LE RHONE PRIMITIF.
tour, les brise, polit leurs arêtes et les transforme en galets, engraviers et en limons.
Dans la partie inférieure de son cours, au contraire, le fleuve aune pente très douce et qui diminue d’une manière progressivejusqu’à la mer. Le lit s’élargit et s’épanouit d’une manière déme-Su rée. La profondeur se réduit de plus en plus. Les galets et lesgraviers broyés et roulés par le courant ont été peu à peu réduitsà 1 état de sable et de vase ; les eaux presque dormantes n’ont plusulors la force d'entraîner ces matières meubles et d’une extrêmeténuité ; elles se déposent. De là une formation plus ou moinsstable d’alluvions, de bancs de sable et d’îlots sous-marins.
Ainsi, le fleuve présente deux régions distinctes. Dans la pre-uuère, les eaux désagrègent et affouillent le terrain ; dans lasec °nde, ces mêmes eaux déposent les matières provenant de l’af-fouillement supérieur. Le fleuve ne détruit donc que pour recon-struire. Il corrode le lit supérieur de sa vallée, ronge ses rives,sa P e des blocs de rochers sur les flancs des collines qu’il côtoie,* es r °ule jusqu’à la mer et emploie ensuite tous les débris résul-tat de cette trituration, sur plusieurs centaines de kilomètres, àt formation de vastes dépôts et de plaines d’alluvions qui empiè-tnt sur le domaine maritime (i).
^tis, entre ces deux régions extrêmes, il doit nécessairementen exister une intermédiaire où se fait le passage du déblai aure mblai, de l’affouillement à l’atterrissement. Cette région moyennees t le tronc lui-même du fleuve. Le régime y est d'une allureré gulière; les eaux ne sont plus torrentielles, elles ne sont pase °core stagnantes. Les galets et les graviers roulent dans le thal-^ e g avec une vitesse décroissante, sans doute, à mesure qu’ils enj Sce ndent les pentes, mais suffisante cependant pour empêchera formation de dépôts considérables; ils continuent leur routeers la mer et sont à chaque instant remplacés par de nouveauxa Pports provenant des régions supérieures, sans quoi le lit dueuv e s’approfondirait et s'élargirait indéfiniment. Il y a ainsi une
Ch. Lenthéric, Les villes mortes du golfe de Lyon, i” partie, ch. m.