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PERPIGXAX.
PERPIGXAX.
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Roussillon. La ville de Ruscino de>int alorscolonie romaine, et le Roussillon fit partie dela Gaule narbonnaise. Au commencement duv * siede, vers l’an 409, les Anglais, les Van-dales et les Sueves penetrerent dans cette pro-vince et s’y etablirent; ils en furent bientöldiasses par les Visigoths qui s’en emparerent en414 et en furent expulses en 712 par Pepin,roi de France, auquel les liabitants se soumi-rent volontairement pendant que ee princelaisait le siege de JN'arbonne. Le Roussillonpassa ensuite sous la domination des rois d’A-ragon.
Pendant les divers chaugements qui se suc-eederent en Roussillon, la ville de Perpignausoutint a differentes epoques des sieges qui mi-rent la conslance et le courage de ses habitanlsaux plus rüdes epreuves : le plus nicmorableest celui de 1475, sous Louis XI, qu’on com«pare ä eeux de Sagonte et de Numance. - - L’o-piniätrete de sa defense irrita les assiegeants.Dans une sortie, le fils de Bianca ful fail pri-sonnier. Les generaux fraiieais fnent dire auconsul ques’il n’ouvraitpas sansdelaisesportes,i)s ieraient egorger son fils ä ses propres yeux.Le genereux Bianca, dil Xaupi, ainia mieuxvoir perir son lils que de manquer a son hon-neur. Cet acte heroique fut consigne ä la pos-terite, sur un niarbreposeactudlement dansleniur, ä cote de la portedu jardin de la Vieille-tntendance (apparlenant aujourd’hui a M. deVillar), avec celte iuscription : <t Le maitre decette maison a snrpasse tous les Romains enfi-delite. »
HVIVS DOMVSOOM1NVS VIDELITATK«’VNCTOS SVPERAVITKOMANOS.
Perpignan se rendit par capitulation le 10mars 1475.
Le Roussillon, apres avoir gerni pendanl long-l <-nips dans Foppression et avoir cprouve plu-sieurs fois Finuliiite des humbles remontrancesRue cette province portait au pied du trone, sedonna enfm a la France, ensemble avec la Ca-talogne, par les trailes faits cntre Louis XIII'-t les deputes des etats generaux de ees deuxprovinces, le 16 decembre 1640 et le 19 de-eembre 1641. Ge souverain purta ses armesdans le Roussillon : le prince de Conde s’em-para cn 1641 d’EIue, deGanet, de Clayra, de* ;i Roca, d’Argeles et d’Ille. Louis XIII in-v ®stit Perpignan, et presida lui-menie aux pre-mieres operations du siege, « monlant a clievaltous l es jom* s pour ordoimer les travaux , etLaisant le tour des lignes pour voir si touL allaitk* en - Le marquis de Florez d’Avila, qui com-m andait la place, envova savoir oii logeait lel0I > alin d’empeclier qu’on tirät de ce cote ; ce4 11 il observa poncluelleinent pour lnire voir ler ^spect qui ctail dii ä la majesle royale, memePur les eimemis. » Mais une fois les lignes■'chevees et le bloeus etabli autour de la ville'I 1 * 011 v oulail reduire par la famine, Louis XIII,“ulade, se sentit hors d’etat de rester plus^ 0, igtemps sous les murs de Perpignan, et laissas oin du siege aux niarcehaux de Schömberg>ii.
et de lu Mailleraye. >< Ceux-ci garderent si bienleuvs lignes, que rien n’enlrail dans la ville,tellement qu’apres avoir dure cinq mois et eon-sume Ions les vivres qui etaient dedans jus-qu’aux clievaux, muleis, änes, cliiens et chals,meine cuirs, le marquis de Florez d’Avila ca-pitula et rendit la ville et la citadellede Perpi-gnan, le 5 septembre 16o9(3/e>«. de Monglat,p. 356). Perpignan passait alors pour le plusfort boulevard de la fronliere espagnole.
Les armes de Perpignan sonl : de gueu-les d 4 pals d’or, au St-Jean de carnation de -hout sur des ondes au naturel , ienanl de samain dextre une cruix d’or et sur son brassenestre an agneati d’argen/, brochant sur le
pale ._Alias : de gueules ä deux lours cre-
nelees d’argent en poinfe, et une jlenr de Hsd’or au ckej.
