LE CONFLUENT DU RHONE ET DE LA SAONE.
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, " Ce peuple de travailleurs n’est point entassé, comme dansautres villes, dans d’immenses ateliers communs où l’homme,tr aité comme un rouage mécanique, s’avilit dans la foule, se per-Ver tit par le contact et s’use par le frottement continuel avecautres hommes. Chaque atelier de Lyon est une famille compo-S ^ e du mari, de la femme, des enfants; cette famille va chercher^°utes les semaines l'ouvrage, la soie, l'es modèles. Les ouvrierse mportent chez eux les matières premières, les ourdissent à domi-Cl ^ e et reçoivent, en les rendant aux fabricants, le prix convenuP°ur chaque pièce de soierie manufacturée. Ce genre de fabrica-tl0n , en conservant à l’ouvrier son individualité, son isolement,s °n foyer, sa famille, ses mœurs et sa religion, est mille fois moinsPropice à la sédition et à la corruption du peuple que ces arméesMachines vivantes, disciplinées par les autres industries dans^ es ateliers communs, où une étincelle produit l’explosion ete mbrasement. Ce travail à la tâche établit de plus, entre labourgeoisie et le peuple, des rapports continuels et une mutuelles °lidarité de bénéfices ou de pertes, éminemment propres à unirles deux classes par une communauté de mœurs et par une com-munauté d’intérêts. Les villes des montagnes du Forez, Saint-Etienne, Rive-de-Gier, Vienne, Montbrison, Saint-Chamond,s °nt autant de colonies occupées des mêmes industries, régiesP ar les mêmes mœurs, animées par le même esprit. Cette popu-tation de même race, groupée ou disséminée, d’environ cinq cent^dle âmes, est essentiellement active comme le travail, moralec °nime la religion, sédentaire comme l’habitude, parcimonieusec °mme le gain, conservatrice comme la propriété. Tout ébranle-ment des choses l’inquiète. Le chômage ou le travail, la perte oubénéfice sont pour ce peuple toute la politique et tout le gou-vernement. »
Quelques lignes de ce résumé ont sans doute un peu vieilli;quelques détails pourraient être ajoutés, d’autres modifiés, et le*- a bleau serait ainsi complètement en harmonie avec les transfor-mions et les progrès de la ville moderne. Mais l’ensemble estPlein de vie et de vérité, la peinture colorée et saisissante ; et la