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HISTOIRE DU CAFÉIER
ben-Saïd, Ali ïïabbani, originaire de Kablian, petiteville de l'Arabie heureuse, faisant un voyage en Perse,y trouva des gens de son pays qui prenaient du caféet vantaient fort cette boisson. De retour à Aden il setrouva indisposé et eut l’idée de prendre aussi de cetteliqueur pour se rétablir. L’effet fut salutaire, l'arabereconnut que le café dissipait les vertiges, lespesanteurs de tête, qu’il rendait vif et alègre, et lepréconisa de manière à le faire adopter. Il en fitprendre aux derviches et leur rendit plus facile lesveilles auxquelles leur rite religieux les obligeait b
De tous ces détails il ressort que c’est au hasardque l’on doit attribuer la connaissance des propriétésdu café et que le caféier fut transporté de son paysnatal dans l’Yémen, jusqu’à la Mecque et peut-êtremême jusqu’en Perse, avant de l’être dans la basseEgypte.
Cependant deux frères, médecins persans, attachésaux personnes de l'Emir et des Scheiks de la Mecque,Noureddin Cazeroni et Alaeddin Ali, avaient faitconnaître leur appréciation sur le café, que cettesemence était sèche et froide et peu propre à exciterau plaisir des sens, ce qui avait diminué l’empresse-ment à boire celte nouvelle liqueur. Ces deux savantsde l’époque furent mis à mort plus tard, pour avoirémis une opinion différente de celle du sultan.Palgrave 2 donne comme légende inventée par leschrétiens d’Orient que Mahomet s’étant un jour enivré,tua son maître et son ami, le moine historien Boheyra,connu dans les annales ecclésiastiques sous le nom
1. Galland (Antoine), Traité de l'origine et des progrès ducafé, traduit sur un mss. arabe de la bibliothèque du Roi,in-12, Caen, 1699.
2. Une année de voyage dans l’Arabie Centrale. Hachette,1866.