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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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BOURGEOIS ET PAYSANS

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reconnaître que le mouvement et le signal nous vinrentd'au delà des Alpes. En Italie, le souvenir de l’antique vierépublicaine ne s’était jamais éteint et il refleurit avecéclat, loisque la lutte entre le pape et l’empereur permitaux villes de prendre entre les deux adversaires une posi-tion favorable. L’héroïque résistance que les communeslombardes opposèrent au despotisme des Hohenstaufeneut son contre-coup en Allemagne : des Lombards exilésse fixèrent dans les villes suisses ; un généreux élève d'A-bélard, le martyr Arnold de Brescia, vint prêcher à Zurichla liberté politique et la liberté religieuse.

A l’endroit où la Limmat sort du lac de Zurich s’élevait,à l'époque carlovingienne, un château royal flanqué d’uneéglise que desservaient les prêtres d’une abbaye. En 853,deux filles de Louis le Germanique fondèrent sur l’autrerive, un couvent de femmes auquel le roi donna un grandnombre de biens fonds et qui devint bientôt un des plusconsidérables de l’Allemagne. C’est de là qu’est sortie Zurichque vous trouverez désignée comme eivitas (ville) et entou-rée de murs dès 929. L’abbesse du couvent de Notre-Damenommait le maire ou bailli de la ville, et avait les droits dejustice et de monnayage. Quand, vers 1097, la Thurgovie etZurich passèrent au duché de Zæhringen, il y eut un tempsd’arrêt dans le développement de la ville naissante qui nereprit son importance qu’à l’introduction de la maison du-cale. Arnold de Brescia y exerça, de 1140 à 1145, une grandeinfluence religieuse et politique. Plus tard elle fut adminis-trée par un collège de magistrats qui n’était au début que leconseil de l’abbesse, mais qui s’affranchit peu à peu decette tutelle pour devenir une autorité purement civile,choisie par les chevaliers et la bourgeoisie. Après l’extinc-tion des Zæhringen, Zurich passa au rang de ville de l’em-pire, et Frédéric II eut la courtoisie d’en confier l’admi-nistration à un Zurichois. Lorsque cet empereur mourut,la commune ôtait en pleine vie de prospérité et la bour-

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