VILLE DE PARIS. — DIXIEME ARRONDISSEMENT. — N° 39. QUARTIER DES INVALIDES.
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en 1815 le marquisde Boisgelin, colonel de la dixieme legion de lagarde nationale peudant les ceut jours. C’est lui qui, ä la tetede quelquesgendarmes, d’agents de police et de gardes du corps travestis en gardesnationaux, fit occuper, le S juillet 1815, toutes les issues du palais ducorps legislatif, dont il avait t’ait fermer les porLes et enlever les clefs. jLe represeutaut Dumolard et un grand nombre de ses eollcgues s’etautpresentes pour entrer, furent repousses ä coups de ba'ionnettes, et seretircrent en protestant au nom du peuple franeais contre la violencefaite ä ses mandataires.
L’hotel des Invalides, ioude par Louis XIV en 1670. Situe al’entrce de la plaine de Grenelle , entre le faubourg St-Germain et leGros-Caillou, il couvre un espace de 32 hectares. Peu distaul de laSeine, il domine une grande partie des espaces environnants, et jouitdes avautages d’une Position salubre et riante. Si Ton y arrive parla rivegatiche de la Seine , on est surpris de l’aspect imposant de cet edifice :une immense esplanade, accompagnee de longues allees d’arbres, prccedeune avant-cour fermce d’une grille et entource de fosses, au dela de la-quelle s’elevc une immense facade couronnee d’un dorne jadis eclatantd’or. Des boulevards bien plantes entourent le monument, auquel abou-tissent plusieurs avenues.
La facade a 204 m. de longueur : eile est divisee en qualre etages, etpercee de cent trente-trois fenetres, sans compter celles des mansardes ;au centre esl la porte, surmontee d’une forme cintree , oü Ton voit unbas-relief representant Louis XIV ä eheval. Par cette porteon penetredans une cour dont le plan offre un parallelogramme de 130 m. de longsur 65 m. de large. L’architecture de cette cour a le caractere noble,male et simple, qui convient ä l’institution. — Au centre de la facadeopposee ä l’entree, est le portail de l’eglise, qui se distingue par son autelplace sous une arcade, et communique a uue seconde eglise, dite duDome. Cet autel est orne de six colonnes torses, groupees trois ä trois,dorees, garnies d’epis de ble, de pompre, de feuillages, portant des fais-ceaux de palmes, qui, se reuuissant, soutiennent un superbe baldaquin,surmonte d’un globe et d’une croix. Les figures d’amortissemenl et lesautres ornements sont les ouvrages deVan-Cleve et de Coustou l’aine.—X^s victoires de la re\olulion et de l’enipire avaient döcore la nef deneuf cent soixauledrapeaux et eteudards enlevesa l’ennemi. Ces tropheesde not re gloire mililaire disparurent en 1814 ; les invalides les rcduisi-renl eux-memesen cendres, la veille de l’entree des etrangers dans Paris. •
Au dela, sur la mcme ligne, est l’eglise du dorne : construclion vasteet niagnifique, ou Louis XIV a prodigue la rieliesse, et ou les plus ha-biles artistes ont a l’envi deploye lcurs talenls. Le pave de ce döme ,leponipeux baldaquiuderautel, les sculptures, les peintures, tont est d’unfini precieux ; tout est execute avec un soin et un art admirables. —Ce dorne a 17 m. de dianietre. A travers une ouverture circulaire, prati-quee au rnilieu de la premiere coupole, oniee de peintures et de Caissons,on voit la seconde coupole, cclairee par des jours que l’observateur nepeut apercevoir, et ou le peintre Lafosse, uu des meilleurs coloristes del’ecole Irancaise, a represente la gloire des bienheureux. La troisiemecoupole forme la toilure exterieure.
Le döme a son portail particulier du cöte d’une large avenue, bordeede quatre rangees d’arbres, et longne d’environ 1,000 m. Ce portail a60 m. de largeur sur 32 m. de hatiteur : il sert pour ainsi dire de sou-bassement ä 1’edifice du döme. Du pave jusqu’ä I’extremite de la fleche,ce döme a 105 m. de hauteur; clevation extraordinaire, qui frapped’utounement ou d’admiration l’esprit de Fobservateur. Sa forme eleganteet pyramidale, ses heureuses proportions ajoutent au premier sentimentun sentiment de plaisir; mais, si l’on examine les parties de cet edifice,on aper$oit des ornements multiplies sans motif. — Le döme proprementdit est orne a l’exterieur de quarante colonues d’ordre composile. Cetteordonnance, degradee par des ressauts, est couronnee par une balustrade.Au-dessus est un attique, perce de fenetres , et charge debuit piliersbutauts, couromies en forme de volutes : la coupole , divisee en cöles,®st chargee dans les iulervalles de trophees inilitaires. Ces trophees etles eötes avaient ete dores sous l’enipire. Au-dessus de la coupole est unelantcrne, surmontee par une fleche tres - elevee , et terminee par unglobe et une croix.
