Band 
Tome premier.
Seite
248
JPEG-Download
 

248 SECONDE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

terribles vibrations du sol et de la mer la manifestation de la puis-sance de Pluton , « l’ébranleur du monde » , et de Neptune,« l’agitateur des flots ».

XVII

Il est évident que les trépidations du sol, qui agissent avec tantde violence à la surface des grandes mers, doivent exercer aussiune influence sensible sur les eaux des lacs et des bassins àemoindre importance.

Le i' r mars 1584, lors du tremblement de terre qui agita pres-que toute la Suisse et une partie des pays voisins, « le lac Lémanfut subitement agité sans le moindre vent et s’élança brusquement dans les terres à plus de cent pas (1) ».

Le 16 septembre 1660, un autre tremblement de terre suspendit à Genève le cours du Rhône. Le sol, à l’endroit où le fleuvesort du lac, fut soulevé. Une série de flux et de reflux bouleversala surface du Léman (2).

Le 8 septembre 1661, une commotion de même nature agitaSuisse et les pays voisins. « Le lac, disent les chroniques, lutému. » A Lucerne, le cours de la Reuss fut interrompu ; une partiedes eaux rentra dans le lac, et on put, pendant quelques instants,traverser la rivière à sec (3).

Le 1" septembre 1666, un tremblement de terre agita les rivesdu lac de Constance. Les eaux s’élevèrent, sur la rive, de 2 530 pieds et se retirèrent subitement (4).

Le 13 janvier 1739, le canton de Berne fut agité par une commotion analogue; le lac de Thun fut aussi « ému », les bateauxqui le parcouraient furent jetés avec violence contre ses bords ( 5 ) •

(1) E. Bertrand, Mémoires historiques et physiques sur les tremblemeulsterre. La Haye, 1757.

(2) F.-A. Forel, Les causes des seiches, op. cit.

(3) Id., ibid.

(4) Id., ibid.

(5) Id. , ibid.