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LA SOCIETE ET LES MŒURS ALLEMANDES
le Rhin, il anéantit à Worms la maison royale de Bour-gogne, et ravagea tout le pays jusqu’à la Loire. Aétius, ayantréuni, sous les aigles romaines, les barbares établis en Gaule,arrêta les Huns et lit reculer Attila, qu’il vainquit dans lesplaines de Châlons-sur-Marne en 451. Abandonnant cechamp de bataille couvert de 162,000 morts, Attila descenditen Italie l’année suivante, et, à la prière de saint Léon, ilsigna la paix avec Valentinien III. Il mourut subitement peude temps après, la nuit même de son mariage avec la belleIldiea, princesse bourguignonne (453). Avec lui finit l’empiredes Huns, qui aussitôt après se déchirèrent entre eux.
L’empire d’Occident succomba bientôt à son tour sous lescoups des Germains que Rome avait pris à sa solde. Deve-nus les maîtres de l’armée, ils demandèrent à Romulus Au-gustule, un fantôme d’empereur, de leur céder le tiers desterres de l’Italie. Sur son refus, ils le détrônèrent et mirentà sa place un des leurs, l’Hérule Odoacre (476), à qui, sui-vant la légende, un missionnaire chrétien, Séverin, avaitprédit qu’il porterait la couronne. Odoacre gouverna l’Italiependant douze ans avec le titre de roi; mais sa qualitéd’Arien le rendit odieux à l’empereur d’Orient, Zénon, quiarma contre lui Théodoric et les Ostrogoths. Battu à Vérone,près de l’Adda, Odoacre s’enferma dans Ravenne, où il futpris en 493 et massacré dans un festin.
Théodorrc fonda un nouvel empire d’Occident, qui com-prit toute l’Italie et s’étendit jusqu’au Danube. Il distribuales terres à ses compagnons qui, jusque-là, n’avaient connuque les armes, conserva les rouages de l’administration ro-maine et protégea même les arts. Sous lui, vécurent Boèce,dont les Consolations de la philosophie, dialogue inspiré parl’esprit du paganisme, mais éloguent et élevé, ,at le livrefavori des savants du moyen âge, et l’historien Cassiodore,auteur de l’ouvrage de Institutione divinarum litterarum, qui