VILLE 1>E PARIS. — ONZ1EME ARRONDISSEMENT. — N° 4i. QUARTIER DU LUXEMBOURG.
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°ü Saint Maurice refuse de sacrifier anx faux dieux, puis son martyre,®nfin Hnstant ou il entre dans la felicite eeleste. Dans Ja ckapelle sui-vante, on voit le mausolee de M. Languet de Gergy, eure de cette pa-roisse, par Slodtz; il est represente ä genoux sur sa tombe, les mainsjointes, et regardant le ciel qu’un ange lui moutre du doigt; derrierees t la Mort, armee de sa faux, Aux cotes de la porte de la sacristiesont les statues de saint Pierre et de saint Jean l’evangeliste, parGradier. Le tableau de la chapeüe au-dessus represente une Predicationde saint Denis. Celui de la suivante, l’Assomption; puis saint Fiacrerelusant la couronne d’Ecosse, par de Juine. Dans la chapelle supe-rieure est un saint Micliel terrassant Lucifer, copie de Raphael, parMignard. Sur la gauche est la chapelle de saint Vincent de Paul, peintea fresque par Guillemot.
La savant Claude du Puy a cte enterre dans cette eglise, ainsi que Fe-rudit Michel de Marolies ; le mathematicien Fr. Blondei; l’orientalisted’Herbelot; Ja comtesse d’Aulnoy; Roger de Piles, de Facademie depeinture; Sophie Cheron, qui s’est distinguee egalement dans la peinturee t dans les lettres; le grand peintre Jouvenet; le savant Etienne Baluze;le mareehal et vice-amiral Coetlogon.
On remarquait autrefois dans cette eglise une statue de la Yierge ,d’argent massif, de grandeur naturelle , qui lut portee a la monnaiePendant la revolution et convertie en numeraire.— Le eure de cette pa-r oisse avant refuse alors de preter le serment civique impose a tous lesfonclionnaires publics, ä cette occasion un olficier municipal montn dans
chaire et adressa aux citoyens le discours suivant : « Messieurs, la loi^oblige point cet liomme ä preter serment a la nation, s’il ne lui con-sent point de la servir. Mais il a encouru par son refus la deslitutionde l’emploi public qui lui etait confie; il ne sera bientbt plus votre pas-siv, et vous serez appeles a en nommer un autre qui soit plus digne de'otre eonfiance. » Ce qui eut lieu quelques jours apres.
Pendant le cours de la revolution, F eglise St-Sulpice recut primiti«v ement le nom de temple. de la Raison, qu’elle changea pour celui deic mple des Fictoires; eile lut alors affectee a la celebration des fetes°tviques. Entre autres fetes qui y furent celebrees, nous citerons less Uivantes :
Le 30 vendemiaire an ix, on y celebra une fete aux vertus de MarcAurele.
Le 30 brumaire an ix, on y celebra une fete ä l’heroisme de Guil-Wme Teil.
Le 20 pluviöse an ix, on y celebra une feie dont la collecte lut desti-au soulagement des viclimes de l’attentaldu 3 nivöse.
Le 15 brumaire an vin, trois jours avant la revolution du 18 du*^eme mois, un banquet par souscription fut doime dans cette eglise augeneral Bonaparte ä son retour d’Egypte, et au general Moreau, par les^'mbres du conseil des anciens et du conseil des ciuq Cents, reunis au^onibre de six a sept cents. C’est au sortir de ce banquet que BonaparteSe rendit chez Sicyes pour fixer le lieu et Fheure de la conjuralion.
Les theophilanthropes tinrent leurs seauces dans cette eglise sous le^ü’ectoire, ä des lieures oii le culle catholique n’etait point celebre.
L’^glise des Garmes , situee nie de Vaugirard , n" 70. Cette^glise, dependait de Fanden couvent des Carmes dechausses, fonde paruarie de Medicis en 1631 et supprime en 1790. C’est maintenant une^°ngregation de carmelites, etablie en 1796 par M'"° la comtesse de. ) ec ourt: on y voit une coupole ä fresque representant Elie enleve aux^eux j ails uu c j lar —Lj, reiue Marie de Medicis avait daus cette
Eglise une chapelle ou eile assistait publiquement aux graudes solen-et oü Fon voyait une belle statue colossale en marbre de la Vierge** de l’enfant Jesus, qui est aujourd’hui ä Notre-Dame. —En 1791011 avait lait du couvent des Cannes une maison d’arnst destinee auxP^ctres insermentes. En 1792 on y enferma aussi des laiques. — Lors
s ^assacres de septenibre, la bande du teroce Maillard, apres avoir'^'S^quatre pretres a FAbbaye, se porte ä l’eglise des Carmes,eu * cents pretres avaient etc enfermes, penetre dans Finterieur dusanctuaii'e, et egorge les malheureux pretres qui priaient le ciel et s’eni-
assaient les uns et les autres a l’approche de la mort. Les forcenes,npus s ^ tvfi servis de leurs sabves, emploient les armes ä feu, et font
des decharges generales dans le fond des salles, dans le jardin, sur lesmurs et sur les arbres, ou quelques-unes des victimes cherchaient a se \sauver. — M n,c Beauharnais, depuis epouse de Napoleon et imperatricedes Francais, delenue dans cette maison, avait obtenu sa liberte commepar miracle, peu de temps avant ces afTreux massacres.
