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VILLE DE PARIS. — DIXIEME ARRONDISSEMENT. — N° 39. QUARTIER DES INVALIDES.

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ootcs, de toutes les fenetres, les saluaient sur lern* passage. Un enthou-siasme commun avait nivele toutes les comlitions, inspire ä tous lememe amour de la patrie, rassemble dans un seul sentiment tant deSentiments divers! Sur ces entrefaites, les federes se reunissaient. äParis et y recevaient l’accueil le plus fraternel; quelques-uns memearrivaient assez ä temps pour partager les travaux des Parisiens,

Enfin le 14 juillet luit sur la France; mais l’etat de l’atmosphere«e semble point favoriser la fete preparee depuis si longtemps. Desaverses multipliees dispersent ä chaque instant l’immense cortege quis’achemine du cöte du Champ-de-Mars, a travers un peuple ivrede joie. Un arc de triomphe d’une grande dimension etait placeä l’entree de cette vaste enceinte, qu’un pont jete en quelquesjours faisait communiquer ä la rive opposee de la Seine (le pontd’Iena n’existait pas). — Au milieu de ce cirque grandiose se dres-sait majestueusement 1’autel de la patrie. Les federes se rangerent dansla plaine, ou plutöt dans ce lac de boue ; des torrents de pluie venaientde temps en temps les mouiller jusqu’aux os ; mais, loin de chercher as’abriter, ils formaient alors de longues farandoles, et cet exemple etaitsuivi par tous les assistants. « C’etait un spectacle digne de l’observa-teur philosophe, dit ä ce sujet le marquis de Ferneres, dont le temoi-gnage en cette circonstance ne saurait etre suspect, que cette fouled’hommes venus des parties les plus opposees de la France , entrainespar l’impulsion du caractere national, hannissant tout Souvenir du passe,toute idee du present, tonte crainle de Pavenir; se livrant ä une deli-cieuse conliance; et trpis cent mille spectateurs de tout age, de toutsexe, suivant leurs mouvements, battant la mesure avec les mains,oubliant la pluie, la faim et l’ennui d’une longue attente. » L’oflicedivin fut celebre sur 1’autel de la patrie par l’eveque d’Autun : au mo-ment de l’elevation, le ciel, jusqu’alors voile de nuages, laissa echappercom me un sourire; un rayon de soleil eclaira subitement le pretre etPhostie; il n’en eut pas fallu autant dans le moyen äge pour crier aumiracle. Bientöt le serment civique fut prete par le roi, par les deputes,par les federes , et repete par la foule des assistants. Rien ne peut ren-dre la manifestation de l’enthousiasme de la multitude lorsque le roi,debout, la main etendue vers 1’autel de la patrie , dit: « Moi, roi desFrancais, je jure d’employer le pouvoir que m’a delegue l’acte consti-tutionnel de l’Etat ä maintenir la Constitution decretee par l’assembleenationale et acceptee par moi. » Les acclamations retentirent au bruitdu canon dans toute la vaste etendue du cirque, au bruit de trois centstambours , au chant des voix et des instruments de douze. mille musi-ciens , aux acclamations multipliees. Les bonnets des grenadiers , leschapeaux des soldats paraissent au bout des baionnettes ; des milliersde mains se levent au ciel, des milliers de boucbes repeteilt le serment,et tous les citoyens s’embrassent avec transport. Dans ce meme jour , äla meme heure , au meme instant, dans toutes les parties du royaume,tous les bras se levaient pour prononcer le meme serment.— La ceremo-Rie terminee, les federes se rendirent ä uu banquet de vingt-cinq milleCouverts que leur ofTrait la commune de Paris. Pour perpeluer le Sou-venir dela federation, une medaille fut frappce representant la France,faisceau d’une main , posant l’autre sur le livre de la loi place sur1’autel de la patrie et soutenu par le genie de la liberte. Cette medailleav aitpour exergue : A Paris , le 14 juillet 1790, et sur le revers :Confederation des Francais.

Ee 17 juillet 1791, apres la fuite du roi ä Varennes, un grand nombrede personnes de l’un et de l’autre sexe se rassemblerent au Champ-de-^ars pour signer une petition dans laquelle on demandait « que i’as-se mblee Constituante eüt ä recevoir, au nom de la nation, l’abdicatioubiite le 21 juin, par Louis XVI, de la couronne qui lui avait etc de-Icree, et ä pourvoir ä son remplacement. » Cette petition, placee sur1 autel de la patrie , fut revetue d’une multitude de signatures. La mu-^icipalite en ayant eu connaissance, fait publier la loi martiale. Les °ir, a six heures, le corps municipal, ayant a sa tete Bailly, mairc deParis, fait tirer sur le rassemblement, qu’il disperse apres avoir tue9'iatre cents personnes , disent quelques ecrivnins contemporains,^ombre que d’autres portent seulemeut ä quarante ou cinquante, ce qui^tait dejä beaucoup trop,

Ee 18 septembre 1791 une fete superbe fut eelebree au Cliamp-de-

Mars , pour la publication et ä l’occasion de l’acceptation par le roi dela Constitution. A midi, cent pieces de canon annoncerent l’arrivee desofficiers municipaux et de leur cortege. Le maire, Bailly, precede deherauts d’armes et environne d’un corps de grenadiers, r»;onta a i’tiöte!de la patrie, y eleva et ollrit au respect du peuple le Code constitutionnel.

