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YIIXE l>E PARIS. — XEUVIKME ARRONDISSEMENT. — N° 36. QCAKTIEIl DE EARSENAE.
Rue du Marchö-Neuf, n” 5 4 et 6, etait F eglise St-Germain ekVieux. C’etait originairement une chapelle baptismale de la dependancede Notre-Dame, oü lut dcpose le corps de St-Gemiain pour le niettrea l’abri des incursions des Normands. L’eglise, reconstruite eil 1458, aete supprimee en ] 790 et demolie peu de temps apres. On voit encoredans la cour de la maison n" 8 quelques vestiges de cette aucienneeglise.
La rue ou plutöt le quai du Marchö-Neuf etait antrefois fermee ducöte du Marche-Palu ; on Fouvvit en 1557, sons le regne de Henri II,on fit communiquer le Marche-Palu avec le Marche-Neuf, et des deuxonn’en fit qu’uu. Sous le regne de Charles IX, on y eonstruisit une halleau poisson, pour v piacer les diflerents marchnnds qui ötalnient presdu Petit-Chätelel. On lit cgalement ötablir ä chaque hout deux bouclie-ries couvertes; celle du cöte du Petit-Pont fut ahnttue vers 1760; laseconde, situee pres le pout St-Michel, existait a Fendroit oii on a placela morgue qui se trouvait autrefois dans Penceinte du Grand-Chatelet.Elle etait decoree d’ornenients sculptes par Jean Goujon, et on y lisaitcette inscription :
!\6gnanl
Charles neuTlemeroi de France.
M. IlLXVIH.
N° 56. QUARTIER DE l’aRSENAX..
Ci-devant section de VArsenal, et ensuite section de la Bastillc.
Les limites de ce quartier sont : la rue Contrescarpe en entier, laplace de ia Bastille a gauehe , la rue St-Antoine n°* pairs , la rue deFourcy n“® pairs, la rue des Nonandieres n ,,s pairs, le quai des Ormes,le quai St-Paul et la rive droite de la Seine jusqu’ä la rue Contrescarpe.- Superlicie 330,000 m. carrcs, equivalant a 0,010 de la superiieietotale de Paris.
Au nonibre des monuments exislants oudetmits dignes d’ötre men-tioimes dans ce quartier, nous citerons :
L’eglise St-Louis et St-Paul , situee nie St-Antoine , n H * 118 et120. La premiere pierre de cette eglise fut posee par Louis XIII en1627 ; eile fut achevee en 1641, mais eile ne fut dödiöe qu’en 1676.
Cet edilice, destine ä la maison professe des jesuites, a Ja forme d’uuecroix romaine, avec un döine sur pendentifs au milieu de la cruisöe. Leportail, place au-dessus d’un perron de plusieurs marclies, a 48 ni.sur une base de 24 m. . il est döeorö de trois ordres d’archileeture pla-ces Fun au-dessus de Fautre; les deux premiers sont d’ordre corin-thien et le dernier d’ordre composite. L’intörieur est decoiö d’unegrande quantite d’ornements de sculpture ; la chapelle de ia Vicrge estentierement ornee de marbre. Auprcs du maitre-autel etait döpose lecoeur de Louis XIII , dans un monument construit par le sculpteurSarrazin.
Le College Charlemagne occupe les batiments de l’ancicn Collegedes jesuites, construit sur l’emplacemcnt d’un grand bdlel eöde a ces re-ligieux par le Cardinal de Bourbon, en 1580.
Lors du siege de Paris en 1690, les habitants etant röduits, faute devivres, a Ia plus dure extremite, une xisite fut ordonnee !e 26 juin danstoutes lesmaisons desecclesiastiques, seculieres et reguliere*, pour reeher-elier les vivres qui pourraieut s’y trouver. Les jesuites tenterent saus sue-ces d’etre exeniptes de ces reeherehes. Lors de Ia visite qui fut faite dansieur maison, on trouva quantite de ble et de biseuit pour les nourrirpendant plus d’une annee ; benucoup de viaudes salees, des legumes, duloin, etc., etc., en plus grande abondance que dans aueune maison deParis. Le lendemain il fut ordonne par le conseil des Seize que les ee-clesiastiques doimeraient a manger une fois le jour aux pauvres de leurquartier.
Apres 1 expulsion des jesuites, leur College fut donnö aux clianoinesreguliers de la Cullure-Ste-Catherine. Deveim propriöte nationale en1790 , les batiments resterent saus emploi jusqu’a l'epoque oü on lesnflecta ä un des quatre Colleges creös par la loi du 1 er mai 1802.
L’6glise de la Visitation de Ste-Marie, rue St-Antoine, n° 216-Ce couvent a ete construit en 1628, sur l’emplacement de l’hotel Gosse.L’eglise, batie sur le modele de Notre-Dame de la Rotonde a Rome,fut achevee en 1634. C’cst une rotonde elegante et Tun des meilleursouvrages de Francois Mansard ; le dorne, qui s’öleve au-dessus du mai-tre-aulel, veprösente l’Assomption de la Vierge.-—- Le couvent de la Vi-sitation a ete supprime en 1790, et les batiments vendus a difförentsparticuliers. L’eglise a ete accordöe aux ealvinisles de la confession deGeneve. Le surintendant des (inances Fouquet y a ete inhunie.
