BOURGEOIS ET PAYSANS
173
delà bourgeoisie allemande, vinrent peu à peu se grouperquatre-vingt-cinq villes, divisées en quatre cercles, présidéschacun par une ville : Lubeck, Brunswick, Cologne etDantzig. L’acte de confédération signé à Cologne, en 1364,donna à le. ligue sa vraie constitution : développement ducommerce et de l’industrie au dedans et au dehors, établis-sement de grands comptoirs à Londres, Bruges et Novo-gorod, concentration sévère du droit dans les villeshanséatiques, conservation et accroissement des libertésbourgeoises, tel était le but de la Hanse. Il fut atteint etmôme dépassé. Par ses armes et son commerce, la Confé-dération régna sur tout le Nord, mit la Norwége sous sadépendance, ainsi que la Suède et le Danemarck et disposades couronnes. En même temps qu’elle réprimait à l’inté-rieur les excès de la chevalerie, son pavillon balayait lamer des pirates et des flibustiers; ses soins civilisateurs tra-çaient des routes et creusaient des canaux. N’oublions pascependant que l’égoïsme du négoce présidait à ces entre-prises, comme il fait aujourd’hui à celles du peuple le pluscommerçant du monde.
L’aspect des villes allemandes ne changea guère dutreizième jusqu’au quinzième siècle, époque où l’emploides armes à feu nécessita des fortifications. La ville étaitentourée d’un fossé défendu par des tourelles et des bas-tions, derrière lesquels se trouvaient le rempart et le murd’enceinte, ce dernier couronné de créneaux le long des-quels s’élevaient par intervalle des tours rondes ou car-rées que séparaient des portes formidables à pont-levis. A1 intérieur, les constructions, d’abord faites en bois, en terreglaise, en joncs et paille, demandèrent peu à peu des maté-riaux plus solides. Les ravages de l’incendie, plus que1 amour du beau, forcèrent les bourgeois à employer lapierre et les briques. Toutefois ces objets étaient si chersfin en beaucoup de lieux on les réserva pour les édificespublics. Comme les Grecs et les Romains, la bourgeoisie du
10 .