VIIXE DE PARIS. — ÖNZIEME ARRONDISSEMENT. — N° 44. QUARTIER DU PALAIS DE JUSTICE.
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de Paris , dont nous avons extrait les passages suivants , qui peuventdonner ime idee de cette graude magistrature.
« Surveiller, dit-il, les complots des euuemis du gouvernemeut etdejouer leurs teutatives, saus aucun pouvoir extraordiuaire, sous Fem-pired’uue legislation qui interdit toule arreslatiou preveittive; assurerFordre et entretenir la securite daus une viile dont la population, ycompris la banlieue , depasse oiue cent mille ames, ou sont rassernblesplus de deux cent mille ouvriers, oü fermeutent les passions les plus de-sordonnees , ou se donuent rendez-vous les bandils les plus dangeretix ;muintenir la überte de la circulation dans plus de deux mille rues , sil-Ionnees par soixante mille voilures; coujurer tous les elements d’insa-lubiitedans un foyer d’industrie qui agglomere sur quelques kilomelrescarres plus de six mille elablissemenls nuisibles, au sein d’un peupleimmense enlasse dans d’etroites demeures; faeiüler les a; provisionne-ments, lavoriser la distribution reguliere des choses necessaires a la viedans un centre de consommation ou s’engloulissent cbaque annee centquarame-cinq mille quiutaux metriques de farine , neul‘ cent einquanlemille bectolitres de viu , quarante-deux mille bectolitres d’eau-de-vie,Cent soixanle-dix mille boeufs , vaebes ou veaux, quatre cent vingt-septmille moutons, quatre-vingt-lrois mille porcs et sangliers, ou se depen-sent cinq millions de francs en maree , huit millions en volailles et gi-biers , douze millions en beurre et cinq millions en ceufs : leis sont ensubstance les devoirs importants et dclicats du prel’et de police. — IIdispose d’un bndget qui excede douze millions; il a sous ses ordres unegarde de plus de deux mille cinq cents fantassins et quatre Cents eava-liers, un corps de sapeurs-pompiers de huit cent treute bomriies , desbureaux ou travaillent, tout le jour et souvent la nuil, pres de troisCents emploräs, un Service exterieur de commissaires, d’inspecteurs, desergents de viile , d’agents de lous ordres , qui comprend plus de deuxmille personnes. »
Les arcbives de la prefecture de police sont exträmement curieuses.Independaniment de la colleclion de lous les journaux, on y trouve laCollection la plus considcrable qui exisle de picces relatives a la revo-lution francaise.
La piace Dauphine. Elle a ete construite sur le terrain qu’occu-paient deux lies separees par un petit bras de riviere, File aux Bureauxet Eile aux Juifs, qui fureut reunies lors de la construction du Pont-Neuf. Ce lut dans File aux Juifs que, le 11 mars 1314, Jacques Molay,grand maitre de l’ordre duTemple, et Guy, dauphin d’Auvergne, prieurde Normandie, furent brüles vifs apres salut et compliejt. En 1315 fu-r ent aussi brülees sur cette place trois femmes, pour avuir compose desbreuvages semblables ä ceux dont on accusait Pierre deLatliily, evcquede C.hälons et chancelierde France, de s’etre servi pour faire perir Phi-^Ppe le Bel et Feveque de Chalons , son predecesseur. — Les muisons9m eutourent cette place out toutes ete consfrnites symetriquement en^>iques , avec des chaines en pierres de taille, en 1608, par ordre de^feun iv; eile a ete nommee Dauphine en l’hoimeur du dauphin (de-püls Louis XIII); sous l’enipire eile portait le nom de place Thionville.milieu est une fontaiue surmonlee du huste de Desaix , construite1801.
Le preniier attroupement de la revolution se forma sur cette place !^ aoüt 1788. Cet attroupement, qui n’avait rieu de menacant , ft^ la, ‘ge par le commaudant du guet, ä la tete de vingt-huit cavaliers <e cinquanie fantassins ; plusieurs persounes f reut blessees et menees ; b indignation alors s’enipare des esprits; des homrnes saus arnupeecipitent sur la troupe armee, la mettenten fuite; puis, encouragtL‘ U ce succes, ils attaquent le corps de garde place pres de la Statue c* Uri s’emparent des armes qui s’v trouveut et brülent quelqutt j| c ei | 1 ® n * s mibmiics. — Le 11 jujllet I792, Fassemblee nationale ayaide p et ^ ^ lie ' a P alrie en danger, le I9 du meine mois la commuiPro a . IT ^ ta seraitlait, le et le 23, de cet acte legislatif ur:
cc auialion soleunelle. Le danger de la patrie fut proclame sur 1<ce * llillcl l )ales ’ et une banuiere portant L’iuscriplton enonciative dqu , a ^ er fUl f )Iai ‘® e sur la bicade de Fbötel de viile, ou eile resta jusdau & Ce 11116 * e C ° li>S l6 S isialit ‘ eüt d ^ clai ® 9 ue la patrie n’etait plus eS e >’. On dressa, a la suite de cette ceremonie, sur la place Dauphine
au parvis Nolre-Dame, sur la place Royale, a l’Estrnpade, sur la placeSVIauberl et sur eelles du Tbeätre-Francais , du Theätre-Italien et ducarre St-Martin, des amphitheätres sur lesquels etaient des teutes or-nees de banderoles Iricolores et de couronnes de ebene enlrelacees entreelles. Devant cbaque ampliitheätre etait placee une table porlee surdeux tambours ; sur cette table ou euregistrait les uoms des jeuues gensqui se presentaient pour etre enröles comme defenseurs volontaires dela patrie. Trois ofticiers numicipaux, assistes de six notables, delivraientaux citoyens inscrits le certificat de leur enrolement. Ces eniolemenlsfurent nombreux et durorent pendant huit jours ; daus l’espace de qua-tre jours, le nombre des enröles se monta ä plus de six mille; de quaiid’beure en quart d'heure une piece de vingi-quatre, placee sur le. terre-plein du Pont-Neuf, melait ses detonations au bruii d u tambour quibattait daus tous les quartiers de Paris.
