Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
145
JPEG-Download
 

l’église, la. science, l’art et le théâtre

145

que des Othon et plusieurs écoles de peinture avaient étéouvertes en Allemagne. Les tableaux conservés au châteaude Carlstein, en Bohême, bien que grossièrement dessinés,attestent le goût parfait et le brillant coloris des artistes quiles ont produits, Nicolas Wurmser, Théodoric do Rague etun certain Kundze. Aux églises de Nuremberg, on voit destètes de saints d’un style correct et dont l’expression ré-pond exactement à l’idéal chrétien. Celles de Colognefurent décorées par deux peintres, nommés l’un Guillaumeet l’autre Etienne.

La sculpture trouva aussi à s’exercer dans la décorationintérieure, dans la ciselure des vases d’église et des monu-ments funéraires. Parmi le nombre immense d’œuvres ence genre, il en faut citer quelques-unes où l’art antique amêlé la beauté de ses formes à l’inspiration chrétienne,entre autres la porte qui fermait au midi la cathédrale deStrasbourg. S’il est vrai, comme on le prétend, qu’elle soitsortie des mains de Sabina, fille de l’architecte Ervin, il fautajouter le nom de cette artiste à la liste des femmes qui sesont illustrées dans la sculpture.

Un détail pourtant nous avertit de la distance où l’onétait de la vraie plastique : c’est l’habitude qu’on avait depeindre les figures sculptées. En outre, les sculpteurs tom-baient souvent dans la grimace et la satire pour faire par-ler la pierre. Une figure en relief du portail de la chapelleSainte-Marie à Wurtzbourg représente le jugement dernier.Le pape et les prélats s’y trouvent parmi les damnés del’enfer. D’autres fois le sculpteur a représenté les moinessous la forme d’animaux immondes. Un tableau de l’églisedePfortzliein représente un moine à tête de loup avec lecou d’une oie. -Debout sur la chaire, il prêche à la com-munauté figurée par un troupeau d’oies qui ont ues cha-pelets au bec. La chaire porte cette inscription : « Je^eux tant vous raconter de fables que vous me garnissiezbien les poches. » On le voit, l’art comme la littérature

9