BOURGEOIS ET PAYSANS
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Brême, Henri le Lion, ils prirent leur revanche en 1227 etconquirent la liberté de fonder le long de la mer du Nordune bande de territoire indépendante qui s’étendit jusqu’enHollande et se souda à la libre bourgeoisie hanséatique.Ceux de Steding n’eurent pas une fortune aussi heureuse.Ils s’étaient débarrassés des gentilshommes qui les oppri-maient, mais le pape Grégoire IX, trop crédule aux calom-nies de l’archevêque Gerhart de Brême, les excommuniacomme hérétiques, et Frédéric II les mit au ban de l’empire.Une croisade fut dirigée contre eux par le comte d’Olden-bourg qui y périt avec deux cents chevaliers (1233). L’annéesuivante une nouvelle et plus nombreuse expédition envahitleur territoire. Ces hardis paysans, quoique mal armés, af-frontèrent bravement la mort, combattant un contre quatre,sous la conduite de leurs capitaines Bolek, Tammo et Dit-mar. Bravoure et désespoir inutiles 1 Six mille d’entre euxtombèrent sur le champ de bataille; le reste se réfugia chezleurs voisins libres, les Rustringeois.
Jusque vers la fin du treizième siècle, lespaysans des Alpes,Scbwytz, Uri et Unterwalden étaient restés indépendants. Acette époque, la maison de Habsbourg ayant voulu lessoumettre, ils renouvelèrent leur vieille confédération de1291 et arrêtèrent en 1308 les empiètements de l’Autriche.Sur ces faits historiques on a brodé la légende de Guil-laume Tell et du serment du Grutli, mais ce qui est certain,c’est que les confédérés défendirent à Morgarten (1315) leurliberté contre les Habsbourg; qu’à Sempach (1386) ils firentexpier les crimes de la féodalité à six cent cinquante-sixcomtes, barons et chevaliers; que la bourgeoisie de Berne,avec le secours des Waldstætte, humilia, en 1351, près deLaupen, l’orgueil de la noblesse ; que les paysans de Glarisvainqueurs, en 1388, secouèrent le joug impérial; que lespâtres d’Appenzeil, par leurs deux victoires de Speicher etde Stoss (1403 et 1405), s’affranchirent de leurs seigneurslaïques et religieux; que la Confédération, enfin, établit
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