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VILLE 1)E PARIS. — DOUZIEME ARRONDISSEMENT. — X" 47. QUARTIER DE JARDIN DU ROI.

Le 14 juiu 1793 , le museuni d’histoire naturelle fut coustilue telqu’il est ä present. A cette epoque on y amena la‘ menagerie de Ver-sailles, et. l’on ajouta plusieurs proprietes particulieres du cote de la ruede Seine. Suecessivement agrandi depuis lors jusqu’ä nos jours, cemagnilique etablissement se conipose aujourd’hui du vaste ilotcomprisentre les rues Neuve-de-Seine, du Jardin-du-Roi, de Bull'on, le quai St-Bernard et la place Walhuberl. — Le Jardin se divise eu haut et basjardin : le preniier etait autrefois un montieule que l’ou appelait lechamp ou la butte des Copeaux , domine par un moulin a veut et sur-monte aujourd’hui d’un joli pavillon en bronze, d’oii l’on jouit d’unevue fort etendue. Ce jardin , le plus beau qu’il y ait en Europe, le pluseommode, le plus varie dans sa distribution , le plus riclie en frais om-brages, en fleurs des quatre parties du moude, oll're cependant souvent1’image d’une vaste solitude : parce qu’ou n’y va pas pour etre vu, maispour voir, et que notre nature nous porte plus a paraitre qu’ä ccnnaitre;parce que la mode n’a pas porte son sceptre dans cet endroit, et surtoutparce que le Jardin des plantes est situe ä une des extremites de lacapitale, et qu’a Paris ou se derange difficilemeut pour aller oii ne seporte pas la foule.

L’hopital Notre-Dame de Pitie, situe rue Copeau, n° 1. II a etefonde en 1612 pour recueillir les vieillards indigeuts, sous le noin d’hb-pital des pauvres de Notre-Dame-de-Pitie. Apres la construction del’höpital general, on y recut les enfauts indigeuts et des orphelins desdeux sexes. La revolution ne changea pas la destination de cet etablis-scment, mais son nom lut remplace par celtii d’hospice des Orphelins etplus tard par celtii des Enfants de la patrie. En 1809 les orphelinsavant etc transferes a l’hospice du Faubourg St-Antoine, l’hospice dela Pilie devint, sous son premier nom, une dependance de l’Hötel-Dieu ;il renferme vingt-trois salles contenant six Cents lits. En juillet 1830on y a recu cent huit blesses, dont neuf seulemeut sollt morts.

L’entrepot des vins , situe quai St-Bernard. Ce magnifique entre-pot, dans lequel les liquides ne payent les droits d’octroi auxquels ilssollt soumis qu’ä leur sortie, occupe une superficie de 134,000 m.carrcs sur l’emplacement de l’ancienne abbaye St-Victor et de quelquescbantiers adjaceuts. La premiere pierre en fut posee le 15aoüt 1807. Sonplau est dispose pour contenir cent soixante-quinze mille pieces de vin.L’aspect sur le quai est du plus bei eilet; la grille s’y developpe sur unelongueur de 66 m. Deux pavillons sur cette facade sollt occupes parl’adniinistration , dont les bureaux v sollt places pour la surveillancede l’entree et de la sortie des liquides. Dans l’interieur, s’elcvent cinqgrandes niasses de bätiments ; les deux du centre, servant de mar-ches, sont divisees en sept lialles ; les deux placees en arriere con-tieunent ensemble quarante-deux celliers voiites en pierre detaille,•'ivec magasins au-dessus. Un cinquieme inagasin, parallele ä la rue St-Victor, complete cet etablissement. La facade a 360 m. de longueur;sa proloudeur est de 88 in.; il doit contenir quaraiite-neuf celliers,•ui-dessus desquels se trouve place le magasiu des eaux-de-vie.

La prison de Ste-Pelagie, situee rue de la Clef, il" 14. C’etait«ulrefois une communaute de religieuses, fondee en 1665 par la du-'’htsse d’Aiguillon et par MM“ de Farinvilliers et de Traversee pour■'enfermer des femmes et des filles repenties ou non repeuties ; les bäti-■ncuts liabites par les premieres portaient le nom de rel'uge, et les“Utres etaient connus sous le nom de Ste-Pelagie, comedienne d’An-Üoclie, celebre par sa penitence.

