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Vol. 3.
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751
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VERDUN-SUR-LE-DOIIBS.

VERDUN-SER-LE-DOUBS.

VFRDEN-SER-LE-UOEBS. 75f

tenant general du Lyonnais, Forez et Beaujolais,clievalier de l’ordre du St-Esprit, baron de Ver-dun, etc.—Au mois de septembi'e 1234, Guy deVerdun accorda aux liabitants decette ville unecharte d’affranchissement par laquelle, moyen-nant une redevance annuelle proportionuce ä lafortune de chacun d’eux, ils sont declares, ainsique leurs lieritiers, quittes et libres de toutesexactions, tailles,etc. Le seigneur s’engageägar-der fidelement, maintenir el defendre les bienset les personnes des bourgeois de Verdun, euechange des memes Services de leur part.— Ledernier rejeton de la maison de Verdun futEudes de Verdun , dont nul bistorien n’a en-registre le noni irialgre ses litres au Souvenir etä la reconnaissance de l’humanile. Le 22 inai1363, pour retablir ses affaires, negotiis inmelius reformandis, il vendit sa portion de laterre de Verdun au duc Philippe le Hardi,moyennant 21,000 üorins d’or, et ä l’instantmeine il lui fit remise de 2,000 florins surcette sonune, ä condition « que le duc dimi-nuerait les deux tiers de la redevance que luipayaient les bonimes de Verdun; qu’il affran-chirait de la mainmorte, entierement et ä per-petuite, tous les habitants de cette seigneurie,et qu’il n’exigerait d’eux aucun subside extra-ordinaire pour quelque motif que ce soit durantla vie dudit seigneur Eudes. » Peu apres, ilcousacra ce qui lui restait de biens ä la fonda-tion d’un liöpital contenant quarante lils.

Verdun a pris une part active ä tous les grandsevenements dont la Bourgogne a ete le tbeätre.En 1015 il s’y tinl, sous le nom de concile, uheassemblee de prelats, de nobles et de plebeiens,afin de pacilier cette province decbirce par laguerre in testine et les brigandages des seigneurs.

— L’borrible pesle de 1347 sevit avec une teileviolcnce ä Verdun qu’elle n’y laissa que treizepersonnes ou chel's de famille, lesquels fonde-rent dans l’eglise paroissiale une confrerie etune cliapelle qui porte encore aujourd’liui lenom de Chapelle des treize. — Apres la mortde Charles le Temcraire, cette ville fut priseet devastee par les Francais. Peu apres eile sesouleva contre Louis XI, et fut assiegee parCharles d’Amboise, qui l’emporta d’assaut,brüla l’eglise, l’bopital, et fit passer les ha-bitants au fil de l’epee (juin 1478). Douzeans apres ce desaslre, toute la populatiou deVerdun n’etait encore que de quarante-troisfeux pauvres et mendiants pour la plupart. Pbi-lippe-Fran 9 oise de Luirieux, dame de Verdun,afin d’y rappeier des habitants, confirma, parses lettres du 22 novembre 1490 , «toutes lesfranebises, libertes, droits, prerogatives dou-nces el octroyees aux bourgeois de ladite villepar ses predecesseurs, et niodera ä sept soussix deniers le droit de franchise qui, aupara-vant, etait de cinq livres. »

Cette ville commenqail ä peine a sorlir deses ruines lorsqu’elle fut de nouveau devasteepar des avenluriers veuus d’Italie en 1522.

— Ilurant les guerres sanglautes de la Ligue,Verdun fut pris en 1589 par Guillaume deTavannes , et repris la meine annee par lesligueurs, auxquels Heliodore de Tliiard de

Bissy, capitaine de Cent hommes d’armes, par-vint ä l’enlever et l’acquit sans retour ä Hen-ri IV, qui l’en nomma gouverneur (1590).Dans la suite ce monarque lui expedia deuxcommissious donnees au camp de Rouen le 27rnars 1592, par lesquelles il lui conferait l’au-torite la plus etendue pour faire travailler auxfortifications de Verdun « selon que l’impor-tauce de ceste place le requeroit, et lui donnoitpouvoir de lever une nouvelle compagnie degens de guerre. » Heliodore de Thiard fit decette ville l’un des plus fermes remparts de lacause de Henri IV en Bourgogne. Won-seule-ment il s’y defendit coutre les efforts acharnesdes ligueurs; mais il porta la guerre chez eux,battit deux fois lesChalonnais sous les murs deleur ville, et leva des contributions sur les en-nemis du roi dans un rayon de plus de 32 k.autour de Verdun. Le vicomte de Tavannes,lieutenantdu duc deMayenne et marechal ge-neral des camps et armees catboliques, frerede Guillaume de Tavannes, qui tenait le partidu roi, vintä la tele des plus intrepides ligueursassieger Verdun ä deux reprises. Mais Helio-dore de Tliiard, vaillamment seconde par lesVerdunois, forca le vicomte ä lever ce siege,note par les contemporains comme un fait d’ar-mes Signale et. remarquable par les grandsexploictz de guerre qui s'r sont faictz. —Marguerite de Bussetil, femme d’Heliodore deTliiard , y deploya un hero’isme digne d’etreenregistre par Tbistoire; eile s’associa ä tousles perils du Soldat, ranima le courage des as-sieges par son exemple, et mourutsur la brecheau plus fort d’un assaut, par 1’explosion d’unbaril de poudre, au moment oü eile distribuaitdes munitions aux soldats; eile n’avait quevingt-neuf ans. On lisait jadis dans la nef d’uueancienne chapelle , bätie sur les bords duDoubs, l’epitaphe de cette heroine, dont le sa-vant Jacques Guijon composa l’eloge funebreen vers latins. — Le brave de Bissy ne survecutpas longtemps ä son eponse clierie; 1’anneesuivante il fut mortellement Messe sous lesmurs de Beaune ou il expira le 27 juillet 1593,ä l’äge de trente-trois ans; les ligueurs furentsoupeonnes d’avoir bäte par le poison la mortde ce redoutable enuemi.