Le 9 fevrier 1800, tut celebree aux Invalides une ceremonieen l’hon-
neur de Washington. Le general Lannes presenta au ministre de la guerreBerliner quatre-vingt-seize drapeaux pris en Egypte, et prononca une ha-rangne courte et martiale, a laquelle Beriliier fit une reponse du merncgenre. Celui-ci etait assis entre deux invalides centenaires , et il avaiten face le huste de Washington ombrnge de mille drapeaux conquis surl’Europe par la France republicaine. Non loin de lä etait une tribuneoü M. de Fontanes prononca, dans un langage superbe, l’eloge funebredu licros de l’Amerique.
Le 22 septembre 1S00 (v e jour complementaire an vm), le corps de Tu-renne, qui, lors de la violation des tombeaux de St-I)enis, avait ete trans-porte au musee des Petits-Augustins, fut solennellement transfere auxInvalides. Sur un char attele de quatre cbevaux blancs etait place lecorps et l’cpce du licros de la monarchie. Quatre vieux generaux mu-liles au service de la republique tenaient les cordons du char. Le cortegetraversa Paris au milieud’une foule immense, et se rendit aux Invalides,ou l’attendail le premier consul, entoure des envoyes des dcpartements.Le corps de Turenne fut place sous ledöme. Carnot, ministre de la guerre,prononca un discours simple et convenable, et peudant qu’une musiqued’un genre grave remplissait les voutes de l’edifice, les restes du herosfurent deposes dans le monument oü il repose encore aujourd’liui. Letom-lieau de Turenne est dans l’une des chapelles du döme. Dans uneautre cbapelle, un monument funebre a ete consacre en 1807 ä la me-moire de Vauban. Enfin, de nos jours , les restes du plus grand guerrieret du premier tacticien des temps modernes, rapportes en 1840 deSte-Helene a Paris, ont eie deposes le 15 decembre de la meme annee danscef asile de la gloire, oü on lui erige en ce momeut un magnifique tom-bean.
Dans l’interieur des batiments, on doit visiter la cuisine et sa fameuse! marmite; les qualre refectoires, orues de peintures; la pharmacie, la! bibliotheque, composee de vingt mille volumes; Thorloge ä cquation,
| ouvrage tres-estime de Lepaute ; la salle du conseil, etc.j L’liötel des Invalides est sous la surveiilance specinle du ministre de; la guerre. Un marechal de France en est ordinairement gonverneur ;
I son conseil d’administration est conipose de militaires des plus hautst grades, et de personnages les plus emiuents de l’Etat; les plus liabilesI medecins de l’armee y traitent les malades: des soaurs de la Charite lesI soignent; quatre ä cinq mille vieux guerriers recoivent dans cet hono-.} rable asile une nourrilure abondante, un trailement et des egards dignes! du rang qu’ils occupaient dans l’armee , de leurs Services, de leurs in-! firmites, de leurs blessures. Rien n’y esl epargne pour adoilcir leurs maux,
! consoler leur vieillesse et les faire jouir d’im paisibie repos. On peut le■ visiter tous les jours depuis dix lieures du matin jusqu’ä quatre heuresdu soir.
Entre l’hötel des Invalides et la Seine est une immense esplanade,formee de vastes tapis de gazon, bordes d’allees sablees, plantees d’ar-bres, qui formentdechaque cöte de la longueur de cette esplanade une nd-mirabte proinenade. Au centre de la grande allee qui coupe l’esplanadedans le seus de sa longueur est une place oü les membres de In Conven-tion nationale se reunirent le 10 aoüt I 793, jour de la lote pour l’accep-tation de la Constitution de 1 793 ; on avait eleve sur cette place une Statuecolossale de la Liberte, entonree d’un immense bfleher oü l’on avait en-tassetröne, couronne.sceptre, fieursdelis, manteauducal, arnioirie$,etc.Le president mit le feu ä tous ces iusignes du despotisme , du toyerdesquels s’eleverent au meme instant des milliers d’oiseaux ])ortant desbanderoles tricolores , qui, en s’elancant dans les airs , semhlaient an-noncer que le genre bumain venait d’etre affranebi. — Sous le gouver-nement de la couvenlion, ou erigea sur cette meme place un monumentephemere representant la figure d’Uercule, embleme du parti de Robes-pierre ou de la montagne, frappant ä coups de massue les crapauds dumarais, c’est-ä-dire les ennemis de la terreur. — En 1804, on eleva surl’eniplacement de ce monument un piedestal carre d’oü jaillissait un*fonlaine, et sur lequel on placa le lion de St-Mare apportc de Venise,Ce liou fut repris par les Autrichiens en 1815; en voulant l’enlever, ilfut brise en eclats, inais les morceaux en furent precieusement recueillis;on les reporta en Italie, oü le lion fut restaure et replace a Venise surla place St-Marc. — Sous la restauralion, une nouvelle fontaine du plusmauvais goüt, consistanten une grande vasque, au milieu de laquelle etait