« Citoyens, dit-il a haute voix, l’assemblee nationale Constituante,aux annees 1789, 1790 et 1791, ayant commence le 17 juin I789l’ouvrage de la Constitution, l’a heureusement termine le 3 septembre1791. L’acte constitutionnel a ete solennellement accepte et signe par leroi, le 14 du meme mois. L’assemblee nationale Constituante en remetle depöt a la fiöelite du corps legislatil, du roi et des juges; ä la vigi-lance des peres de famille, aux epouses et aux meres ; ^ 1’afTection desjeunes citovens et au courage de tous les Francais. »

Un orchestre nombreux executa ensuite plusieurs morceaux analoguesä la circonstance, et notamment le chant populaire dont le refrnin est(fa ira .

Le 15 avril 1792 on celebra au Champ-de-Mars la fete de la Liberte,oü se trouverent quarante soldats suisses du regiment de Chateau-Vieuxqui avaient figure dans l’affaire de Nancy. L’objet le plus apparent ducortege qui defila au Champ-de-Mars etait le char de la Liberte, trainepar vingt clievaux atteles sur quatre de front. Au-devant de ce char onvoyait la figure de la Renommee, posee sur un globe, annoncant äl’u-nivers la liberte du peuple francais et proclamant les droits de l’bomme.Sur la cime et a 1’arriere du char etait la Liberte represente assise,tenant d’une main le bonnet de la liberte et s’appuyant de l’autre surune massue. La hauteur de ce char atteiguait le second etage des mai-sons, et l’on fut oblige d’öter les reverberes dans toutes les rues oii ilpassa. Tout se fit pendant cette fete avec ordre et dignite, quoiqu’onn’y vit ni garde, ni baionnettes, et que 1’ordonnateur des ceremoniesn’eut pour arme qu’un epi de hie.

Le 3 juin de la meme annee, une autre fete fut eelebree au Champ-de-Mars en l’lioniieur du maire d’Etampes, inhumainement mnssacre danscette ville pendant une erneute.

Le 14 juillet 1792 fut eelebree au Champ-de-Mars la fete de la se-conde federation. — L’autel de la patrie elait ombrage par un palmier :quatre cassoletles brülaient sur les angles des parfums, pendant que dedemi-heure en demi-heure des salves de soixante pieces d’artillerie sefaisaient entendre. Quatre-vingt-trois peupliers portant de larges lian-deroles indiquaient la place des federes des quatre-viugt-trois departe-ments.— Un monument pyramidal eleve au pied de Tantel de la patrieportait cette inscription : A nosfreres d*armes movis sur les frontierespour la defense de la liberte.

On remarquait aussi a cette fete, enlre autres decorations nouvelles,un arbre trcs-eleve, jdante ä l’e.xtremite occidentale du Champ-de-Mars,Charge d’armoiries et d’inscriptions ofirant les titres dont se jiarait lafeodalite; vers la fm de la journee le feu fut mis ä cet arbre feodul, etles insigues uobiliaircs reduits en cendres.

Le l L ‘ r janvier 1793, une fete fut eelebree au Champ-de-Mars a l’oc-casion de l*abolition de l’esclavage.

Le 10 aout 1793, eut lieu au Champ-de-Mars une fete pour la cele-bration de l’acceptation de la Constitution dite de 1793. Le president dela Convention y recut des quatre-vingt-sept commissaires des departe-ments les actes sur lesquels etaient inscrits les votes des assemblees pri-maires, qu’il deposa sur l’aulel de la patrie, au bruit d’une dechargegenerale d’ajlillerie, et des cris de joie de tous les citoyens, qui jurerenl| avec enthousiasme de detendre la Constitution. Cette fete occupera une; grande place dans Fhistoire; David en avait ete rordonnateur, et, gräcea lui, eile reimit le grandiose ä la simplicite; eile excita le meine en-thousiasme que la fete de la premiere federation parmi les hahitants deParis et les envoyes des departements.

Le 12 novemlne 1793, Sylvain Bailly, ex-maire de Paris, un deshommes les plus lionorables qui aient figure dans la revolution, fut exe-cute an Champ-de-Mars avec un ratlinement de harharie digne des plusatroces cannibales.

Le 2 decembre 1793, on celebra au Champ-de-Mars la fete des Vic-toires, a 1’occasion de la prise de Toulon. Quator/.e chars, represen-tant les quatorze armees francaises, portaient chacun douze defenseurs