Lorsque Heliodore de Thiard soumit Verdunä Henri IV, il trouva cette ville si mal pourvued’armes defensives, qu’il avanca de ses propresdeniers six mille cinq Cents ecus pour aclieterdes canons, des lialies, de la poudre et autresmunitions' de guerre neecssaires pour mettrecette place en etat de resister aux ennemis du roi.Cette somme ne lui fut jamais rendue, et ce nefut qu’apres dix annees de poursuites soutenuesau parlemenl de Bourgogne et au conseil d Etatpar Pontus de Tliiard, luteur des fils d Helio-dore, et par Guillemelte de Montgommery, leuraieule, qu’ils en obtinrent le reniboursement.Ce fait met ä meine d’apprecier la reconnais-sance de la loyaute , et les ressources qu eilepossedait alors. — Oaspard de Gadagne, comtede Verdun, succeda ä Thiard de Bissy dans laplace de gouverneur de cetle ville, et lui con-serva l’imporlance que son predeeesseur lui

avait acquise; il forca les Chalonnais ä aclieterla paix , et perit egalement a la fleur de Tageen coml^attant contre les ligueurs (1594).

Situe sur les fronlieres du duche de Bourgo-gne, Verdun fut une des premieres victimes dela fureur des Imperiaux et des Francs-Comtois.Le 18aoüt 1636, dix mille hommes formant l’a-vant-garde de l’armee de Galas s’en rendirentmaitres par capitulation apres une lionorableresistance; il n’y avait pas un seul soldat dans laplace; cinquante habitants, composant toutela population valide du faubourg St-Jean ,oser.ent tenir lete a l’armee ennemie. Apresavoir devaste et incendic plusieurs localites desenvirons, notamment levillage et le chäfeau deBragny, ou Tun des üls d’Heliodore de Bissyconservait la precieuse bibliothcque de son il-lustre parent, le savant Pontus de Tliiard, lesennemis evacuerent Verdun,mirentlefeu dansdeux quartiers, et n’eparguereiit le resle de laville qn’apres le payement d’une forte contri-bution ; en se retirant, ils emmenerent prison-niers une vingtaine des pj-incipaux habitants ,qu’ils massacrerent, ä L’exception d’un seul. —Pendant les troubles de la Fronde, le prince deConde^fit reparer les fortilications de Vei'dunoü il mit une forte gnrnison, qui fut chassee ädeux reprises differentes (4 650 et 4653) parles habitants. Le roi de France ne recompensatant de devouement et de patriotisme que parquelques eloges et par de steriles promesses.Mais, en 1653 , les etats de Bourgogne, pourfaire oublier aux Verdunois cette royale in-gralitude, arreterent « qu’en considcration desServices et fidelite des habitants de Verdun,temoignes tant envers le roi qu’envers la pro-vince , en I’aiinee 4636 au passage de Far-mee ennemie commandee par le general Ga-las , et es derniers sieges de la ville de Seurre,les depules de la ville de Verdun auroient en-tree et seroient receus a ehaque convocalion etassemblee des etats du duche ; les deputes deLouhans, St-Laurent et Cuiseaux allernative-ment » (Reg. 43 e des deliber. des eins, arch,de Bourgogne ä Dijon).

On cherche aujourd’hui vainement ä Verdunquelques vestiges des monuments auxquels serattachaientdes Souvenirs liistoriques.L’antiquechateau fort a ete rase par ordre de Henri IV;Louis XIV a fait demolir les fortifications; onignore le lieu oü fut l’höpital; la jolie chapellede la ville, qui avait survecu aux dcvastalionsde la guerre, n’a pas echappe aux troubles dela revolution ; le chateau moderne, danslequelle sculpteur Boichot (de Chalon) avait de-ploye ses lalents, a ete vendu par lambeaux ,et une masse infornie s’eleve ä la place del’ancienne eglise paroissiale. L’histoire meme,oulilieuse ou partiale , n’a pas enregistre dansses annales tous les titres de gloire de cette va-leureuse eite; mais cet oubli doit 6tre in-cessamment repare par Ja publication d’unebistoire complele de la ville de Verdun, donts’occupe un studieux citoyen de cette ville,auquel notis sommes redevable des jnotes quinous ont servi pour la composition de cet ar-ticle.