L’hotel de Sens, siluö au earrefour des rues de FHötel-de-Ville,des Barres et du Figuier. Sens etait autrefois la melropole de Paris, etles preiats qui jouissaient de ce siege y possedaienl un hotel, que l’und’eux , Fareheveque Rcgnnrd, iögua u ses successeurs en 1309, et queGuillauine de Melun vemlit ä Charles V eu 1363 pour-agrandir l’hdtelSt-Paul. Les dilferentes parties de cel hotel avant eie aiiöneos sous Fran-cois L 1 , Tristan de Salazard, archeveque de Sens, (it conunenrer Ia cons-truction de l’hotel encore existant, qui ut achevö par le graml exacteurdes deniers publics, Antoine Duprat, archeveque de Sens. — L’hdtel deSens etait vaste et etendu. Le roi Jean y sejourna a son retour d’Angle-terre et y rendit un edit. relatif a la crcalion de plusieurs niotiuaies.— Lareine Marguerite, premiere fenime de Henri IV, a son retour du cha-teau d’Esson , vint loger a l’hotel de Sens. Elle avait amene avec eileun jeune page nomine Julien, qu’elle aimait tendrement. Le 5 avrii1606, uu jeune gcntilhomnu: du nmn de Vermond, jaloux des faveursde Julien, l’altendit un jour qu’il revenait a la suite de la reine, de Iamesse des Cölestins, et le tua d’un eoup de pistolel pres de la portiert*du carrosse de Ia reine. Vermond s’enfuil imiuediatcinent; mais etantassezmal monte, il fut pris dans le fauliourg St-Denis. La reine, outreede colere de la mort. de son favori, jura de ne lioire ni manger qu’onn’eut fait justice du meurtrier. Deux jours apres, cclni-ci eilt la totetranchee vis-a-vis l’hotel de Sens; ia reine assisla a son supplice, maisdes le soir menre eile quitta l’holel de Sens , el lit sermenl de n’y ja-mais rentrei 1 . — Le Cardinal Pelleve, ligueur inipitojahle, arclievequede Sens, mourut dans cel hotel en 1594, du saisisseinent que luicausa IVntree de .Henri IV dans Paris. — Les metropolilains de Senshabileren! cet hotel jusqu’en 1622, öpoque de rereclion de l’I'lglise deParis en areheveehe. Plus tard, Tholel de Sens fut alferme, et Ton enretirait un revenu assez considerable. En 1752 le bureau des voilurespubliques pour Lyon y fut etabli. Depuis plus de cinquante ans il eslhabile par des blanchisseuscs «*t par un conunissionnaire de roulage ;les apparlements et les salons des nrcheveques de Paris servent aujour-d’liui de cuisine et de refectoire aux rouliers de la ville de Clermont-Ferrand, et de quelques aulres parties de l’Auvergne.
Depuis que riidlcl de la Tremouille n’existe plus, l’hotel de Sens est,apres Thulcl de Cluny, le plus important edilice civil de sty le golhiqueque Paris possede. Moins joli que celui de Cluny, il est digne eependuntd’un haut inleret, et se distingue menre par une tournnre feudale assezTiere. On voit au-dessus de Ja porle d’entree et eontre la löge de l’esca-lier, qui est extremement curiouse, dans l’angle sud-ouest de la cour,des niachicoiilis destines a lu defense, üne poterne double la grandeporte sur le cote droit. — La revolutiou de juitlel a scclle un bouletdans les murailles de cel hotel; au-dessous ou lit ; 28 .iuuxf.t 1830.
Non loin de riiotel de Sens, dans la rue de Ia Mortellerie (aujour-d’liui rue de FHotel-de-Ville), llorissait autrefois l’auljerge du Paon-Blanc, oü quelques erudils veuleut que soll morle la fameuse MarionDeloi’me, a Füge de eent trente-einq ans.
L’Arsenal , lioulevard Bourdon. 11 y avait jadis en eet endroit unelonderie de canons ctablic par Francois T 1 ’ en 1533. Sur ce terrainHenri II lit eonstmire plusieurs logements pour les ollioiers de l’artil-lerie, sept moulins a poudre et plusieurs aut res batiments, qui furenlruinös par Fexplosion de dix-buit ä vingt milliers de poudre qui ent Heule 28 jnm ier 1562. Lue parlie des anoiens batiments fut dötruite en1713, et en 1718 on öleva Fhotel du gouverneur de Fnrlillerie surles dessins de fn'rmain Bollrand.
CVst a FArsenal que demeurait la duchesse du Maine, qui y reunissaitune cour nombieusc dont faisaient partie lous les beaux esprils de la capi-