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Quatrième partie.
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ESSAI

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donnant désormais sur une plus vaste échelle : mais cet accroissement n’était sensible quesur la longueur; il fallait un dernier effort d’invention pour donner à la demeure du dieu lalargeur que demandaient les nouveaux besoins du culte. On imagina de faire occuper par lacella elle-même l’espace qui, dans le périptère, ne servait qu’à la circulation autour de l’é-difice. Les colonnes extérieures latérales lurent alors engagées dans le mur du vaoç, quisembla s’être distendu de lui-même : cette forme de temple constitua le pseudo-périptère. Vitruve ne le compte point parmi les genres réguliers; mais il en dit quelques mots à propos de plusieursarrangements convenables en quelques circonstances (i) : « Car, ajoute-t-il, les temples de tous lesa dieux ne doivent point être construits de la même manière, les cérémonies des sacrifices n’étant« pas les mêmes pour tous. » Il résulterait de ce passage qu’à mesure que la religion anciennes’altérait en se compliquant, la coutume de célébrer une partie des rites religieux dans l’intérieurdes temples devenait plus fréquente dans certains lieux et pour certaines divinités.

Diodore de Sicile nous apprend que le vaste temple de Jupiter Olympien à Agrigente était unpseudo-périptère, et l’examen des ruines de cet édifice a confirmé cette assertion. La dispositionpseudo-périptérale, comme on le voit par cet exemple, avait pour avantage, non-seulement d’a-grandir par elle-même l’intérieur du temple, mais encore de donner aux colonnes des dimensionscolossales : car, les architraves étant soutenues par des murs, on n’avait point à s’inquiéter dutrop de largeur des entre-colonnements; le prostylon seul demandait, à cet égard, des précau-tions particulières. Un autre exemple du pseudo-périptère, qui se trouve dans la Maison Carréede Nîmes , n’est point fait d’ailleurs pour donner une idée favorable de ce genre de construction.Le porche est, à la vérité, d’un effet majestueux; mais rien de plus lourd que les colonnes en-gagées dans les parois avec leurs chapiteaux écrasés et supportant une corniche massive (2).

De tous les genres de constructions religieuses, le plus magnifique était le diptère. Il étaitoctostyle sur ses deux faces, et un double rang de colonnes régnait tout autour de la cella. Les

pour cela il retrancha du diptère complet les trente-huit colonnes intérieures*. Or, comment y aurait-il là trente-huit colonnes,si l'on n’en comptait pas quarante-six pour le rang extérieur : c’est-à-dire, huit de face, et quinze latérales, cum angularibus , sanscompter celles des angles. Nous savons bien que d’un autre côté, Vitruve dit lui-même (lib. III, cap. 4, vulgo 3) que le périptèredoit avoir sur les côtés deux fois autant d’entre-colonnements que sur les faces, ce qui contredit notre conjecture. Mais les raisonsqui l’appuient nous paraissent néanmoins tellement puissantes, que nous croyons devoir la proposer. Le lecteur décidera.

Quoi qu’il en soit de notre hypothèse, on verra que les architectes ne se sont pas toujours astreints à l’un ni à l’autre des nombresen question. Le temple de Vénus à Pompéi n’a que vingt-huit colonnes. Le Parthénon , qui est octostyle, en a quarante-six : c’est àpeu près la même proportion que donne pour l’hexastyle notre interprétation du passage de Vitruve . Ne comptant pas les seizecolonnes des deux frontons, il en reste trente, ou quinze de chaque côté : or, quinze est le double de huit, moins une unité ; demême que onze est le double de six , moins une unité.

(1) Dans ce passage, l’architecte romain parle assez vaguement de la disposition qui consiste à ajouter des colonnes sur les côtésdu pronaon, dans le genre des deux petites ailes à pilastres et à niches du temple d’Isis, qui sera décrit dans ce volume.Vitruv. lib. IV, cap. 8 (vulgo 7) in fine.

(2) M. Mérimée, inspecteur des monuments historiques de France , s’est assuré que l’inscription de la Maison Carrée, déchiffrée enpartie par M. le président Séguier, doit être lue ainsi :

M. CAESARI. AVGVSTI. F. COS. L. CAESARI. AVGVSTI. F. COS. DESIGNATO. PRINCIPIBVS. IVVENTVTIS.

M. Séguier lisait un C, au lieu delà première lettre qui, comme l’a prouvé M. Pelet, est un M. Cette seule rectification a fait voirqu’il s’agit des deux fils adoptifs d’Antonin, Marc-Aurèle et Lucius-Vérus, les seuls personnages, après les fils d’Agrippa , qui aientporté ensemble le titre de Princes de la jeunesse. Antonin est né à Nîmes On cessera donc d’attribuer au siècle d’Auguste ce monu-ment bien digne d’une époque de décadence.

11 Ex dipteri enim œdis symmetriâ sustulit interiores ordines columnarum XXXVIII. Notre commentateur allemand établit, d’après les manuscrits,le chiffre XXXVIII au lieu de XXXIV donné par Philanderj mais il donne de ce nombre une raison peu fondée : il s appuie sur ce que Vitruve , liv. IV,chap. 7, en parlant du temple toscan in antis , dit que son pronaon a quatre colonnes, dont deux au front entre les pilastres, deux dans l’intérieur à égaledistance de celles-ci et de la porte de la cella. Mais le savant annotateur paraît s’être trompé, s’il croit qu’en supprimant le pourtour, on supprime lescolonnes du pronaon, ce qui lui ôterait toute solidité, et s’il applique en outre à ces grands temples grecs de la construction la plus majestueuse ce queVitruve a dit du petit temple construit à la manière des Étrusques. La véritable raison du nombre XXXVIII donné par les manuscrits se trouve dans l’in-terprétation du mot cum angularibus, tant dans ce passage que dans celui qui concerne les périptères.