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Tome premier.
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LE RHONE PRIMITIF.

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moment où cette surface est descendue à une température suffi-sante pour se figer et passer à l’état solide. La Terre a alors étéformée. Mais, en passant ainsi de l’état gazeux à l’état liquide eten se revêtant ensuite d’une enveloppe solide, elle a dû forcémentabandonner la plus grande partie de sa chaleur d’origine, et elle aperdu en même temps sa lumière propre. La Terre, comme toutesles planètes, n’est donc, en définitive, qu’un vieux soleil refroidiqui s’est contracté et éteint. Arago a pu l’appeler, d’une manièretrès imagée et parfaitement juste, un « soleil encroûte ».

IV

L’épaisseur de cette couche solide est elle-même assez malconnue ; et il est difficile, à vrai dire, d'avoir à ce sujet desnotions certaines et tout à fait scientifiques. Certains géologuesont pensé que l’augmentation de température avec la profondeur,quoique toujours réelle, se ralentissait à mesure qu’on se rappro-chait du centre de la terre. D’autres ont admis, au contraire, quela progression de la chaleur était continue et exactement propor-tionnelle à la profondeur. Les premiers ont été conduits à donnerà l'enveloppe solide de notre planète une épaisseur de plus demille kilomètres ; les autres soutiennent, au contraire, que notrecharpente minérale doit avoir à peine une profondeur de cin-quante kilomètres.

Cette dernière opinion, généralement adoptée, paraît être laplus rationnelle. Quoi qu’il en soit, il est aujourd’hui à peu prèsuniversellement admis que la terre, primitivement fluide, s’estrefroidie d’une manière continue; qu’il s’est formé de bonne heurea sa surface un mince épiderme solide, puis une enveloppe, etque cette ossature, d’abord brûlante, a été, dans le principe,entourée d’une lourde atmosphère de gaz et de vapeurs. Ces gazet ces vapeurs ont été l’objet d’une condensation d’autant plusabondante que leur température était plus élevée, et que, par suitefia mouvement de translation du sphéroïde terrestre, ils se trou-