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VILLE DE PARIS.

DIXIE ME ARRONDISSEMENT. — N° 38. QUARTIER ST-TUOMAS D’AQUIN.

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entvent dans la caserne, baioimette en avaut, et s’y empareut des deuxpieces de canon et des soldats qui iFavaient pas eu le temps de s’echap-per et qui continuaieiit ä se defendre. Les vainqueurs emmenerent euti’ophees l’artillerie, ainsi que les habits des vaincus, dout des IVagmentsiureni distribucs sur la place de FOdeon, ä titre de recompense, ä tousceux qui s’etaient le plus distingues pendant Paction.

^ Rue Monsieur, n° 8, demeurait eu 1829 M. de Vili.kle, presidentdu conseil des miuistres sous Louis XVIII et sous Charles X. Pendantson loug ministere, qualiiie si justement de ministere deplorable, leSysteme politique qn’il suivit et les mesures qu’il employa pour le fairetriompher attircrent sur lui leblame public, ce qui u’enipecbe pas toute-lois qu’il n’ait muntre de grauds taleuts comme financier et comme oraleur.

Rue du Bac, n° 25, demeurait avant la revolutiou le comte d*Ax-'I’iuigues, eleve de I’abbe Maury, membre de Passemblee Constituante.Eniigre a Verone, oü il epousa M llc St-Huberti, chanteuse de POpera,ävec qui il vivait depuis longtemps, il y dirigea toutes les critiquesfonienlees contre la republique. « Lorsque nous rentrerons en France,disait-il, il laut que quatre Cent mille totes tombent sous la hache dubourreau; point de gräce pour tous ceux qui out pris part a la rcvo-lution ; il ne faut conserver de ce regime que la guillotine; je serai, s’ille faut, le Mavat de la royaute. » Il l'ut assassine avec sa fernme, ä Lon-dres, par un domestique anglais.

~V Dans cette meine rue demeurait en 1815 le general Lauedoyere,slors membre de la chambre des pairs, ou il fit la proposition de « de-elarer que tont Francais qui abandonnera son drapeau sera couvertd’iiifamie, sa maison rasee, sa famille proscrite; alors plus de traitre,plus de ces manceuvres qui out occasionne les dernieres calastropbes, etdont peut-etre quelques auteurs siegent ici! » Ces paroles vehementes‘dlaient.ti'op direelement a lern* adresse pour qu’elles ne fussent pointJUterrompues : A Vordre! ä Vordre! s’ecrie-t-on de toute part. Labe-doyeredemande qu’on Fccoute, et, donnant un libre cours ä son iudigna-honpatriotique, il ajouta : « Il est donc deckle, nom de Dien , qu’ou n’en-lendra jamais dans cette enceinte que des voix basses. » — « Vous vouscrovez au corps de garde, »> s’ecrie Lameth. — « Plut au ciel que j’yl'usse! dit Labcdoyere : lä, du moins, de rüdes paroles expriment de loya-les pensees ; mais ici, je le repete, il ue s’est depuis dix ans fait entendre'piedes voix basses) » — Traduit devant une commission militaire le 4a °ht 1815, il fut condamnc ä mort et fusille dans la plaine de Grenelle,19 du meine mois, a six heures et denke du soir.

Aux n os 75 et 77 etait le monastere royal de I’Immaculke-Coxckp-T1 ox,dit aussi desRecollettes, ctablieu 1637, supprime en 1790, et venduCr >mme propriele nationale en l’an vm. Ces religieuses dirigeaient unbospice dont ces bätiments s'ctendaieut rue de la Planche, n" Ä 25 et 27.

Au n u 98 etait Phöi’ital des Coxvalesckxts, fonde en 1628, par^f Ulc de Bullion, femme du suviutendant des linances de ce nom, pour huitpauvres malades sortis de Phöpital de la Charite, et supprime en 1792.E cst aujourd’hui une maison particuliere appartenant ä FEtat.

^ Rue du Bac, n“ 110, habite (1845) M. Durrs aine, depute de laClevre ä la chambre des representauts en 1815, et membre de tonlosle s legislatures depuis cette epoque. Sous la restauration, il defendit le^arcchal Ney, les genernux Alix, Savary, Caulaincourt et plusieursa utres accuses de crinies ou delits politiques ; il defendit aussi l’illnstrcEeranger, ainsi que les trois Anglais Wilson, Bruce et Hutchinson, quia 'aient favorise Pevasion de Lavalette. Il a eie pendant trois anncess Uccessives president de la chambre des dcpules.

Au n” 112 de la meine rue demeure M. le vicooite de Chateau-1,F nANn, l’uue des plus grandes illustrations de notre epoque, qui a ete^Uccessivemeut repuhlicain ä la/in du xvm" siede, royaliste pureny ‘ 4, royaliste constitutionnel sous la restauratiou, et royaliste frondeur^pH-'s 1830. Ministrc des affaires etrangcres en 1824, une decision dej e ' ^‘bele, president. du conseil, le revoqua brulalemeut. Il etait surpoint de diucr Iorsque cette »ouvelle lui fut transmise; ä Tinstantn ^cnie, il abandonna le repas ministeriel, quitta Phötel des affaires etran-

^ les » et re vint chez lui retrouver sa muse, ses dieux lares et son dmeru auteup.