La place Dauphine fut pendant longtemps le senl lieu oii les peintresqui n’etaieut pas membres de l’academie de peiuture exposaient an-nueUemenl leurs tableaux. Yoici conunenl s’expiiment ä ce sujet lesmemoires secrets du 25 juin 1783. *< Tous les ans , jour de la petiteFete-Dieu, il y a une expositiun de tableaux ä la place Dauphine, quidecorent les environsd’un magnifique reposoir qu’on y conslruit. C’estla ou les jeunes gens qui ne sont encore atlacbes a aucune aeademieviennent s’essayer et pressentir le goüt du public. Celle-ci a ete plusnombreuse que de coutume , et, par une singularite rare , il y avail desmorceaux de neuf eleves du sexe, toutes tres-jolies: ce qui n’a pas peuconlribue a atlirer la foule. » — Il parait que les modeles des portrailsexecules par les artistes et les arlisles eux-memes assistaient en per-,sonne a ces expositions, ainsi que l’indique ce meine recueil en par-laut de Fexlnbilion de 1786. « LVxposition des tableaux de la placeDauphine, y est-il dit, qui a eu lieu rette annee a l’ordinaire le jour dela petite Fete - Dicu , n’a offert rien de remarquable , que le spectacled’une denii-dotizaine de balcons charges de jeunes personnes j>arees, lesmies de leurs charnies naturels , les aulres de tous les embellissementsde la toilette, et c’ctaient toutes les demoisellesdont les ouvrages etaientexposes , et surtout les portraits; en sorte qu’il etait facile dejugerdela ressemblance en les comparant eusemble. Ce nouveau gerne de co-quetterie a altire beauc.oup d’amateurs, plus empresses de regarder lesoriginaux que les copics. »
Le Pont-Neuf. Il traverse les deux bras de la Seine , et joint, ens’appuvantsur la pointe de la Cile, les quais de la Megisserie et de l’E-cole aux quais Couti et des Grands-Augustins. La premiere pierre enfut posee en 1578, sous le regne de Henri III; il fut arheve en 1604,sous le regne de Henri IV. Sa lougueur totale est de 229 m. 41 c.; salargeur entre les tetes est de 23 m. 10 c. La partie meridionale est com-posee de cinq arches et a, d’une culee ä Fautre, 80 m. 49 c.; la partieseptentrionale f plus longue, est composee desept arches , et a 148 nt.92 c. Toutes les arches sont en plein cinlre. A Faplomb des piles sontviugt loges ou bouliques, qui etaient louees avant la revolution au profitde l’academie royale de peiuture et de sculplure. De cbaque cöte, etdans toute sa lougueur, ce pont est orne d’utie cornicbe et supporte pardes consoles en forme de masques, de solyres, etc. — A la seconde ar-che, du cöte du quai de l’Ecole, etait la Samaritaine, bätiment hydrau-lique a ti ois etages, construit sur pilotis vers 1607, reconstruit en 1712et abaltu en 1813. Cette pompe alimentait les bassins et foniaines dupalais des Tuileries; eile etait ainsi appelee parce qu’on y voyait leChi ist assis pres du bassin d’une fontaiue, demaudant ä Loire ä la Sa-marilaine. Le conible de Fedifice etait surmonte par un Campanile ren-fermant un carillon qui exccutait diflerenls airs au momeut oü cbaqueheure etait pres de sonner. — Avant la revolution, Rulhieres etait gou-verneur de la Saniarilaine. Le peintre de marine Crepin y a demeurejusqu’ä l’epoque de sa destruction, et y a compose ses raeilleurs tableaux.
_ A j a poinle de File, nommee aujourd’bui Je terre-plein du Pont-
Neuf, est la statue equestre en bronze de Henri IV, fondue par Lemot,et crigee le 25 aoüt 1818, pour remplacer celle que Louis XIII availfait erigerä la meme place en 1614, et que le peuple renversa en 1792.
_Le 22 avril 1617, le corps du marechal d’Aucre, qui avail ete en-
leve de Feglise St-Germain-FAuxerrois, lut traine par les rues sur une