II
CHRISTIANISME ET MIGRATION DES PEUPLES.
Immense révolution. — Les Goths. —Ulphilas, Jordanis, Warnl-frid. — Chute de l’empire romain d’Occident. — Théodoric. —Les Longobards. — Les Francs.—Romanisme et catholicisme.— Boniface. — Conversion des tribus germaniques au christianisme. —Poésie posthume du paganisme allemand; légendes dehéros. — Chants de Hildebrand et de Hadubrand, du roi Beowulet de Walther d’Aquitaine.
Quand on a étudié l’histoire des derniers siècles de l’empire romain, on reste convaincu de la nécessité où se trou-vait l’humanité de se régénérer, si elle ne voulait périr decorruption. La société antique, telle |que nous la décriventJuvénal et Tacite dans leurs brûlants écrits, n’aspirait plusqu’à satisfaire, dans de crapuleuses orgies, ses instinctsde volupté féroce. Ivre de fureur et de débauche, elle s’avan-çait aveuglément vers la catastrophe qui devait engloutirl’ancien monde et fonder sur ses débris une société nouvelle.
Deux causes différentes précipitèrent cette révolution ;d’un côté l’action de la pensée humaine, de l’autre, l'ardeurimpatiente des peuples du Nord. En effet le spiritualismeoriental, infusé dans le christianisme, condamnait à périr le
3