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TROY ES.

TROYES.

TROYES.

la pucelle d’Orleans, prit la determination dese rendre ä Reims pour s’y faire sacrer. II ar-riva sous les murs de Troyes le l rr juillet, etfit sommer la ville de se rendre. Les habitants,domines par les Anglais, refuserent de le re-connaitre et se prcparerent ä la resistance ;mais Jeanne d’Arc ayant attaque la place a\ecvigueur, les assieges entrerent en negocia-tions, qui se terminerent par la soumission dela ville au roi, qui y fit une entree solennelleet proclama une amnistie generale. En 1524,la ville de Troyes fut en grande partie bruleepar des boute-feux au Service de rempereurCharles-Quint.

La religion reformee s’introduisit a Troyesvers 1550, et y fit de nombreux proselvtes,malgre les supplices qu’on faisait subir auxsec-taires. Aprcs lemassacre de Sens (en 1562), ouplus de cent caKinistes furent jetes dansTYonncau sorlir de leur preche, ceux de Troyes,eraignant le raeme sort, se rendirent niaitresde la ville, que reprit bientöt le duc de Nevers,gouverneur de la province, dont les soldatscommirent les plus grandes violences contre lesreligionnaires. Ces malheureux se retirerent aBar-sur-Seine dont ils s’emparerent, mais celteville leur fut enlevee peu aprcs par les catholi-ques. Le surlendemain de la St-Barthclemy, lebailli de Troyes, Anne de VauJrey, fit faire unerecherche des protestants, etdonna ordre d’ar-reter tous ceux que Ton rencontrerait :en peud’heures, les prisons fureutrempHesdecalvinis-tes, et la garde en fut confiee aux plus furieuxcatholiques, qui les massacrerent saus pitie.

Troyes eut des comtes hereditaires vers lemilieu du x c siede. Leur sejour le plus ordi-naire etait la ville de Troyes, dont la grandeurrepondit bientöt ä celle de ses souverains. Thi-bault IV, qui regna de 1102 a 1152 , deployasur celle ville tonte la magnificence d’un princeveritablement grand. II allranchit les liommeset les appliqua aux arts uliles ; il attira toutel’Europeaux foires de sa capitale, qui fut, pen-dant quatre siecles, l’enlrepöt du commerce detoutes les parties occidentales de ce contiuent;crea des manufactures; et, pour leur commo-dile, il partagea la Seine en une infinite de ra-mifications qui la porterent dans tous les ate-liers; entreprise digne de l’admiration dessiecles les plus eclaircs, soit par son objet, soitqu’on la considere du cöte de l’art qui apreside a ceüe distribution, dont celte villejouit encore aujourd’liui. En im mot, le comteThibault crea et fixa a Troyes rindustrie etl’esprit de commerce qui la souliennent depuisqu’elle a cesse d’etre une des premieres placesde l’Europe. — La race des coinles de Cham-pagne est eleinle depuis des siecles. Leur gran-deur et leur palais out disparu, leurs poesieset leur puissance sollt tombees dans l’oubli; cequ'ils ont fait pour le bien des peuples snbsiste,et leur memoire recueille encore des be»edic-tions.

Lenom de Troyes est en latin Trlcassutm,Treces, comme qui dirait Tres arces, troischäteaux ; et en eilet, on y voyait naguere lesrestes de ces trois chaleaux, dont le plus consi-

derable a subsiste presque au commencementde ce siede , et dont il ne reste que les ruinesdes deux autres. Le premier etait le lieule plus ordinaire de la residcnce des comtes ;il ne reste plus du secondque quelques partiesd’une tour de la prison des Cordcliers ; le troi-sieme etait entre l’cglise de St-Nicolas et laporte de Belfroy. Ce fut dans ce chateau quevers Tan 878, Louis le Bcgue, roi de Trance,regala le pape Jean VIII, aprcs avoir recu de samain la couronne imperiale dans un synodetenu dans Teglise de Troves, ou se trouvcrenlla plus grande partie des eveques de France.Ce chateau fut ruinc par un incendieen 1524.

Les armes de Troyes sont : d’azttr ä labande d‘argent aceompagnee de deux doublescotices potencees et contre-potencces d’or; auchejd'azur charge de trois flcurs de lis d’or.

L’empereur Napoleon passa ä Troyes en1805, et rendit dans cette ville un decret con-cernant la navigation de la haute Seine, qui de-vait et re navigahle jusqu’ä Chatiüon. La villeaccorda deux mille francspour commencer lestravaux, qui sont aujourd’hui en partie termi-nes jusqu’ä Tro)es. Le 4 levrier 1814, Napo-leon reprit la ville de Troyes sur les Kusses,qui s’en etaient einpures ; cvacuee quelquesjours aprcs par l’armee francaise, cette villetoinba de nouveau au pouvoir des armees etran-geres, qui y commirent toutes sortes d’exces.

