Band 
Vol. 3.
Seite
332
JPEG-Download
 

332

VII,LE DEVAK1S. — INDUSTRIE ET COMMERCE.

INDUSTRIE ET COMMERCE DE PARIS.

Paris n’cst pas seulement Ir chef-lieu politique de la France, nn cenlrede grande consoninialion ; c’est aussi la plus importante de. nos villes decommerce et d’industrie. Trop d’elements ont concouru ä la Formationde la eile, trop d’interets s’y ngilent, pour que l’esprit de clocher,egoiste et mesipiin, s’y lasse senlir. L’individu, quelquc puissant qu’ilsoil, s’y briserait trop st'irement contre la Force du nombre , pour quetoutes les personnalites ne s’y fondenl pas dans l’ensemble : aussi peut-on dire, avec une exactitude prouvee par les faits, que l’intei et generalV domine seul, et que l’opinion qui y regne esl toujours la plus gene-reuse, la plus liberale, la plus avancee dans la xoie du progres et de lacivilisation, — Le caraotere general de l’industrie parisienne est d’offrirun specimen complet de tous les arts, de lous les travaux, de toutes lesfabricalions du pays, portes au point de la derniere perFection. Tont yest represente depuis la culture de la terre, par les nombreux et ha-biles maraicliers des laubourgs, jusqu’aux grandes manulaetures de l’Estpar les filatures du quartier Popincourt. On y exerce l’industrie descluiles mieux qu’h Lyon, la bonneterie mieux qu’ä Troyes et ä Nimes ;la Fabrication des macliines comme a Arras, ii Rouen et en Alsace ; l’e-pinglerie comme a Laigle, la coutellerie mieux qu’ä Chätellerault et äLangres, le tannage, la corroierie, la megisserie comme ä Bordeaux ; laganterie mieux qu’ä Grenoble ; la quincaillerie comme ä Mölsheim;l’horlogerie mieux que dans la Franche-Comte; enlin lalibrairie, la bi-jouterie, l’ebenisterie, l’imprimcrie, la Feilte , comme nulle part ail-leurs.

Paris a encore, de plus que toutes les autres villes de France, une Indus-trie speciale ä laqnelle il a doune son nom ; — c’est l’article Paris : cesont les modes , les jouets , la bimbeloterie , la gainerie, la mallerie ;ce sont aussi les arts de luxe : les bronzes, le plaque , la lamperie , lapapeterie, l’orlevrerie, la joaillcrie et mille autres qu’il serait trop longdeciter; c’est enfm, et par-dessus tont, les nombreuses pro/essions quiconcourent ä l’erection, ä rarrangement et ä l’entretien des habitations,depuis la terrasse jusqu’ä la tapisserie, cn passant par la maeonnerie,la cbarpenle , le parquetage et carrelagc, la Couverture, la menuiserie,la serrurerie, la Fumisterie et la peinturc.

Direcombien de millions toutes ces industries mettont cn circnlation,combien d’ouvriers elles emploient, combien d’existences dies soulien-nent, estebose ä peu pres impossible : voici cependant quelques cbiflresofliciels. Lors de la crise de 1831 , les conscquences economiques de larevolution se Faisant encore sentir, l’autoritc superienre lit Faire un re-censement de la populatiou ouvriere de la capilale, et il lut constate quela ville de Paris renFermait ä cetle epoque, malgre l’abseuce d’un grandnombre d’ouvriers maqons et terrassiers, 96,091 ouvriers dtisexe mascu-lin. Quelques agents a vant rcleveen mime tempsle nombre des ouvrieres,il lut reconnu qu’il etait ä celui des lionnncs dans le rapport de 48 ä100, soit environ 46,124 , et ensemble 142,215. D’autres renseigne-ments obtenus par la meine voie lirent connaitre en outre que cliaqueouvrier actiF representait 4.38 personnes ä nourrir, c’est-ä-dire que le

salaire des 96,091 ouvriers dont il est question plus baut devait pourvoirä tous les besoins de 420,878 individus de lout äge et de tout sexe. Enajoutant k ce cliiffre le nombre des ouvrieres et celui des personnes äleur Charge, en teuant compte des progres de la population depuis 1831,et Faisant d’ailleurs la part ä toutes les erreurs, exagerations et doubleemploi, on voit que l’armee des travailleurs parisiens, non compris lescadres, c’est-ä-dire lesgeneraux ou inaitres, et leurs olliciers ou comrnis,compte environ cent cinquante mille soldals, lesquels ont ä Faire500,000 parts de leur solde et de leur pain.