Kn 1790 les filles repenties furent mises en liberte, et deux ans plushu'd Ste-Pelagie fut convertie en prison publique, oii l’on renfermasuecessivement des royalisles avoues, des girondins et des montagnardsh'aqucs par la reaction thermidorienne. On y voyait encore, il y a‘(»elques aunees, au deuxieme etage , la chambre dans laquelle fut en-ennee, pendant la revolution, M" 1 ' de Beauharnais, depuis imperatrice

es I’tancais. Les prisonniers de cette prison furent transferes ä St-Mv' 6 ” Lorsc i u ’ ou 110us O-anslera de Ste-Pelagie ä St-Lazare , ditd ' fl U1 ' ^ UnS t * 6S c ' la, rel * es decouvertes au milieu de la nuit, entoures16r am ^ eaux ’ conduits par des soldats excites par des adniinistrateurs

et poursuivis par un peuple eil delire, chacun emportait avec

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soi ce qui lui etait le plus necessaire , et ne songeait qu’au malheur desa posilion; Robert ne prit que son portefeuille et ses crayons, et saisitcette scene d’horreur dont il a fait un tableau remarquable. » Jusqu’au22 messidor an iv, cette prison recut ä la fois des liommes et desfemmes , aussi bien pour causes politiques que pour crimes et delits ;des condamues en menie tenips que des prevenus. Depuis le 14 mars1797 jusqu’au 4 janvier 1834, les deteuus pour dettes y ont ete en-fermes : mais des 1828 la maison lut dedoublee; il y eut deux gui-cliets, deux concierges, deux grefliers, en un mot deux prisons dis-tincles , l’une de la detention et l’autre de la delle. Elle servit aussijusqu’ä la meine epoque de maison de correction pour les petits vo-leurs , les vagabonds au-dessous de seize aus , et les eufants enlermessur la demaude de leurs parents.

En 1835 les prisonniers pour dettes ont ete transferes dans la prisonspcciale construile pour eux rue de Clichy. La restauratiou y lit ecrouerun assez grand nombre d’ecrivains, parmi lesquels nous citerons Be-rauger, Barthelemy, Lapelouze, Chätelain, Jay, Jouy, etc.

Le pont d’Austerlitz. Ce pont, commence en 1802 et aclieve en1806, se compose de cinq arches en fer, supportees par des piliers et desculees en pierres de taille. Il est accessible aux pietons et aux voitures,moyennant un peage, et doit son nom ä la celebre bataille gagnee parles Francais sur les Austro-Russes le 2 decembre 1805.

VARIETES IIISTORIQUES ET BIOGUAPIIIQÜES.

Rue d'Orleans-St-Marcel, n“ 11, etait la communaute des fillksde fa Croix, etablie en 1656 et supprimee en 1790. Cette communauteoccupait une partie de l’emplacement d’une maison de plaisance desi-gnee sous le nom de fief ou sejour d’Orleans, qui comprenait lout l’es-pace renferme entre les rues d’Orleans , Mouffetard, du Fer-ä-Moulin,de laMuelte et du Jardiu-du-Roi; ä l’exception du terrain occupe parl’eglise et le eimetiere Sl-Medard et de l’emplacement de l’hötel Cla-mart. Vers le milieu du an' siede , cette habitation portait le nomd’bolel des Carneaux, et apparleuait ä Jean de Mauconseil. Plus tardeile devint la proprietc de Mille de Donnans, eveque de Beauvais , quila vendit en 1386, au duc de Beny ; celui-ci l’aliena l’annee suivante äIsabeau de Bavierc, qui la ceda au duc d’Orleans, son beau-frere. Leroi de Sicile possedait cet hötel au commencement du xv' siede. C’estlä oü Marguerite d’Anjou, femme de Henri IV, roi d’Angleterre, se re-tira apres la mort de ce priuce.

Rue Contrescarpe-St-Marcel, n" 9, demeurait Catherine Theos,visionnaire exaltee, dite la Mere de Dien, condamnee ä mort par le tri-bunal revolutionnaire, et executee avec dom Gerle , la marquise Cha-tenois et Queviemont, mcdeciu du duc d’Orlcans, le 27 prairial an n.

Rue du Puits-de-l’Hermite, au coin du carrefonr de la rue de laClef, etait la communaute des tretres de St-Francois de Sales, hos-pice pour les pretres vieux et infirmes, qui fut trausfere ä Issy en 1751.

Rue Neuve-St-Etienne-du-Mont, n" 6, etait le couvent. desKIELES OE LA CONGREGATION OE NOTRE-DAME, SUppi'imC eil 1790, et 0C-cupe depuis 1821 par la congregation des dames de la Visitation deSte-Marie.

Au n° 14 est la maison qu’habita pris d’un denii-siecle le professeur YRollin, occupe aujourd’hui par un nourrisseur de bestiaux. On litencore au-dessus d’une porte interieure ce distique qu’il y avait faitplacer :

Ante alias dilecta damus quü runs et urbisIncola tranquillus meqae Dtoqaefnor.

Au n“ 18 a demeure, dit-on, Descartes.

Rue St-Victor, etait la celebre abbaye de ce nom, qui eut pourorigine une communaute de chanoines reguliers, fondee en 1110, surl’emplacement d’utie ancienue chapelle dediee ä St-Victor, par Guil-laume de Champeaux, archidiacre de Paris, et dont Louis le Gros sedcclara le protecteur. L’abbaye de St-Victor devint tres-celebre peil detemps apres sa fondalion, tant par l’austerite de la regle que l’on ypratiquait que par ses ecoles publiques et par les florissautes etudes de

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