LE RHONE PRIMITIF.
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IX
Lâ région montagneuse du Valais tout entière peut être con-sidérée comme la zone d’érosion de la vallée du Rhône. La grandeplaine qui s’étend de Beaucaire et même d'Avignon à Cette et àla colline de Fos en Provence, constitue la zone de dépôt.
Mais le Rhône rencontre à sa sortie du Valais le lac Léman quirompt l’uniformité de son cours. Ce grand réservoir de quatre-Vlr >gts à cent milliards de mètres cubes (1) est une véritable mer« méditerranée », dans laquelle il forme tout d’abord un deltalacustre et où il dépose toutes les matières meubles que lui ontlivrées les torrents alpins ; il s’y épure et s’en échappe à Genèvecomplètement clarifié. C’est donc en quelque sorte un nouveaufleuve qui commence à la sortie de Genève, et qui serait tout àlait limpide s’il n’était grossi par les eaux troubles de nouveauxaffluents, depuis l’Arve jusqu’à la Durance. Cette dernière sur-tout , dont le cours a près de quatre cents kilomètres et qui prendn aissance au cœur des Alpes Briançonnaises, n’est qu’un immensetorrent d’eau boueuse et constitue le principal agent de formatione t de développement du grand delta de la Camargue (2).
Ainsi, dans l’ensemble de son cours, depuis sa source au col deta Furka jusqu’à la mer, sur un développement de 710 kilo—m ètres environ, le Rhône présente les phases suivantes :
Tout d’abord, dans la région du Valais, il est le torrent d’écou-tarnent des glaciers suspendus aux flancs du Gothard, des AlpesPennines et des Alpes Bernoises. Aux approches du Léman, ilfl°nne naissance à une plaine d’alluvions et se termine par unfldta lacustre, en partie submersible, en partie submergé. Le
( 1 ) D r F.-A. Forel, Histoire naturelle du lac Léman.
( 2 ) D’après M. Duponchel (Hydraulique et géologie agricoles), la proportionf . y® nn e des limons charriés par la Durance est de 0,001; mais elle atteint par-plu' ^ Us< ^ u 4 ou S 0/0 du volume des eaux en temps de fonte de neiges ou de