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Tome premier.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE PREMIER.

pitées descendent sur les croupes de toutes les gorges en suivanttoujours les lignes de plus grande pente et s’ajoutent les unes auxautres depuis la région des hauts sommets jusqu’aux plaines infé-rieures, recueillant sur leur passage les apports des vallées laté-rales, augmentant de volume à la rencontre de chaque affluent,ralentissant graduellement la vitesse de leur marche et venantenfin s’étaler et se perdre dans le réservoir commun de tous lesfleuves — la mer.

A quelle époque, à la suite de quelles convulsions du sol cethalweg s’est-il formé? A-t-il toujours présenté les mêmes ondu-lations, les mêmes pentes, le même relief? Ces sources qui,depuis des centaines et peut-être des milliers de siècles, alimen-tent toute une vallée, ne finiront-elles pas par s’épuiser? Cet écou-lement a-t-il été toujours le même depuis l’origine des tempsconnus? Comment ce grand bassin terminal, où chaque année,chaque jour, chaque heure apportent de nouvelles masses d’eau,ne se remplit-il pas et n’augmente-t-il pas son volume d'unemanière appréciable? Ce sont là des questions qu’on se pose àpeine.

Un fait est constant, c’est que l’on est en présence de troisfacteurs principaux :

i° Un grand bassin d’alimentation situé dans la région monta-gneuse ;

2° Un couloir d’écoulement toujours en activité ;

3° Un vaste réservoir de réception.

La source ne tarit pas et ne semble pas devoir s'appauvrir; lecanal fonctionne avec une régularité parfaite; le bassin d’arrivée,enfin, se maintient toujours au même niveau et ne paraît pas sen-siblement influencé par les masses considérables d’eau qu’il reçoitsans cesse.

Aucun phénomène naturel ne se présente dans des conditionsplus singulières en apparence, mais aussi plus grandioses, d'uneordonnance plus régulière et d’une aussi magnifique durée. Il enest peu qui ouvrent à l’esprit et même à l’imagination des hori-zons plus étendus.