XIII
SUR LA MARCHE DU CONVOI DES HELVÈTES ENTRE GENÈVEET LE PAS DE LA CLUSE
Pour évaluer le volume et le poids que représente un approvisionne-ment de trois mois de vivres, pour 368,000 personnes des deux sexes et detout âge, admettons que la ration de vivres était faible et ne constituaitpour ainsi dire qu’une réserve en farine, trium mensium molita ctbaf‘ a ’en moyenne de3/4delivre (3/4.de livre de farine donnent environ uneb vrede pain) ; à ce compte, les Helvètes auraient emporté 24,840,000 livres,soit 12,420,000 kilogrammes de farine. Admettons aussi qu’ils eussentde grandes voitures à quatre roues, pouvant porter 2,000 kilogrammeet traînées par quatre chevaux. Les 100 kilogrammes de farine brutecubent 2 hectolitres; 2,000 hectolitres cubent donc 4 mètres; ce q UIconduit à ne pas supposer plus de 4 mètres cubes de charge moyennepar voiture à quatre chevaux. Sur nos bonnes routes de France, tracéesen plaine et pavées, trois chevaux suffisent pour traîner au pas pendant
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dix heures une voiture à quatre roues portant 4,000 kilogrammes. ^ cplus de 1,300 kilogrammes de charge par collier.
Nous supposons que les chevaux des émigrants ne traînaient q ue500 kilogrammes en outre du poids mort, ce qui donnerait environ6,000 voitures et 24,000 bêtes de trait pour transporter les trois mois devivres.
Mais ces émigrants n’étaient pas seulement pourvus de vivres, i' savaient certainement encore des bagages. Il ne nous paraît pas exagéréde penser que chaque individu emportait, en sus de ses vivres, 15grammes de bagages en moyenne. On est ainsi conduit à ajouter aux6,000 voitures de provision 2,500 autres voitures environ pour les bagages, ce qui fait un total de 8,500 voitures, traînées par 34,000 bêtestrait. Nous disons bêtes et non chevaux de trait, une partie au moins desattelages se composant, sans nul doute, de bœufs dont le nombre dnmnuait de jour en jour ; car les émigrants devaient utiliser la chair de cesanimaux pour leur propre alimentation.
Une telle colonne de 8,500 voitures supposées marchant à la ^’voiture par voiture, sur une seule route, ne pouvait pas occuper moins