, etait l’eglise St-Pierre auxBüecfs, suppri-mee en 1790 et demolie enlicremenl lorsque Ton perca la rue d’Arcole.Pour couserver le Souvenir de l’einplaeement de cet ancieu edilice, ouincrusla au -dessus de la porte de la maison qui a remplace l’eglisecette iuscription :
Sur cct oniplaocment tut autrefois IVgllsc St-Picrre au\ llueufs, <lont on Jgnorel’urigine, mais <jui ovistait dejä en n36, demolie cn i83^.
A la memoire des Francois morls pour la liherteles 27, 28 el 29 juillet 1830.
PIIANCE , niS-.MOl I.KUHS KOMSJ JE n’kN VOIS POINT PAI1AITRKSOU CE VlNlvDItE MONUMENT?
- ILS ONT VAINCU SI PROM PTBM ENT
ÜUK j’ETAIS MURE AVANT DE LES CONNAITRE !
Le Petit-Pont, cunimuniquant de la place du Petit-Pont ä la rue dela Cite. Sous la doinination roniainc, il exislait en cet endroit un pontnommc Petit-Pout pour le distinguer du Graud-Pont (aujourd’hui Ponl-au-Cliange). Eu 1185 , il fut rehäti en pierre, empörte par une inonda-tion en 1196, retabli eu 1206 , empörte de nouveau en 1280, 1296,1325, 1376, et 139:1. Recoustruil en 1406, il fut empörte par les eauxpour la septietne fois , retabli en 1409 , et restaure en 1649 ,1631 el1658. — Eu 1718 , ce pont el toutes les maisons dont il etait couvertiurent detruils par un incendie occasionne par deux bateaux de foinenflammes qui s’arreterenl sous une arclie de ce pont , qui lutconsume en fort peu de temps aiusi que les maisons tpii le couvraient.La meine amiee, on le rebälit en pierre, mais saus maisons dessus. Ilest compose de trois arclies a plein cintre de 6 nt. 40 e. ä 9 m. 70 e.d Ouvertüre.
Lei abords du Petit-Pont elaient defemlus par le Petit-Chaiei.eI orteresse conslruite, en bois daus l’origine, detruile par l’inoudatioii <1296, el reeonstruite eu pierre en 1398. Sous Charles VI le Petit-Ch;lelet fut converli en pvison, et alYecle en 1402 au lügement du prevde Paris. — Le Petit-CMlelet etait une porte de ville, du edle du PeliPont, comrae le Graml-Cbätelet l’ctait du röte oppose, ä l’epoque ouville de Paris n’avait d’autre etendue que l’ile du Palais. Robert le Pieteu avait i'ait une Iorteresse oü il renfermait ses tresors, exemple suivi pquelques-uns de ses successeurs; et notamment par Charles A\ a la moduquel ou trouva des richesses immenses, deposees taut au Petit-Chätclqu au ebateau de Melun.— Sous Charles VI, les cabocliiens, qui avait*prts parti pour le duc de Bourgngne, y extermiuerent, le 12 jiiin 141plus de quatre miUe personnes de cousideralion du parli des Armagnac— Le 16 novembre 1591 , par ordre du conseil des Sei/.e, le presideBnsson fut avrcVesurle Poui-au-Change, traine ignommieusement •Petit-(jbatelet, et conduit dans la chamlji'c du conseil, ou il trouva ipretre pour le confesser et un hourreau pour 1’etrangler. Il demamde quoi on Taccuse, et on lui repond par la lecture d’une senteuce quicoudamne ä mort. Aussitöt le hourreau le prend et l’etrangle*ä la fenetnieme de la chambre du conseil, ou furent aussi etrangles un momeiii.
Le portail tres-orne de St-Pierre aux Bueul’s , dont toutes les pierresavaient ete numcrolees, n etereplace contre l’entree occidentale de l’c-glise de St-Severin, oii il forme une porte digne de ce eurieux edilice.
On croil que c’est dans la rue St-Pierre aux Bunds, au c.oin du cul-de-sac Sie-Marine, que se trouvuil la prisou du cUapilre de Notre-Dumede Paris, ou les chanoines de cette eatbedrale avaient entasse inbumai-nemeut, vers i’an 1252, les habitants du vilJage de Cliatenay, quiavaient refuse de leur paycr une conlribulion nouvellement imposee.Ces mallieui'eux, hommes, feinmes, enlants, comprimes les uns par lesautres, exlenues par la chaleur, empoisonnes par Ieurs propres exhalai-sons, succombaient a Ieurs soullVances et auraient peri jusqu’au dernier,si la reine Blanche, instruite de cet acte de miaute , n’eut fall hriser laporte de la prison, d’oii sortirent tous ces malheureux, accables de souf-frances, deligures, el que la reine parvint Jaus la suite a allVancbir de ladoinination du cha^itre.
Rue du Haut-Moulin, au coin de la rue de la Cite, n° 1, etaieut Pc-glise et le prieure de St-Denis nii t.a Chatre, demolis en 1781. L’eglise,l’ondee en 1122 el dmmee aux moines de St-Marlin en J133, renfermaitune crypte oü Ton presume que samt Denis futinearcere.—L’enceinle duprieure etait un lieu privilegic oü les ouvriers pouvaient exercer leurindustrie et travailler pour leur eompte saus avoir besoin d’obtenir lamaitrise.
Au n u 11 etait l’eglise St-Svmphories , uommee ensuite St-Luc,lrätie en 1207 par Endes de Sully, eveque de Paris, qui donna pour saconstruction une grande place et une maison qui lui appartenait. En1704 eile fut cedee a la communaute des peintres, sculpteurs, graveurs,enluniiueurs de Paris, qui portait le norn d’aeademie de St-Luc. Acöte de l’eglise , supprimee en 1790, cette communaute avait etabliune ecole publique de tlessin , ouverte tous les jours ä cinq heitres dusoir. Avant l’etablissemeut de l’academie de peinture, cette ecole avaitproduit plusieurs peintres et sculpteurs celebres, parmi lesquels elaientPorlms, Simon Vouel, Sarrazin, Stella, la Hire, Philippe de Champagne,Fraucisque, le Sucur, leBrun, Mignard, etc.
Passage des Bamabites etait le eouvent de ce norn , supprinie en1790. L’eglise et le eouvent des Barnabites servirent d’atelier pour lalabrication des monnaies de billon, lesultant de la tonte des cloclies etdu produit des cuivres dus ä la suppressiou des eglises et sacristies deParis : l’abbc Roelion, de l’academie des Sciences, eilt la direclion decetravail. Plus tard les bätinients de ce monastere furent allectes au depöt
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