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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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160 LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

pendant le dix-septième. Dans cette ville, les adultèresétaient enterrés vivants, châtiment que l’on infligea aussiquelquefois aux religieuses infidèles à leur vœu de chasteté.La peine du bûcher frappait les hérétiques, les sorciers, lesspoliateurs d’une église, les profanateurs de tombeaux,les incendiaires; celle de l’huile bouillante était pour lesparricides; les traîtres à la patrie étaient écartelés. Lesupplice de la roue était souvent appliqué; il y eut mêmedans l’Allemagne du Nord une machine qui ressemblait fortà la guillotine. Enfin les exécutions de toute sorte furentnombreuses; il y en eut à Augsbourg six cent trente del’année 1350 à 1750; quatre cent onze à Lubeck, de 1371à 1460 et huit |cent soixante à Francfort, de 1366 à 1700.

Quand la justice criminelle ne condamnait pas les cou-pables à mort, elle les faisait battre de verges ou aveugler,leur coupait le nez ou les oreilles, les doigts de la main oudu pied, leur arrachait la langue ou les marquait d’un ferrouge. Quand elle ne les privait pas de leurs membres, elleleur infligeait des peines déshonorantes, tantôt le piloritantôt l’obligation de paraître en public une épée nue ouune corde au cou; tantôt elle obligeait les princes coupablesà porter un chien sur leurs bras ; elle enterrait les hérétiqueset les suicidés près des chemins de croix. Elle avait mêmedes supplices ridicules et d’une gaieté brutale; la femmequi avait battu son mari traversait la ville à reculons surun âne ; celui qui volait des légumes, celui qui trichait aujeu, le domestique médisant, la femme querelleuse avaientla tête plongée à plusieurs reprises dans un baquet d’eau.Quelquefois, le coupable, enduit de résine, était roulé dansla plume.

A une justice aussi barbare, il fallait des prisons terribles.La plupart étaient de vrais centres de la mort et de la pesteet nos « paisibles Allemands » y avaient accumulé les mêmestortures qu'Ezzelin en Italie, et Louis XI eu France.