l'art militaire et la jurisprudence
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ment la blonde Iseult se tira adroitement d’une épreuve dece genre, nous laisse entrevoir que, dès le treizième siècle,on ne prenait plus au sérieux cette vieille coutume.
Pour les accusés mal famés, le jugement de Dieu étaitremplacé par la torture, dont les raffinements furent poussésà la cruauté la plus révoltante dans les procès de l’inqui-sition, au seizième siècle. Jamais tyrans et despostes n’in-ventèrent des épreuves d’une plus sauvage barbarie. Il estvrai que les princes avaient à se défendre contre la félonieet la trahison, mais la brutalité du châtiment dépassa lagrandeur du crime.
En général, les lois pénales étaient remarquables parleur laconisme. Le code criminel de Saltzbourg disait : « Lefaux monayeur sera brûlé ou bouilli sans jugement; leparjure aura la langue arrachée; quiconque trahit ou em-poisonne son maitre doit être brûlé; le serviteur quicouche avec la femme, la fille ou la sœur de son maîtreest pendu ou décapité; celui qui viole une vierge ou unefemme aura la tête tranchée. » Ce dernier supplice étaitsurtout appliqué aux crimes d’immoralité; on frappait dela hache les vilains, et les nobles de l’épée. Dans le grand-duché de Hesse, on enfonçait une pierre dans ta, poitrinede celui qui avait violé une femme, et la personne outra-gée frappait les trois premiers coups.
Il y avait plus de honte à être pendu que décapité; aussiréservait-on la corde pour les voleurs de nuit, tandis queles voleurs de jour avaient la tête tranchée. Les femmes nefurent pendues que très-rarement; on brûlait les sorcières,les empoisonneuses, les voleuses en état de récidive et lesinfanticides. Ce dernier crime était alors si rare, que le tri-bunal de Francfort-sur-Mein n’en eut qu’une seule à jugerpendant tout le quinzième siècle. La coupable fut con-damnée à être noyée, puis graciée sur la prière des autresfemmes. A Nuremberg, il n’y en eut aucun pendant lequinzième siècle, six pendant le seizième et trente-trois