Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
416
JPEG-Download
 

416

LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

oripeaux détestés, la queue, le corset et le bâton, ainsi queles livres anti-patriotiques de Kotzebue, Kampts et Haller.

L’année suivante, à Pâques, la Burschenschaft reçut laconstitution qui devait la rendre propre à réaliser son idéald’une Allemagne libre avec des institutions libérales, maisson action fut entravée dès le début. Au mois de mars 1819,l’infâme Kotzebue, espion russe et calomniateur avéré desa patrie, ayant été tué à Manheim par l’exalté Karl Sand,la police de Mayence fit une enquête contre la Burschens-chaft dont tous les membres furent placés sous sa hautesurveillance. Dès lors le romantisme auparavant si vanté futpoursuivi sous le nom de démagogie et l’on commença partoute l’Allemagne cette chasse aux démocrates, qui a anéantitant de sève et de bon vouloir. La raison d’État fut inxora-ble ; aux sons mélancoliques de la chanson de Binzer : Nousavions construit , etc., on procéda solennellement, près d’Iéna,à la dissolution de la Buschenschaft. Les restes de la société,dissimulés sous les noms d 'Américains et de Germains secachèrent dans les universités pour reparaître en 1848 augrand congrès d’étudiants qui eut lieu à la Wartbourg, maisles protestations qui éclatèrent quand on voulut entonnerle cantique Ein feste Burg montrèrent qu’un autre espritanimait la société. Désormais elle se partageait en religionsdifférentes et comprenait aussi des gens sans religion. Apart cette suppression du romantisme patriotique, la viepublique en Allemagne n’offrit aucun événement remar-quable de 1820 à 1830, étouffée qu’elle était par une policequi ne voulait pas de citoyens, et qui entendait gouvernerla masse inerte de la bourgeoisie comme on fait des ani-maux à l’écurie, en lui assurant la lumière et l’air, le mou-vement et le repos.

Les nations qui acceptent une vie semblable tombent dansun abrutissement qui n’est remué de temps à autre que par