Les carmes dechausses prelendaient avoir le secret d’une eau a la-quelle ils altribuaient des eflets merveilleux, et dont ils faisaient undebit considerable, sous le nom d’eau de mclisse des carmes. Ste-Foix,enparlantde ces moines, qui, malgre leurs grands revenus, continuaienttoujours a mendier, ditplaisamment: « Les richesses ne les enorgueilli*-sent pas; ils continuent toujours d’envoyer des freies queleurs dans lesmaisons. »
Palais du Luxembourg. Jacques Desbrosses coinmenea en 16t 5ce palais d’apres le modele du palais Pitti de iTorence, sur remplace-ment de l’ancien hdtel de Neu/, babite en 1540 par Robert de Harlayde Soucy et achete plus tard par le duc de Piney-Luxembourg, qui enfit agrandir les jardins en 1563. La reine Marie de Medicis en fit l’ac-quisition en 1612 afiu de degager le monument et pour agrandir encorele jardin. Cette reine acheta la ferme du pressoir de lT lötel-Dieu, lesclos de Yigneray appartenant aux chartreux, et une grande proprietefaisanl partie des fermes d’Antoine Arnaud. — En quelques nnnees lepalais fut termine; de helles sculptures, dues a des artistes du temps,enrichirent la facade du cdte de la cour, et parmi les helles decorationsqui ornevent l’interieur, se trouverent les vingt-quatre magnifiquespages de Rubens, que l’on voit maintenant au Louvre. l)e toutes ecs ihelles peintures primitives, il ne reste plus que l’admirable chambre ii 'icoucher de Marie de Medicis, dom les boiseries et les plafonds ont etepeints par Rubens et par Philippe de Champagne.
Les proprietaires qui se sont sneeede dans cette royale demeure Fonttous richement dolee d’ceuvres d’arl plus ou moins remarquables; lestableaux appartenant ä la reine douniriere d’Espagne, puis un choix despeintures du cabinet du roi trouverent place a cdte des ohefs-d’a'uvi-ede Rubens. Jusqu’en 1780, tous ces ouvrages decoraient les apparte-nients; ä cette epoque on coiupil l’idee de former un musee au Louvre,eton enleva tous les tableaux du Luxembourg, que Fon transporta dansles magasins de la liste civile. Ce projet, arreteau commenceinent de sonexecution, fut abandonne; on n’ouvrit pas les galeries du Louvre, et Fonne replaca pas les tableaux du Luxembourg. La revolution eclala; lesvictoires sesuccederent; la France conquit les cliefs-d’oeuvre de FEurope;statues, tableaux arriverent a Paris precedes et suivis pur nos armeesvictorieuses. Napoleon remplit Fimniense galerie du Louvre du produitde nos conqueles ; il rendit au Luxembourg son ancieime richesse, etFaugmenla encore de deux importantes collections; la vie de saint Bruno,de Lesueur, et la colleclion des ports de France, de Joseph Vernet. En1815, lorsque les armees etraugeres reprirent une grande partie destropliees conquis par nos armes, on depouilla le Luxembourg de sariche parure de Fhistoire de Marie de Medicis, de saint Bruno et de lacollection des ports de France, qui vinrent premlre au Louvre les plaoesrestees vides. A cette epoque fut crec le musee moderne du Luxem-bourg , destine a recevoir les ceuvres les plus remarquables des artistescontemporains.
Le palais du Luxembourg , construit par la reine Marie de Medicis,lui servit tour ä tour de royale liabitation et presque de prison. Cettereine, qui mourul dans l’indigence ä Cologne en 1642, legua ie Luxem-bourg ä son second fils Gaston d’Orleans. he palais Medicis , devenu lepalais d’Ovleans, passa ä la duchesse de Montpensier, qui en fit Fac-quisition pour le prix de ciuq cent mille Irancs. En 1672 il devintla propriete de M ,nc Elisabeth d Orleans, duchesse de Guise et d’Aleu-con, qui eil fit present a Louis XIV en 1694, et le Luxembourg passaainsi du domaine pme ä la liste civile. — Apres la mort de Louis XIV, \le Luxembourg devint le theatre des galanteries d’une princesse royale,de la duchesse de Berry, ä laquelle le regent en avait fait present. CetteMessaline francaise y celebra ses degoutantes saturnales; eile fit murer 'toutes les povtes du jardin, une exceptee, pour pouvoir se livrer, sausd’autres temoius que ses complices, a ses hontcuses dehauches : par lesbeaux soirs d’ete, demi-nue au milieu de ses mignons, eile prostituait