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STRASBOURG.
STRASBOURG.
STRASBOURG.
cessivement eu Alsaco des gouverneurs, d’a-bord sous le nom de coinles palatins; niaisStrasbourg ctait exceptc de leur juridicti«»u etavait im conile parliculier. Des Fan 837, Fe-veque de Strasbourg, son ehapitre et tont Fe-veche, furent aussi soustraits ä la juridicliontemporelle, et ä celle des comtes palalius, parun diplöme du roi Louis II. Par la suite, apresPan 982, une partie de Fexercice de la juridic-tion chile et criminelle, conliee ä ce comte,fut, apres la suppressiou de cel ofire, accordeeaux eveques de Strasbourg, ä Fexelusion detont duc, comte et toutautre, d’abord par Fem-pereur Olhon II, ensuite par Henri II le Saint.Mais il ne rcsult.' pas de cette conce.ssion quela ville de Strasbourg ait jamais eie une villeepi copale, comme d’aulres villes d’Allemagne.Au contraire, la ville s’elforQa conslamment dese soustraire a tonte dcpendaiice de Feveque etde se gouverner par ses propres et seuls inagis-trats. Aussi trouve-t-on dans ses plus ancieusrcglemcnts et Statuts, la declaration expresse(jue la ville esl libre.
L’empereur Philippe, lils de Frederic Bar-berousse, octroya ä la ville des lettres patentesdonnees a ltaguenau, le 16 juillet 1205, parlesquelles il pril toule la ville de Strasbourg etses ciloyens el tonte ehose apparlenante a laville, sous la garde el protection speeiale derempereur, et obeissance immediate ou spe-eiale de Fempire d’Allemagne. Par les niemeslettres il aceorda a tons les ciloyens de Stras-bourg et ä tous leurs biens situcs en Aisace,ä perpeluite, Fimmunite de toutes ehargts etde tous Services. — Apres la wovl de Fempe-reur Conrad IV, et jusqu’ä Feleetion de Ro-dolphe de Habsbourg, epoque comnumemenlappelee le grnud interregne, e’esl-a-dire de-puis 1254 jusqu’en 1273, ia ville de Stras-bourg, prolitant des troubles interieurs et deFanarchie qui agitaient FAllemagne, s’assuraPexercice des droits rcgalieus : en eeci, eilesuivit Pexemple d’autres Etats d’Allcmagne.Elle s’arrogea donc le droit de fai;c, Sans leconeours de Feveque et de son rhapitie, denouveaux Statuts, de normner libmnent soumagislrat et ses chels, d’etablir des impots, dedisposer ä son gre des biens eommunaux, etde faire des traites d’alliance. C’est ainsi que,des Pan 1253, eile lit un traite avec les villesdeCologne, deMayence, de Worms, de Spire,de Bäle, et avee plusieurs autres. Le but de cestraites etaitde mainlenir la paix publique pen-dant dix ans, de se gnrantir nnituellementcontre tonte injure et violeme, et parliculie-rement conlre l’elablissement de nouveauxdroils de peage sur le Rhin. Pour clre en elatd’exccuter ces stipulations, Strasbourg leva destorces niilitaires, et arnia sur le Rhin, avec lesvilles situees sur ce fleuve, depuis Bäle jus-qu’au coiilluenl de la Moselle, cent hateauxremplis d’archers. Ces nouveaux droits, re-clames et acquis par la ville de Strasbourg, iuisusciterent des ennemis, et plus d’une fois eilelut obligee de prendre les armes pour se main-tenirdans leur ])Ossession. Eile eul surtout pouradversaires les eveques de Strasbourg , qui
voyaient avec regrel qu’une ville si considereeet si puissante se tut sonstraile ä leur auto-rite.
Quoique Rodolp.be de Habsbourg se lüt ef-foree d’clablir la paix publique, et qu’il etUdetruit partieulierement sur le Jlbin un Ires-grand nornbre de chäteaux forls dans lesquelsresidaient des nobles qui infesiaienl les grandschemins, il en restail encore beaucoup, sur-tout en Aisace. Les Strasbourgcois snisirenttoutes les oceasions qui se prcsenterenl poureupurger le pavs, soit aiiu de garantir leur com-merce, seit pour venger leurs iujures. lls s’em-parerent de pres de Mugt chäteaux depuis la (indu xm e siede jusque uts la (in du xv e siede ;presque. tous l'urent demolis. Ils ürent faire leproces ä plusieurs nobles coupable$ de violence,et leur lirent traneber la tele.
La doelrine de Marlin Luther fut eonnue äStrasbourg eil Tau 1518, el eile y eul des Fo-l’igiue beaucoup de parlisans. Le nornbre s’enaccrul par la rigueur intempeslive du elergequi exaspera les esprils. Un legal du pape, ar-rive n Strasbouig en 1522, s’dl'mca iuutile-menl d’nrreler les progres de la revolulion. Lemagislrat a_,anl, ä la demandedu peuple, per-mis aux predieateurs de preeher l’Fvangile d’a-pres les saintes Eeritures, la nouxelle doctrincfut cnseignee eu chaire avec grande ardeur parplusieurs minislres du culle, laut ä la cathe-dra le que dans d’aulres eglises. Des l’an 1523,le eure de St-Thomas eonlraela mariage, etfut applaudi nou-seuleinent par la multilude,mnis par un graml nornbre des rilojens les plusdisfiugues : malgreles roclamalionsdei’eveque,cetoxemple fut suivipar d’aulres pietres. DansFassemblee des cclievins, qui eul lini le 20 le-vrier 1529, la grande mnjorite, au nornbre decent qualre-vingl-quatre, volerenl Fabrogntionde la messe, jusqu’ä ce qu’il leur fiU prouvequ’elle elait une oeuvre agicable ä Dien. Apeine ce (leeret eut-il ete rendu que le culterdigieux fut celebre, d’apres le nouveau rit, äla enlhedrale et dans les autres eglises parois-siales de Strasbourg.
