290 LA. SOCIÉTÉ ET LES MŒl’RS ALLEMANDES
ques et le dôme romain; en sculpture et en peinture, le spi-ritualisme germanique fit place aux réalités naturelles et àune plastique florissante. Quel brillant cortège de beauxgénies s’élève presque en même temps de tous les pointsdo l’Italie et inscrit son nom en lettres immortelles dans lesfastes de l’art! Brunelleschi, Michelozzi, Alberti, Bramante,Sansovino, Palladio, Le Guerchin, Ghibarti, Donatcllo, Cel-lini, Léonard de Vinci, Michel Ange, Le Corrégo, Raphaël,Le Titien et tant d’autres! Le Nord a sa part aussi dans ceréveil généreux. L’école ouverte en Flandre au quinzièmesiècle par Hubert, Jean et Marguerite Van Eyk produit, auxseizième et dix-septième siècles, les maîtres célèbres duBrabant et de la Hollande, Rubens, Van Dyek, Rem-brand, etc.
Un des caractères dominants de l’époque de la Réforme,c’estla fréquence et la facilité des relations entre les peuplesque le moyen âge avait isolés. Par les routes ouvertes d’unpays à l’autre, les idées vont circuler comme les marchan-dises, les voyages deviendront un moyen d’instruction etde perfectionnement. Les savants et les artistes, en se dé-plaçant, échapperont aux entraves de la profession ouvrièrepour conquérir une action plus libre, une vie plus indé-pendante. Tout ce mouvement est le résultat naturel dusouffle de liberté que le protestantisme naissant inspire àchaque individu. Nous ne rencontrerons plus ces œuvrescolossales dont les maçons dotèrent l’Allemagne au moyenâge ; mais, en revanche, nous retrouvons l’unique et vraiesource de l’art, le culte de la nature et l’étude de son orga-nisme.
C’est au seizième siècle que s’accuse magistralement lestyle de la Renaissance, au belvédère de Prague, à la partieouest du château de Heidelberg et au château de Saint-Martin, à Mayence. Dans les premières années du dix-sep-tième siècle, Élie Holl construisit en style italien l’hotel deville d’Augsbourg, Charles Holtzschuher celui de Nurem-