Par suite de cettereunion, dans la capitale, de tous les arts et de toutesles industries, il est Facile de suivre la marche et les progres du travailnational sans sortir pour ainsi dire des nuirs de la ville. Nulle part onne travaille mieux, sinon aussi bien; nulle part on ne voit eclore autantd’inventions utiles et precieuses; non pas que les Parisiens aient plusque d’autres le inonopole du genie; mais parce que tous les talents dudehors y aflluent, s’y reunissent, s’y conloudenl et s’y associent; parceque lä seulement ils trouvent les ressources et les cncouragements dontils ont besoin, les conseils de la Science et l’approbation des juges com-petents qui Font trouver les capitaux necessaires. Ce fait explique bien,et explique seul, la prosperite croissante de l’induslrie parisienne, malgreles vices de la Constitution cconomique. On ne comprend pas, en eFFet,au premier abord , comment avec un billiget municipal de plus de40 millions, avec des taxes d’oetroi doubles et quelquel’ois triples decelles qui sont percues pour le compte du tresor ; laxes qui pesent detoutes les manieres sur l’industrie et sur les travailleurs, et augmeutent deplus de 25 pour cent en moyenne tous les ohjels de consommation, depuisla pierre et le bois des maisons, c’est-ä-dire le loy er, jusqu’ä la viande etaux boissons, c’est-ä-dire la nourriture; on ne couipreud pas, disons-nous, comment eile peut lutlcr, taut sur son propre marche qu’au de-hors, avec ses concurrents places en position d’avoir tont ä beaucoupmeilleur marche, le loyer, les salaires, le combustible, etc. — Telle estcependant la snperioritc que l’industrie parisienne doit ä la reunion ,dans la capitale, de tous les talents, de tous les capitaux et de tous lesinoyens de transport, et aussi ä la laveur dont eile jouit ä juste titreaupres d’une classe nombreuse et tonte speciale de consommateurs d’e-lite, dont le goiit deckle par tonte la France et meine beaucoup plus loin,de la reputation des produits ipi’elle adupte , que non-seulement la la-brique de Paris lulle avec avantage dans l’intcrieur de la France , maisqu’elle exporte ä l’ctranger pour des valeurs considerables et saus cessecroissanles, r cbose comme cent cinquante millions ä peu pres.

Son babilele est teile qu’elle ne craint aueuue concurrence , et que danstoutes les discussions qui ont eu licu dans ces dernicres annees ä proposde negociations connncrciales avec d’autres peuples industriels, eile n’areclamc pour ses produitsni prohibitions ni encouragcmcnts particuliers,mais bien plutdt des rclormes de taril’s qui , cn laissaut untrer les nrar-chandises clrangcres , lui Fournissent des inoyens d’echange pour sespropres produits.

Paris est ä :

392 kilometres S.-S.-E. de Londres:

211 k. et 11 postes 1,2 de Bruxelles ;

223 k. et 32 postes 3/4 S. d‘Amsterdam;

377 k. et 91 milles 7/8 S.-O. de Berlin ;

211 k., 29 postes 1 / 4 et 128 milles 1 / 2 S.-S.-O Ale Copeuliague;211 k. et 198 milles 1 ; 2 S.-S.-O. de Stockholm ;

377 k., 19S milles 1/8 et 807 vverstes 1 2 S.-O. de St-Petersbourg;377 k. et 173 milles 3/8 S.-O. de Yarsovie;

377 k., 25 postes et 57 milles 3 /8 de Ilresde;

476 k. et 100 milles 1 /2 N.-N.-O. de Vienne;

498 k., 2 postes N.-O. de Geiieve;

481 k. et 81 l>ostes 3 4 de Florence:

495 k. et 115 postes 1 /4 N.-.N.-O. de Rome ;

454 k. et 75 postes \-O. de Venise;

495 k. et 37 postes 3/4 N.-O. de Turin;

454 k. et 52 postes 3/4 N.-N.-O. de Milan ;

497 k. et 4 postes 1 /2 de Chamhcry ;

481 k. 136 postes 3/4 et 404 lieues 1/2 de caravane N.-O. de G>us-tanlinople;

495 k. et 137 postes 1/2 N.-N.-O. de Maples;

811 k. et 105 lieues 1 /2 d’Espagne N.-N.-Fl. de Madrid;

811 k. et 202 lieues 1 /2 d’Kspague et de Portugal N.-E. de Lisbonne.'

A 0 de longitude du meridien de l’obscrvatoirc de Paris, 20" de lon-gitude du meridien de l’ile de 1 er, 48" 50' 14" de lalitude septcntrionale.