Hue de Grenelle, n° 10, est Pancien hotel de Coxti, aujourd’biuliotel du ministere de Pinterieur, dont la porte d’entree a ete dccoreed’un ordre dorique par Boffrand.

Rue de la Chaise, n° 10, demeurait en 1830 M. Charlkt, secretairedes commandements et tresorier de la duchesse d’Angouleme. Le 29 juil-let, un avis etant parvenu ä Pliotel de viile que des sommes conside-rables appartenant a la princesse etaient deposees dans cette maison,sur un ordre de la commission provisoire, M. Hippolyte Bonnelier, as~siste de plusieurs eleves de Pecole poly technique, se presente pour s’enemparer. Les valeurs precieuses etaient deposees dans une arnioire defer dont ou n’avail pas la clef, et (ju’oii ne parvint a briser ä coups demasse qu’apres quatre heures d’un travail opiniatre. Cette armoire ren-lennait une inscription de deux millions sur le grand livre, trente millefrancs en billets de banque, neuf ä dix mille francs en or, quelques pilesde pieces de cinq francs, six ecrins contenant cliacun une parure com-plete, et une caisse baute de 66 c., pleine de ciboires et de crucifixen argem et en vermeil. Tous ces objets furent transporles a Phötel deviile.

Rue du Cherche-Midi, n° 38, etait le couvent dii Box-Pasteur.

Sous l’emblenie du pasteur courant apres sa brebis egaree, M" 1C Mariede Cyz, veuve de Comhc, fonda dans cette rue, vers 1688, sous le nonidu Bon-Pasteur, une communaute de fitles repenlautes, dans la maisond’un calvinistequi avait ete force de sortir du royaume, et que Louis XIVfit reparer. Les lettres patentes qui confirment cette fondation sollt dejuin 1698. Cette communaute etait composee de sivurs dont la conduiten’etail susceplible d’aucun repvoche, et de blies rejientantes, qui ne fai-saient point de vmux et qui avaient la libertc de se retirer quand eilesvoulaient. Les hospitalicres de Saint-Thonias de Villeneuve avaient ladirection de cette maison, composee d’environ soixante Alles et jouissautde dix mille livres de reute. Ce couvent a ete supprime en 1790 et af-fecte ä la manutention militaire des vivres de Paris, dont il est aujour-d’hui Pcntrepöt.

Au n° 44 demeurait et est mort l’ex-eveque constitutionnel de ^Blois Gregoire , membre de la Convention nationale, du conseil descinq cents, de Plnstitut et du senat conservateur. On sait que c’est surla niotion de Gregoire, appuyee par Manuel et Collot-d’llerljois, que futmise en deliberation la question de Pabolition de la royaute ; sur Pob-servation deBazire de se livrer a une discussion solenneile pour un sujetsi important : « Qu’est-il hesoin de discuter, reprend Gregoire, Iorsquetont le moude est d’accord ? » La clöture de la discussion est en effetprononcee; il se fait un profond silence; et, sur la dcclaration una-nime de Passemblee, le president declare que la royaute est abolie (21septembre 1792).

Au n u 73 de la meme vue, demeurait et. est morLaffccte d’une cecite ^complete, en 1840, le general Mullix, Fun des vainqueurs de la Bas-tille, president du conseil de guerre qui condanma ä mort, en 1804, leduc d’Enghien, et commandaut de la place de Paris de 1806 ä 1814.

Au n° 91 demeurait J.-D. Garat, membre de Plnstitut, depute auxetats generaux, a Passemblee Constituante et a la convention. Succes-seur de Danton au ministere de la justice, lors du proces de Louis XVIil fut designe pour aller uotifier le jugemenl de la convention au roi, etfut aussi charge de la penible missiou d’annoucer au prince qu’il j'allaitse preparer a mourir. Membre du conseil des anciens sous le direc-toire, senateur sous Pempire, ü fut un des premiers seuateurs qui vo-terent la dedieanee de Napoleon, et n’eut pas honte de faire Papologiede Moreau, ainsi que Feloge d’Alexandre et de Wellington. En 1815 ilfit parlie de la chambre des representants. Touteiois on peut dire, äPavantage de Garat, que s’il a toujours encense les vainqueurs, il n’apas speculc sur sa versalilile pour s’enrichir; car il est. mort dans unetat plus voisin de la mediocrile que de Fopulence.

Rue du Cherche-Midi etait Phötel de Bissy, ou deceda en 1723le comte Claude de Thyard de Bissv.

Rue de Vaugirard, n° 98, est la congregation des sokurs de laProvjdence et l’etablissement charitable de Sainl-Nicolas.

Au n° 108 est la COXÜREGATIOX DES DAIUES DE l’AsSOMETION.

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III.