Perpignan est une ville siluee en partie surune colline douce et peu elevee, en partie dansune belle plaine vaste et fertile. Sa position estfavorable, quoique le vent y soullle souventavec force; les chaleurs y sont modifiees parles vents d’est et de sud-est qui iui viennent dela Mediterranee, dont cette ville n’est eloigueeque de 8 k. File s’eleve sur les bords de la ri-viere la Basse, et s’eteud jusqu’a la rive droitede la Tet. On passe ces rivieres sur deux i)eauxponts : celui de la Basse est d’une seule arclzeconstruite en cintre surbaisse, qui fail l’admi-ration des Connaisseurs; le pont de la Pedreau dela du Tet est de scpl arclies : on y jouitd’une vue des plus pittoresques.—Perpignann’est plus ce qu’il a ete aulrefois ; ii ne pre-sente aujotird’hui que les debris de son an-cienne etendue : on y comptait encore sixmillemaisons au commencement du xvi e siede ; iln’y en a actuellement que la moilie. Les ou-vrages que Charles-Quint fit ajouler aux for-tilicalions de cette ville enreduisireutbeaucoupretendue; on abattil alors environ 1,800 mai-sons. La paroissede St-Mallhieu, qui etait leplus beauquartier dela ville, dont lesrues sontpresque touies alignees, fut encore presque de-truite en 1640 : un gouverneur, par un excesqui prepara larevolution de rannee suivante,oii le Roussillon se domia ä ia France, fit ca-nomier ce quartier pour une simple querelleenlre bourgeois et soldats.
Cette ville est une des plus fortes plaees duroyaunie. Les fortilicationsporteiil l’empreintedes diilerenls temps ou eiles out ete construi-les; les ingenieurs y aiiaienl jadis pour etudierles divers genres de forlifications de tous lessiecles de la nionarchie. Ses murs sont batisde briques, avec un cordon et des chaines depierres de taille ; ils sont tres-bauts, lortepaiset ilanques de plusieurs Ijastions, avec des te-nailles, des demi-lunes, de bons losses , descbemins couverts. La porte X'otre-Dame estdefendue par un ehäleau construit en briques,appele Gastillet, qui sert depuis longtemps deprisou militaire. La porte Canet est extreme-ment fortilice par des ouvrages exterieurs et delarges fosses ; une enceinte avancee et demi-circulaire protege la partie qui fait laceaunord ;eile a ete faite par Vauban , et a un rempart
tres-eleve, deux bastions et plusieurs ouvragesavanees.
Les foj tifications de Perpignan ont ete re-nouvelees en grande partie en 1823 ; on a rem-place presque partout les tours par des bastions;nns les reniparts ä l’abri du feu exterieur pardes terrasses ou des exliaussements ; pratiquedes cbemins couverts, des ouvrages avaneespour proleger la place ä distance, etc., etc.
La ciladelle domine et defend la ville; unedouble enceinte la rend susceptible de r6sistera deux attaques : 1’approcbe en est defenduepar un grand nombre d’ouvrages avanees; celledes reniparts, par les feux croises de six bas-lions : cette premiere enceinte a ete balie parLouis XIV. La seconde enceinte, construite parCharles-Quint, a aussi six bastions, quidomi-nent sur ceux de la premiere, et un fosse seu-lement du cote de la Campagne. La place d’ar«nies est un carre long ejui peut conleiiir cinqmille honimes en Jjataille: tonte la longueur, agauche, est occupee par uu beau corps de ca-serne. Au centrede cette forteresse et au som-met de la colline (pi’elle couvre, est un donjon,qui a ete Phabilation des comt^s de Roussillon,des rois d’Aragon et de Majorque ; c.’est unouvrage earre, eompose de liuit grosses tourscarrces, unies ensemble par de bautes mu-railles, dont les approclies sont defendues parun fosse re\elu d’un mur de pierre de taille unpeu en talus. Au milieu de cet ouvrage estune cour oii il y a une belle et grande citerne:a droite elait le logement du gouverneur. La ia-cade de la gauche est occupee par une salled’armes tres-longue. La cbapelle est doulzle :celle qui est au-dessous el au rez-de-ebausseesert de magasin; celle au-dessus est grande,belle et. voütee en eglise. Ouire l’eau de la ci-terne, il y a un puils tres-profondd’oü l’on tirel’eau ä fusage de la garnison au moyen d’unegrosse roue; il est aliinente par une fontaineintarissable dans les plus grandes sccheresses,et Fon y descend par un escaiier. On trouve, aune certaine profondeur, une lourelle qui con-duit, par le moyen d’une echelle, dans des ga-leries de mines qui paraissent disposees pourfaire sautcr le donjon.
Les deliors de Perpignan sont charmants, ilssont couverts de jardins, d’orangers, de grena-diers, de signes et d’oliviers. Les eainpagnessont bien cultivees, remplies de toutes sortesd’arbres et tres-ferliles en grains.
Perpignan, dont iVnceinteest de /i.,ure ovaleet occupe un emplacemcnl de 1,200 m. de lou-gueur el de 600 m. de largeur, ne peut pasetre classee parmi les villes qui sollt bien ba-ties; les quartiers occupes par les ouvriersagricoles, particulierement les paroisses de Sl-Jacques et de St-Matthieu, ont Fair village. Leseonstruclions dans les untres quartiers s’ame-liorent tous les jours, le bun gout et les con-naissances des regles de l’art y etant pratiquesavec succes depuis plusieurs annees. Trois pla-ccs sont sa seule deeoration : celle de la Loge,oii est situe l’hötel de ville, la place d 1 Armes etla place de la Liberte, ipiis’est elevee sur Fem-placement qu’oecupait jadis le eouvent des je-
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