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I,A SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
verselle. La philosophie est à ce moment dignement repré-sentée par Henri Ritter, Michelet, Fortlage, Zeller et Fischer,mais c’est surtout dans l’histoire de la littérature et deslangues que nos savants se distinguent et sont supérieurs;il suffit de citer les beaux travaux de Gervinus, de Kobers-tein, d’Hillebrand sur la littérature germanique, ceux deMüller, de Welker, de Bode et de Bernhardy sur la litté-rature grecque et romaine, ceux de Hettner sur le dix-huitième siècle, de Dietz sur la littérature provençale, deClarus et de Shackr sur l’Espagne, de Ruth sur l’Italie,d’Ulrici sur l’Angleterre, de Talvy sur la poésie slave, deWachler, de Bouterwek et de Rosenkrantz sur l’histoire lit-téraire universelle. Enfin l’histoire des beaux-arts est traitéeavec une science profonde par Thiersh, Stieglitz, Schorn,Lubke, etc., celle de l’art dramatique par Æt et Devrient.
Nos explorateurs, interprètes, naturalistes, ayant à leurtête Oken, rendent les plus grands services à l’humanité,comme on peut le voir par ce qu’a fait Liebig. Alexandrede Humboldt embrassant dans son vaste cerveau toutesles sciences naturelles, nous donne par son Cosmos la syn-thèse du monde physique et saisit pour ainsi dire l’âme dela nature. Un célèbre géographe, Charles Ritter, créa lagéographie comparée et philosophique; de son école sortl’impulsion qui décidera tant de courageux voyageurs àbraver les plus grands périls afin d’élargir l’horizon phy-sique et intellectuel de leurs compatriotes. Enfin les mathé-matiques et l’astronomie continuent à progresser, grâce àGauss, Madler, Jacobi et Dirichlet.
Si nous écrivions l’histoire littéraire de l’Allemagne, nousaurions à étudier les divers rameaux de l’école romantiqueet les courants variés que la poésie a suivis jusqu’àce jour ;mais notre cadre ne nous permet de citer que les poètes quise distinguent par un caractère plus particulier d’originalité,tels que Uhland, Ruckert, Kerner, Mullers et Joseph dEi-chendorff. Walter Scott eut. chez nous un des imitateurs,