HISTOIRE bu CAFEIER
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de dépenses extraordinaires. Par cette même lettre,il était interdit de jouer, dans les cafés, à des jeuxdéfendus.
Tous les gouverneurs n’observèrent pas cette règle,et la ferme des cafés augmentant, le Roi régla, en1756, que un tiers serait pour le gouverneur, un tierspour l’Intendant et le troisième tiers, employé engratifications. En 1759, la ferme des cafés fut réunieà l’octroi. Elle produisait en moyenne à S 1 Domingue24 mille livres.
Montesquieu, dans ses lettres persanes, exprimeavec son esprit et sa finesse habituelles son opinionsur les cafés. « Le café, fait-il dire à Usbeck, est très en» usage à Paris. U y a un grand nombre de maisons» publiques où on le distribue. Dans quelques-unes de» ces maisons, on y dit des nouvelles ; dans d’autres» on y joue aux échecs. 11 y en a une dans laquelle» on apprête le café de telle manière qu'il donne de» l’esprit à ceux qui en prennent. Au moins de tous» ceux qui en sortent, il n’y a personne qui ne croie» qu'il en a quatre fois plus que lorsqu’il y est en-» tré 1 ».
Le chocolat, le thé et le café sont très à la mode, ditun observateur sous le règne de Louis XIV, mais lecafé est préféré au deux autres, comme un remèdeque l’on dit souverain contre la tristesse. Une dameapprit que son mari avait été tué dans une bataille :« Ah ! que je suis malheureuse, s’écria-t-elle, vitequ’on m’apporte mon café. » Et elle fut consolée 2 .
On raconte que Sarah Bernhardt, passant en Amé-rique pour jouer le rôle de Cléopâtre dans la pièce
1. Usbeck à Rhédi, 36“ lettre.
2. Dulaure, Histoire de Paris, 7“ vol. p. 281.
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