P R E F A CE. xxxix
Pour avoir du verre, c’est assez que les parries se touchentdans un point; l’union formée par ce contact suffit pourconstituer la transparence mais non pas la malléabilité.C’est cette espèce particulière d’union qui multiplie lespores du verre , & qui le rend , comme le dit Lucrèce ,perméable à la lumière ; d’aiileurs chaque matière restedans la composition ce qu’elle étoit auparavant. Cepen-dant s’il faut que je revele mon sentiment avant que definir, je dirai que le seul élixir des Alchymistes peut pro-duire cet effet, & que l’un & Fautre secret se découvriradans le même tems.
Des Fourneaux.
Avant de commencer à parler de l’Art de la Verrerie,il est nécessaire de mettre fous les yeux, la forme des four-neaux , de décrire les inltrumens que l’on employé, & dedire la maniéré dont on travaille les compositions, lorf-qu’elles ont été cuites au feu ; c’est ce que notre Auteur aomis, quoique laconnoissance en soit très-nécessaire.
Agricola compte trois efpeces de fourneaux dans sonTraité de Re metallicâ. Le premier que l’on appelle Calcaria-est fait comme un four, il a dix pieds de long , sept delarge dans Fendroit où il Test le plus, & deux pies de haut»II y a à Fun de fes côtés un trou quarré d’environ six pouces,dont la partie supérieure est de niveau avec le plan dufourneau, & en est séparée par un espace d’environ dixpouces de large. C’est dans ce creux que l’on jette lescharbons , dont la flamme fe répand dans tout le fourneau,6c est renvoyée par la voûte fur ia fritte : la fumée s’en vapar l’ouverrure du fourneau à calciner; &l’Ouvrier ne re-mue îa fritte qu’aprèsque toute la fumée en est partie. Lescharbons, cornme dans d’autres fourneaux , font posés furdes grils de fer, d’où les cendres tombent dans le cen-drier qui est de niveau avec Faire ou le plan du fourneau»Le Verrier que l’on nomme communément le Fondeur estcelui qui marque les proportions ou doses de sel, de cea-