La souveraine.lc de l’Alsace ayant eie cedee äla France cn IÜ '18, par le traite de Westphalie,Strasbourg conserva encore pendant plusieursannees son indopendance. Fdle ne ful deliniti-vement soumise ä la France qu’en 1681, parla capilulation d’lllkireli. Le 4 orlobre de lameine annee, les magislrals el tous les oiiicierset employes pretcrcnl sernieut de lidelile äLouis XIV, qui üt une eulree solenneile dansla ville le 23 oelobre.
Les armes de Strasbourg sont ; d’azurä une Nofre-Dnme de Carnation assise snr untrönc d’or et sons nn pavillon de meine, te-nant de la main dextre un sceptre d’or, et surson hras senesfre l’enfant Jesus ; au pied dela Vierge est un ecusson d’argen! v/targed’une bände de gueules.
Strasbourg est une ville fort agreablementsiluee, sur la ligne du ehemin de fer de Parisä la Jronlicre d’Allemagne, et sur le ehemin defer de Strasbourg ä Bäle, dans une e.ontree ex-liemement fertile, sur les rivieres d’Ul et de la
Bruche, qui s’embouchent dans le Rhin ä un k.de distance des murs de la place. Elle est gc-ncralement bien bälie ; les nies en sont laiges,propres el bien percces ; les plnces pubtiquesvastes et regulieres : les piineipales sont laplace d’Armes, la place de la Cathedrale, duChateau, du Marehe-aux-Herbes, St- I liomas,St-Pierre-le-Jeuue , du Marcbe-Neuf, duTeniple, de la Comedie, etc. On y enlre parsept portes, designees sous les nonis de porlesBlanelie, de Saverne, de Pierre, des Juifs, desBouchers, de i’llöpital, des Pecheurs.
Il y a treize ponts sur la riviere dans l’inte-rieurde la ville, et un pontetroit, pour pietonsseulement, pres du mouiiu de Zorn. Tous solltde bois : Tun est pave ä base de cuivre, deuxautres reposent sur des piles de pienes delaille ; qualie ont des barrieres de fer, et ksautres en doivenl elro pourvus successivement.
L’interieur de la ville est enloure de deuxfosses sur le oöle seplenlrional, et d’un autre aumidi : ce sont des resles des ancie.nnes forlilica-tions. Les deux premiers st^arent la ville destrois fauhourgs. Cclui qui est le plus pres de laville est appeie fosse large, Fautre fosse eti'oit.Sur le premier il y a six ponts de bois, sur lesecoiul neuf, dont trois sont de pierre et voutes;plus, vis-ä-vis la porle des Juifs, un ponl tra-versant les deux fosses rcunis en cette partie.Le fosse au midi est appele fosse des Orpheüns,et n’a plus que le quart de son ancienne lar-geur; le resle esl comble ä une medioere hau-leurel presque tont converli en jardinets : onle passe sur six ponts, dont deux de pierre etvoutes, les autres de bois. La ville est encoretraversee par un fosse de la Ires-nncienne etpremiere forliücalion, creuse en partie apres lareconstruclion de la ville; il a le nom de fossedes tanneurs (en allemand Gerber-Graben, nn-cienuement Rinlsüler-Graben), sur lequel il ya sept ponts, dont quatre en pierre et voutes.Il y a de plus quatre ponts sur un hras duRhin qui ent re en ville; le premier de cesponts est voüte et couverl. Le nornbre totaldes ponts dans Finterieur de la ville, noncomprisceux des fortifiralions, esl donede qua-rante-sept, dont neuf sont de pierre et voikes.
Il y a peu de plaees Idrtes dont les environssoient aussi agreables que le sont eeux deSlrasliourg. llors des |)ortes on voit quanlitede jardius de plaisanee el de guinguelles, parniilesquels on remarqu« le jardin Lips et lejardiu Bonnard au Gontades ; Fancien jardinRoliertsau. Le Gontades et la Robertsau sontdeux promenades publiqnes tres-lieqnenlecs.La premiere eommence des les glaeis, en sor-laut du fort Mutin, hors lu porle des Pecheurs,el va jus(ju’ä Forangerie, au ileläde hupielleelles’elargit et se partage en plusieurs allees devieux et gros lilleuls planles par Lendtrc en1692 : Falle« du milien aboulit ä un gros vil-Inge compose de maisons de plaisanee, de inai*sons rusli(|ues et de jardins; sur la droite eovenant de Strasbourg, sont de vastes serrc*destinees ä reeovoir 140 pieds d’orangers etd’arbres cxolitjues, (pie Fon place en ete suiun terrnin tres-bien dispose pour cet usagc*