Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
152
JPEG-Download
 

15 ?

LA SOCIÉTÉ ET LES MCEl'RS ALLEMANDES

Peu de tactique et de stratégie dans les combats, bi lacharge de cavalerie ne décidait pas la victoire, on luttaitcorps à corps, une compagnie contre l’autre ; la force et lecourage triomphaient. Souvent dans les grandes batailles,les cavaliers ,sans avoir reçu de blessures, périssaient étouf-fés dans la mêlée sous leur pesante armure, surtout s’ilsavaient perdu leur cheval ou mis pied à terre, comme celaarriva à Sempach. Cette manière de combattre rendait lesretraites meurtrières et les historiens parlent d’un grandnombre de morts pour la moindre rencontre. Peut-êtreavait-on déjà l’habitude que nous voyons conservée dansles bulletins russes du Caucase, où pour cent ennemis detués on cite à peine un seul mort dans l’armée victorieuse.

En marchant à l'ennemi, on entonnait un chant de guerrequ’accompagnait le son des cors et des trompettes. Ilétait honorable d’attaquer le premier et cette précipitationcoûta souvent la victoire. Nul moyen d’ailleurs de com-biner l’action de l’infanterie avec celle de la cavalerie qui laméprisait sottement. Pour se mettre à l’abri des coups, onavait les burgs ou châteaux-forts et les villes fortifiées parl’art ou la nature, Parfois on s’abritait derrière des campsretranchés ou des barricades de chariots. Ce dernier moyende défense fut surtout employé par Jean Ziska, le grandcapitaine des Hussites. On prenait les places à l’assaut ouau moyen de machines il projectiles, ou encore après avoirbattu les murs en brèche avec des béliers. Au moyen detours mobiles on jetait des ponts sur les remparts. Parmiles machines qui servaient à lancer des flèches grossescomme des poutres ou d’énormes quartiers de rochers, nousciterons les balistes, les bombardes, etc. Afin de forcer laplace à se rendre, on coupait les aqueducs qui lui fournis-saient l’eau. De leur côté, les assiégés lançaient du haut desmurs sur les assaillants des pierres, des poutres, de l’eau oude la résine bouillante et faisaient des sorties pour détruirele matériel de siège. Au quatorzième siècle, l’emploi de la