La chronique scandaleusedeTroyes rajiporteune avenlure curieuse arrivee a plusieurs hellesdanies de la ville, lors de Tinvasion elrangcre.Pour temoigner aux hons allies l’admirationou il etait de leurs succes, im haut et puissantpersonnage invita les ofliciers autrichiens,russes et prussiens, ä un "grand gala , auquclsucccda nn bal ou avaient ete invitees tont ceque la ville renfertnait de eceurs feminins bienpensants . Le.s ofliciers , enllammes a la vue detoutes ces beautes champenoises, et cxcitcssansdoute aussi par les nombreuses libations du di-ner, trouvcrent plaisant de temoigner ä leurböte leur satisfaction eil expulsant de ln maisonles peres, les freres et les maris de ces dames.Aprcs celte equipee , les galants du Nord reu-trerent dans la salle ; le bal conwnenca aussitöt,et les dames, qui ne supposaient dans l’eloi-gnement de Icms maris ou de leurs parentsqu’une innocente plaisanterie, se livrerent avccai'deur au plaisir enivrant de la vnlse. r J’out acoup, a un signal donne, les lumieres furenteteintes, et dansouvs et danseuscs furent plongesdans une complete obseurite, qui ne se dissipaqu’aux rayons du jour naissant. Il n’a janiaisrien Iranspire de ee qui se passa entre cesmessieurs et ees daines pendnnt ces ciikj ousix heures (les femmes sollt si discreles danscertaines occasions !); on mit s’apercevoir tou-tefois, le lendeinain, que les liommes avaientpris eil fort mauvaise part la plaisanterie, quequelques-uns d’entre eux trouvcrenl memo peudelicate.

La ville de Troyes est situee au milieu d’unevaste et fertile plaine, sur la rive gauclie de laSeine, qui Tentoure en partie et distribuc seseaux dans son intcrieur par de nombreux oa-

naux. Comme dans toutes les villes anciennes,on y trouve des rues etroiteset mal percees, degothiques et laides maisons en bois , mais cesanciennes constructions sont journellementremplacees par des maisons bien baties. Laville est generalement bien percee dans le sensde sa longucur, qui est de pres d’un demi-ki-lometre. Toute la partie qui borde le canal of-fre rcellement un fort bei aspect.

Troyes est environne d’admirables promc-nades, qui entourent ses anciens remparts, au-jourd’hui en grande partie demolis. — La Seine,qui se divise en deux Lras avant de baigner sesmurs, forme une multitude de canaux et depelites rivieres qui vivifient ses gracieux aleu-tours, ou sont dissemines des blanchisseries,des foulons et de nombreuses manufactures.De quelque cöte que l’on se dirige, on decou-vre achaquepas des eaux limpides, desjardinsagreables et bien eultives , de verts ombrages,des vignes, des bosquets et des habitations char-mantes. Quelques cantons sont occupcs par desjardins potagers, des chenevieres, desoseraies,des bois, des plants de saules, etc.; d’autres lesont par des vignes; et a peine trouve-t-on, ä1 k. de Troyes, des terres lalmurables *. l’om-brage conlinu qui les remplace, offre de touscötes des promenades cluimpötres delicieuses.

L’eglise catbkoralk, dediee a saint Pierre,est un beau monumentd’architeclure gothique.La Trance en a tres-peu qui lui soienl eompa-rables par l’ctendue du vaisseau, par la bar-diesse des voutes, par la juslesse et le grandeilet des proportions. Les premiers foudements• de cette cglise furent jetes en 872. Elle futruiiiee par les Normands en 898, et repareevers la lin du siecle suivnnt. Le 23 juillet 1188eile fut delruite par un incendie, qui consumapresque toute la ville. C’cst seulcmcnt en 1208que fut comniencee la construction de l’cgliseacluelle; le rond-point etait dejii eleve en1225 ; le chmur et la lief sont des ouvrages duxiii 0 , du xrv® et du xv°siede. La tour et le por-tail, commene.es en 1506, furent termines versla fm du xvi" siecle. La longueur interieure duvaisseau est de 113 m., et la largeur interieureest de 50 m.; la largeur de-la nef et de la croiseeest de 10 m. 33 c.; la hnuteur des voutes sousclefest de 30 m., et la hnuteur de la coupoleet des tours est de 62 in. 34 c. Cinq arcadescomposent la nef de ce grand edifice : ollesfornienl, avcc edles des croisillons et du cliumr,un ensemblo parfait. La galerie de la nef esl desplus ridies. Les vitrnux des ehapelles qui en-vironneut le sanctuaire, datent du commence-ment du xm" siede : les sujets de l’Aneien etdu Nouveau Testament y sont representesdansdes eerdes et des losanges; mallieureuseinentces vitraux ont souflert, et il y a plusieurs pan-neaux qui manquent. Ceux des grandes fenc-tres du cluenr sunt precieux par leur belle Con-servation et par Jes snjels qu’ils representent.La grande rose plaeee nu-dessus du grand por-tail est surtnut rcmarquable par Thnrnionic ethi vivaeite des eouleurs.

L’asCIFXNE COLI.EGfALK DK St-LrUAIN, citCO

par Millin comme un des plus bonux mom'aux